‹ 1914Chapitre 111 sur 215 · MOULIN-SOUS-TOUVENT. — LE VILLAGE · texte numérisé non relu

MOULIN-SOUS-TOUVENT. — LE VILLAGE

q7$ I Q I 4. — l.A GUERRE DU DROIT.

Nous dûmes abandonner ce saillant pour nous établir, devant la forêt de Laîgue, vers Bailly et Tracy-le-Val, en nous appuyant, d'une part, sur l'Oise à Montmacq, d'autre part, sur le plateau de Moulin-sous-Touvent. Là, nous nous reformâmes attendant le moment de la contre-attaque.

Le lendemain 1 1, le général Fayolle jugea le moment venu de lancer un coup de boutoir dans le flanc droit de l'ennemi.

De ce côté aussi, l'ennemi avait réalisé de sérieux progrès. Dans la soirée du 10, il avait occupé Méry, pris une partie du plateau au nord-ouest de Monchy et refoulé nos troupes jusqu'à l'Aronde.

Le général Mangin, à qui était confiée la défense de l'Aronde et de la voie ferrée

d'Estrées-Saint-Denis à Montdidier, aperçut l'imminence du danger. Le village de Méry, situé à 1 34 mètres d'altitude, était un observatoire d'où l'ennemi tenait sous son feu le couloir du Matz et assurait ainsi ses ravitaillements.

A cinq heures de l'après-midi, nos chasseurs rampèrent à travers les blés et les avoines, bondirentd'arbre en arbre parmi les vergers et, dans un élan merveilleux, enlevèrent Méry. Le soir même, c'était nous qui, du haut de l'observatoire, dirigions le tir le plus efficace.

L'ennemi ne sembla pas se rendre compte de notre succès. Il s'obstinait dans sa ruée vers l'Aronde. Au matin du 11, Mangin, à qui Fayolle avait envoyé quatre divisions de renfort, exploita la conquête de Méry. Ses troupes noires, concentrées entre Rubescourt et Saint-Maur, attaquèrent sur un front de 12 kilomètres. Barrage roulant d'artillerie et chars d'assaut furent mis en œuvre à souhait. Bientôt nos Sénégalais arrivaient au sud du Frétoy, occupaient le plateau entre Courcelles et Mortemer, gagnaient 2 kilomètres de terrain au delà de Méry, ressaisissaient le bois de Genlis, le plateau de Belloy, rétablissaient notre ligne près de Saint-Maur, faisaient 1 200 prisonniers et capturaient 1 1 pièces de grosse artillerie, sans compter les canons légers et les mitrailleuses.

Von Hutier essaya en vain d'avancer au centre : il fut arrêté net à Antheuil. En vain, il tenta de franchir le Matz inférieur et prit pied au village de Mélicoq : il lut lestement, malgré tous ses sacrifices, rejeté de l'autre côté de la rivière.

Les bulletins allemands déguisèrent cet insuccès en grossissant les chiffres du butin précédent : « i5ooo prisonniers, 1 5oo mitrailleuses, i5o canons».

11 y avait beaucoup plus de vérité dans les quelques mots que laissa échapper

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