GENERAL MICHEL
(Photo Manuel.)
abîmaient sans résultat. Les officiers avaient à cœur de courir h la tête de leurs hommes : ils tombaient et leurs hommes ne savaient plus que devenir.
Cependant, le 23 août, au point du jour, le général Lanrczac croyait encore que le 10e corps, ]e n" et surtout le ic -nrps, établis ent e la Sambre et la Meuse, se maintiendraient sur leurs positions. Le 10e corps, qui avait été le plus maltraité, devait être soutenu par les réserves. Ainsi, pourrait-on attendre les troupes britanniques.
Mais, contre Namur, pendant la nuit, le bombardement avait redoublé. L'ennemi s'introduisit dans les ruines du fort de Cognelée. Une brèche s'ouvrait dans le camp retranché. Les forts d'Emines et de Suarlée s'écroulaient sous les gros obus. Il ne restait plus aux assiégés que des canons de campagne. Les trois bataillons amenés par le général Mangin étaient impuissants à sauver Namur. A cinq heures du matin, ie général Michel, gouverneur de la place, fit détruire les ponts de la Meuse et se retira avec la garnison. 3on arrière-garde de 4000 hommes, cernée à Hermeton-sur-Biert, fut faite prisonnière. Le reste, près de 12000 hommes, gagna Marienbourg et la France.
Le soir même, l'ennemi arrivait devant l'hôtel de ville. Sur les murs fut affichée cette insolente proclamation: « Le général en chef de l'armée allemande m'a nommé commandant de la place de Namur. Le dernier bombardement, causé par erreur, a tué plusieurs habitants de la ville et des soldats allemands. Je le regrette vivement. J'exprime à la population ma satisfaction pour sa tenue €t son accueil; j'espère qu'elle continuera ». Les troupes allemandes ne trouvèrent aucune résistance. Le général allemand l'avoue.
Cependant elles mirent le feu aux maisons de la place d'Armes à quatre endroits, détruisirent les archives de l'hôtel de ville, tuèrent des blessés français et belges dans une clinique, puis, sur l'autorisation du commandant, pillèrent plusieurs riches quartiers. La nouvelle que Namur succombait arriva à notre icr corps, au moment où il se préparait à attaquer l'ennemi en marche vers Mettet. D'autres nouvelles suivirent, non
moins accablantes. On apprenait que la Mmc CART0N DE WUPT
5iedivision, sous les ordres du général Bour- (Photo Manueic
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tegourd, n'avait pas pu résister aux masses dirigées vers Dinant-Hastière, enfin que l'ennemi au-dessus et au-dessous de Dinant traversait la Meuse.
Le général Franchet d'Esperey, commandant notre ier corps, accourut vers Dinant. L'ennemi, qui se ruait par quatre routes, celle de Lisogne, celle de Ciney, celle de la montagne Saint-Nicolas et celle de Boisselle, saccageait, détruisait, tuait tout dans la majeure partie de la ville, c'est-à-dire sur la rive droite de la Meuse. Dès l'entrée, il fusillait i bi ouvriers avec leur directeur, M. Himmer, vice-consul delà République Argentine. Sur i 400 maisons, 1 100 furent détruites. Sur 7 000 habitants, 65o périrent, dont plus de cent femmes et enfants, presque tous frappés à la tête, à bout portant. Pas un coffre-fort n'échappa au pillage .
Parmi les ruines de Dinant, un an après, jour pour jour, dans un ouvroir 12 5 femmes travaillaient La femme d'un ministre belge, Mme Carton de Wiart, qui leur faisait visite, leur posa cette question : « Quelles sont celles d'entre vous qui, en août 1 914, ont perdu un être cher? » Silence de mort. A la fin, l'une des ouvrières murmura : « Mieux vaudrait demander quelles sont celles qui n'ont perdu personne? — Soit ! Que celles qui n'ont perdu personne se lèvent. » Deux seulement se levèrent. La femme du ministre reprit : « N'auriez-vous pas préféré que la Belgique laissât passer les Allemands sans protestation? » Les 126 femmes, d'une commune voix, répondirent : « Non ».
Au moment où succombait Namur, notre 3e corps fut obligé de se replier. L'ennemi, mettant à profit un accident de terrain qui nuisait à la cohésion de nos forces, s'infiltra par Linsoury vers Pairain. Notre 3e corps, malgré la vaillance de ses contre-attaques et l'habileté de son artillerie, dut chercher un refuge sur les collines qui s'élèvent de Somzée à Yves-Gomezée. Sa retraite, dans des chemins de plus en plus encombrés, n'alla pas sans désordre.
D'autre part, l'ennemi attaquait avec violence le pont de Lobbes que défendait le 188 corps. Il finit par l'enlever vers une heure de l'après-midi. Passant sur l'autre rive, avec de nombreux renforts, il s'empara de Gozée et de Marbaix, positions où le 18e corps était relié au 3e. Bientôt il enlevait également le pont de Valmont. D'héroïques efforts le lui reprirent. Mais à 11 heures du soir, le 1 8e corps reçut l'ordre de se replier vers Clermont, pour rétablir sa liaison avec le 3e corps qui se retirait vers Walcourt.
Le corps de cavalerie, commandé par le général Sauret, sur un ordre qui lui arriva le 23, un peu après midi, quitta la 5e armée pour porter secours à l'armée britannique qui risquait d'être enveloppée par la gauche. Nos chevaux, déjà épuisés par leurs courses sans fin en Belgique, se dirigeaient péniblement vers Maubeuge. Mais, à quatre heures, le général Fournier, gouverneur de Maubeuge, fit parvenir au général Sauret la dépèche suivante : « Impossible de passer au nord de Maubeuge. L'armée bat en retraite ». A cette nouvelle, le corps de cavalerie gagna, dans la nuit, la région de Beaufort, où, à bout de forces, il s'arrêta.
Sa retraite ouvrait une fissure entre l'armée anglaise et la 5e armée. Pour obstruer cette brèche, le général Valabrègue fit avancer le 4e groupe des Divisions de Réserve. Il déclarait à ses soldats : « Vous aviez pour première mission d'assurer la gauche des armées françaises et de couvrir la zone de débarquement de l'armée anglaise. Ce double but est atteint. Nos armées, rassemblées à l'ouest de la Meuse, se portent à la rencontre de l'ennemi qui a traversé la Belgique. Vous allez participer à ce mouvement d'ensemble avec nos armées et l'armée anglaise. Le 4e groupe des D. R. accomplira avec honneur toutes les missions ».
Le poste de co nmandement du général Valabrègue fut établi à Solre-le-Chàteau. Ses troupes, pour empêcher l'ennemi de déboucher au sud de la Sambre, devaient
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garder les crêtes qui s'étendent le long de l'eau, au sud du Bois de Jeumont. Vers le soir, le 18e corps, en annonçant qu'il était forcé de quitter Leers-et-Fosteau, demanda qu'on l'appuyât dans la direction de Thirimont. D'autre part, les troupes britanniques avançaient dans la direction de Binche. Le 4e groupe des D. R. pensait que l'ordre d'attaquer vers Binche allait lui être donné.
Sans doute, le sort des armes eût été changé, si nos alliés avaient été prêts à attaquer, avant que les corps allemands, séparés par leur marche, se fussent réunis pour la bataille.
Mon s.
La formidable bataille de la Sambre durait depuis trois jours. Les forces britanniques, composées seulement de deux corps, le 3e corps n'ayant pas terminé son débarquement, n'engagèrent l'action que le 23, c'est-à-dire le jour même où fléchissait notre 5e armée sur laquelle ces forces appuyaient leur droite.
Le 21, les généraux anglais croyaient encore l'ennemi très loin d'eux. Le 22, en entendant le canon, ils s'imaginèrent que c'était celui de Namur assiégé. Le même jour, ils rencontrèrent de la cavalerie allemande devant les forêts de Soignies. La ire armée allemande exécutait le mouvement enveloppant dont le haut commandement espérait tout; elle était soutenue par une partie de la 2e armée.
L'ennemi, sachant qu'une fissure se produisait à la droite de l'armée britannique, y porta ses premiers efforts. Ses obus tombèrent sur les positions des Anglais près de Binche et de Bray. Son inlanterie chercha à passer le canal près de Mons. Les généraux anglais n'avaient pas entièrement oublié les leçons de la guerre contre les Boers. Ils donnèrent l'ordre de creuser en hâte a'i*'<"iues tranchées. Mais les tranchées ainsi improvisées étaient beaucoup trep courtes et nesque tomrs t-wr.éesdansle mauvais sens. D'ailleurs, les hommes manquaien' es outils nécessaires. La plupart d'entre eux arrachaient et rejetaient la terre avec eurs gamelles ou avec leurs mains. Malgré tout, l'ennemi se heurta à une résistance qui l'étonna, dans son mépris invétéré et systématique de l'armée anglaise. Tous les Allemands, en effet, admettaient comme parole d'Évangile le mot prononcé par Bismarck, un jour qu'on lui demandait : « Que feriez-vous, si quelque cent mille soldats anglais débarquaient dans le Jutiand? — Moi! C'est bien simple. Je les ferais arrêter par la gendarmerie ».
Pour échapper à l'enveloppement, les Anglais se replièrent au sud de Bray et abandonnèrent Binche. Dès lors, leur position à Mons et àJemmapes ne pouvait plus être conservée. En se retirant, ils firent sauter le pont du canal. Le maréchal French reçut de notre grand quartier général cette dépêche : « Trois corps d'armée allemands se dirigent vers vous. L'ennemi tente contre vous un mouvementd'enve-
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aterie alle- S ignie exécutait le mouvement le. haut commandement iii soute îu .
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Cbarge des Lanciers Anglais pendant la retraite de Mtma
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loppement partant de Tournai. Sur votre droite, nos deux divisions qui gardaient la Sambre à l'est de Maubeuge se replient et, sur la droite de notre 5e armée, l'ennemi a occupé depuis hier les passages de la Sambre, entre Charleroi et Namur ». Une fois de plus, l'unité d'action avait manqué. Nos alliés avaient trop tardé à nous soutenir, et nous, à les renseigner. Le maréchal French donna ordre à ses troupes de se replier sur une ligne allant de Maubeuge vers Jenlain, au sud-est de Valenciennes. Position peu tenable, à cause des maisons qui bouchaient la vue aux artilleurs.
La retraite, bien qu'elle soit un mouvement toujours douloureux au cœur du chef et du soldat, n'est pas nécessairement une défaite. Elle est d'ailleurs infiniment plus difficile à organiser qu'une avance. Quand on l'opère sans pertes graves et en conservant tout ce qui est nécessaire à une contre-offensive, elle constitue une opération à laquelle l'idée même de revers ne doit jamais être associée.
L'armée d'Amade.
Le 23, à huit heures du matin, des cavaliers allemands s'avancèrent presque jusqu'aux premières maisons de Lille. Nos territoriaux firent le coup de feu à Antoing, à Tournai, à Cysoing, à Baisieux et près de Lille même. Que pouvait une fusillade à l'appui de laquelle ne venait aucune artillerie de campagne? Déjà, la grosse artillerie allemande se mettait en batterie.
Cependant la nouvelle armée, commandée par le général d'Amade, aida puissamment les forces britanniques à garder leurs communications avec la côte et à opérer leur retraite en bon ordre. Elle contribua en outre, avec l'armée de Lanrezac, à attirer vers le sud les masses ennemies dont l'objectif était Calais. Enfin, elle commença à remplir la mission que le Haur Commandement lui avait réservée et qui faisait d'elle un instrument de manœuvre.
Le général d'Amade, venant de Lyon, avait été, dès le 16 août, envoyé à Arras, pour former une armée « destinée à parer à toute éventualité ». Il dd... établir, de Maubeuge à Dunkerque, un barrage empêchant la cavalerie ennemi», de couper nos chemins de fer. Les territoriaux qui composaient son armée étaient ae braves gens. Mais que de lacunes dans leur organisation! Que de vides dans leurs cadres! Sans artillerie divisionnaire, sans cavalerie, sans outils de campagne, ils soutinrent le choc des meilleures troupes allemandes, y compris la Garde.
Le 23, àhuit heures dusoir, le général Lanrezac, se croyant menacé sur sa droite, estima que la retraite s'imposait. Il jugeait son armée perdue, si elle ne sortait pas de l'impasse entre Borinage et Thiérache. Au contraire, le Haut Commandement gardait le sentiment que l'armée de Lanrezac, au lieu de battre en retraite, aurait pu contre-attaquer. — « Depuis ce jour, dit noblement le général Lanrezac, j'ai au cœur une blessure que rien ne guérira ».
Retraite de nos armées et de l'armée britannique.
La 5e armée se retira, le 24, dès quatre heures du matin, vers la ligne Givet-Philippeville-Beaumont-Maubeuge. A la nouvelle de ce repli, le grand quartier général envoya des indications pour qu'on empêchât à tout prix l'ennemi d'envelopper les armées franco-britanniques par leur gauche ou de les enfoncer en un endroit quelconque de leur front. Des ordres précis dirigeaient la retraite de la 5' armée, sans cesser de prendre Maubeuge pour point d'appui.
Ces divers mouvements étaient combinés : d'une part, avec la 4* armée qui traversait la lorèt des Ardennes pour s'abriter derrière la Meuse; d'autre part, avec l'armée britannique qui se repliait vers Cambrai. On devinait que l'armée britannique était visée particulièrement par l'ennemi qui rêvait de l'anéantir tout d'abord.
De toutes les décisions du grand quartier général se dégageaient deux préoccupations : ne pas perdre la liaison avec l'armée britannique ; ne rien négliger de ce qui pouvait favoriser la reprise de l'offensive.
Notre 4e armée s'était retirée, le 24 août, derrière la Chiers, au-dessous de Montmédy, et derrière la Meuse, depuis l'embouchure de la Chiers jusqu'à Mézières. L'armée saxonne de von Hausen avait l'ordre découper les communications de notre 5e armée. Mais notre ier corps, en un brusque élan, dans l'après-midi du 23 août, arrêta les troupes de von Hausen au sud de Dinant et les rejeta sur la Meuse. A dix heures du soir, nos fantassins s'emparaient à la baïonnette du village d'Onhaye. Le dévouement de ces braves rendait le plus signalé service à la 3e armée.
Le lendemain, 25, à Marienbourg, le 127e d'infanterie, avec une admirable ténacité, soutenait une lutte qui permettait au icr corps de quitter la Belgique en se dirigeant vers Rocroi.
Le 10e corps rentrait en France, le même jour, par Forge-Philippe. Vers le soir, il fit halte près d'Hirson. Sur les crêtes où passe la route de Charleville et qui dominent les débouchés des forêts, son état-major s'était installé dans la maison d'école. Là comme partout, nos troupes semblaient plus irritées qu'humiliées par leur repli. La pensée d'une revanche prochaine les réconfortait. D'ailleurs, elles sentaient que rien n'était désorganisé : des instructions minutieuses leur arrivaient pour leur cantonnement.
Le 3e corps opéra sa retraite par la route de Boussu-lès-Walcourt à Barbançon. Cette retraite, d'abord très pénible et même très confuse en Belgique, retrouva de l'ordre dès la rentrée en France, pour se diriger vers la région de La Flammangrie-Clairfontaine-Sommeron, c'est-à-dire au sud-ouest. 11 s'agissait toujours de ne pas perdre la liaison avec les forces britanniques.
Non moins pénible, dans l'encombrement des routes où s'enchevêtraient civils et militaires, était la retraite du 18e corps qui gagnait la région Avesnes-Sains.
Le général Yalabrègue, à la tête de son groupe de Divisions de Réserve, attendait l'ordre de contre-attaquer, en liaison avec l'armée britannique, pour couvrir la retraite. Seul, l'ordre de la retraite lui arriva. La 53e division soutint les troupes britanniques sur lesquelles l'ennemi avait fondu la nuit près de Maroilles. Dans l'ombre épaisse, les adversaires se heurtèrent brusquement. Ni les uns ni les autres n'avaient mis les baïonnettes. La lutte s'engagea à coups de poing et de crosse. Rude jeu où les Allemands n'eurent pas l'avantage. Quelques autres combats furent livrés, particulièrement à Marbaix. La prise de Marbaix coûta la vie au chef d'état-major de la cavalerie allemande de la Garde.
Notre corps de cavalerie, ayant reçu l'ordre de couvrir la gauche du maréchal French, se dirigea vers Valincourt, malgré sa fatigue, à travers les troupes britanniques qui se repliaient. Nos officiers « sentaient fondre leurs escadrons ». De moins en moins nombreux, les chevaux avaient de moins en moins de vigueur. Quand on mettait pied à terre, les hommes s'allongeaient ou se pelotonnaient entre les jambes de leurs bêtes, en pleine route. Les officiers se couchaient sur le seuil des portes. Quant au général de brigade, il dormait les coudes sur une fenêtre, la tête dans ses mains. Un corps de cavalerie, c'est-à-dire, par définition, une unité composée de deux ou trois divisions de cette arme auxquelles on rattache un ou deux batail-
Ions d'infanterie, rend rarement les services qu'on attend de lui. Comment conduire et nourrir une masse de quelque quinze mille chevaux? Comment l'avoir sous la main, à la place et à l'heure dites? Pourtant, nos alliés se félicitent du secours que leur apporta le général Sordet. Leur général en chef lui avait exposé nettement la situation : « Aujourd'hui, les chemins de fer fonctionnent tous très mal. Seule, la cavalerie peut être efficace. Nous comptons sur vous. » Sordet, avec la permission de
FORT DE TBOYON
(Photo Section pnotographique de lArmce.J
son chef, fit ce que souhaitait French « et accomplit ainsi un magnifique travail ». La région du Nord et du Nord-Est n'était nullement organisée pour la défense du pays. A peine si, dans le rapport écrit à la veille de la guerre sur la réfection des places fortes, quelques mots indiquent combien une organisation de ce genre devenait nécessaire le long des frontières belge et luxembourgeoise. Le matériel de guerre faisait défaut. Tandis quel' Allemagne avait 3 5oo pièces d'artillerie lourde à tir rapide, nous n'en avions que 104. D'après la doctrine de notre École de Guerre, les armées en campagne pouvaient seules assurer la victoire. Aussi, tout le budget s'employaitil à renforcer les armées. Voilà pourquoi Lille avait été déclassée, Reims désarmée à peuprès complètement, ainsi que les forts d'Hirson et des Ayvelles. Sans doute, on avait songé à renforcer Maubeuge. En attendant, on n'avait bétonné qu'un de ses forts. A Longwy et à Montmédy, rien de bétonné. Reims, que les Allemands occuperont pendant quelques jours avant notre victoire de la Marne, et Lille qu'ils n'envahiront réellement que le 10 octobre, n'auraient pas cessé de nous appartenir, si ces places avaient été convenablement fortifiées. Longwy, Montmédy, les Ayvelles, Charlemont tombèrent vite aux mains de l'ennemi muni
d'une artillerie lourde si supérieure à la nôtre. Maubeuge, dont les forts, y compris l'unique fort bétonné, n'étaient qu'à 6 kilomètres de la place, ne put résister que pendant trois semaines. Ainsi, dès le début de la guerre, l'ennemi eut en son pouvoir tous les chemins allant du Luxembourg et de la Belgique en France. Estce à dire que notre système de fortifications, si incomplet qu'il fût, ne nous ait rendu de précieux services? Non certes. Pendant la bataille de la Marne, la place de Verdun et les forts de la Meuse empêcheront notre droite d'être tournée. Nous verrons le fort de Troyon, soutenu par les forts de Génicourt et des Paroches, bar-