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ARTILLERIE ITALIENNE TRAVERSANT LA BRENTA

Les quatre armées autrichiennes étaient pourvues abondamment de tous les engins nouveaux dont la liste figurait au programme d'Hindenburg : projectiles à gaz asphyxiants, en remplacement des tubes, dont l'usage répugnait aux Autrichiens plus encore qu'aux Allemands, obus fumigènes, mitrailleuses légères, lance-grenades, lance-bombes de tout calibre et de toute portée, avions de toute taille et de tour armement. Ces armées s'abritaient sous le feu de huit mille canons.

L'attaque préparée avec tant de soin et annoncée avec tant d'éclat ne donna que des résultats médiocres, même au début. A peine si, dans la montagne et sur la rive occidentale du Piave, les Autrichiens réalisèrent de vagues progrès. Il y eut là un échec sans précédent.

Les Italiens avaient renforcé leurs cadres, instruit la classe 20, amené au front la classe 19 et récupéré plus de 600000 hommes. Appuyés solidement par les Français et les Britanniques, ils tirèrent bon parti de leur artillerie en même temps que de leur aviation : leur infanterie conserva intact l'ensemble de leurs positions. A la fin de la journée, c'étaient eux qui avaient fait des milliers de prisonniers.

Malgré un bombardement commencé avant l'aube, à 3 heures, et des assauts

répétés depuis 7 heures 3o du matin, l'ennemi n'avait pas pu, sur le plateau d'Asiago, faire reculer les troupes franco-britanniques.

Le lendemain, la bataille reprit sur la Brenta, du côté du Montello, et en certains points de la rive occidentale du Piave. Les troupes de l'archiduc Joseph qui avaient franchi le Piave à Nervesa, s'efforçaient de grimper au Montello. En même temps, les troupes de von Wurm, qui avaient passé l'eau un peu plus loin, entraient à Fagare et à San-Dona di Piave.

L'empereur Charles Ier, qui assistait à la bataille, ne put pas exploiter cet avantage.

Partout ailleurs, surtout dans la montagne, l'attaque s'amollissait, s'épuisait.

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