YPTES. — LA CATHEDRALE APRES LE BOMBARDEMENT
Grâce à Bruges, la Belgique, synthèse européenne, demeura longtemps un centre de prodigieuse attraction. La première grande route continentale allait de la Méditerranée à la Baltique par les Alpes : elle traversait Augsbourg, Nuremberg, Lubeck, capitale de la Ligue hanséatique, qui possédait à Bruges le plus riche de ses comptoirs ; la seconde route allait d'Italie en Angleterre par le Rhin : elle traversait Worms, Mayence, Cologne, Liège, les Flandres ; la troisième, voie d'Orient, suivait le Danube, traversait Vienne et Ratisbonne, enfin, à Worms, rejoignait la route précédente. Ces trois routes convergeaient donc vers Bruges dont le marché faisait des échanges continuels avec la foire de Nowgorod. Du port de Damme vers le lac d'Amour, les navires voguaient sans interruption. Aux lourds galions espagnols succédaient les larges navires de la Ligue hanséatique, les brillantes caravelles portugaises, les pittoresques galères vénitiennes, les gracieux voiliers de Gênes, les drakens Scandinaves. Sur les quais, les marins de toutes les rives entassaient les richesses de toutes les contrées.
Mais, à partir du xvie siècle, Bruges n'eut plus goût à la grande navigation. Le Zwin, qui faisait communiquer la ville avec la mer, se perdit lentement dans le sable et la vase. Damme n'est plus aujourd'hui qu'un pauvre village. Les quais