‹ 1914 (volume 2)Chapitre 8 sur 161 · RUINES DE L EGLISE · texte numérisé non relu

RUINES DE L EGLISE

(Photo B ranger.)

Pourtant, la réunion décida que la démarche ordonnée par l'ennemi serait tentée, et qu'on s'efforcerait « d'obtenir la remise des forts à l'autorité militaire allemande ».

Dix-sept délégués allèrent à la citadelle pour chercher des sauf-conduits. Dès qu'ils y furent arrivés, le comte Lammsdorf en fit fermer la porte et déclara :

« Des soldats allemands ont, dans certaines communes, essuyé des coups de feu tirés par des civils. Si des faits pareils se renouvellent, des otages en répondront. Nous voulons, au début de la campagne, faire un coup d'éclat. »

En vain les personnes arrêtées invoquèrent le droit des gens et la parole donnée. Elles furent gardées dans les casemates de la citadelle, avec la moitié d'un pain par tète et de mauvaises paillasses pour la nuit.

L'administration communale fit placarder cette affiche :

« L'administration communale rappelle qu'il est strictement interdit, par le Code des lois de la guerre, qu'un civil se livre à des actes quelconques d'hostilité

contre les soldats allemands qui occupent le pays. Toute agression commise contre les troupes allemandes par d'autres que des militaires en uniforme, non seulement expose celui qui s'en rendra coupable à être immédiatement passé par les armes, mais encore entraînera les répressions les plus violentes contre tous les habitants et spécialement contre les Liégeois qui sont retenus comme otages à la citadelle de Liège, par le commandant des troupes allemandes.

« Ces otages sont : j° Mer Rutten, évêque de Liège; 2? M. Kleyer, bourgmestre de Liège; 3° .M. Grégoire, député permanent; 4° M. Armand Fléchet, sénateur; 5° M. Van Zuylen, sénateur ; 6° M. Edouard Peltzer, sénateur; 70 M. Colleaux, sénateur; 8° M. de Ponthière, sénateur; q° M. Van Hoegaerden, représentant; io° M. Falloise, échevin.

«Me Rutten et M. Kleyer ont été autorisés provisoirement à quitter la cita-

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