LES RUINES DE L EGLISE
(Section photographique de l'Ar
g I 9 I .].. — I.A GUERRE DU DROIT.
Notre élan ne fut arrêté par rien. Mangin enleva, au delà de Grand-Rozoy et de Beugneux, à 7 kilomètres d'Oulchy-Breny, le plateau de la cote 2o5. Ainsi, il atteignait la source de la Crise.
En même temps, Dégoutte s'emparait de Cierges et du bois Meunière. Ainsi, il atteignait la source de l'Orillon.
En même temps, Mitry, après une sanglante journée, arrachait à l'ennemi Romigny, à 3 kilomètres de Ville-en-Tardenois.
L'ennemi dut renoncera sa ligne d'Hartennes. Mangin descendait vers la Crise. Le 3 août, vers 19 heures, nos chasseurs à pied entraient à Soissons et bousculaient les arrière-gardes ennemies jusqu'aux ruines du faubourg Saint-Waast.
Vers 20 heures, Mangin franchissait la Crise. Dégoutte occupait le bois de Dole. Mitry s'emparait de Goussancourt, de Villers-Agron, de Ville-en-Tardenois. Nous tenions Vezilly. Nous tenions Lhery.
Berthelot jugea le moment favorable pour dégager un peu Reims : il enleva Thillois à 4 kilomètres, et Gueux à 10 kilomètres de la Cathédrale du Sacre.
Moment merveilleux. Poursuite superbe sur toute l'étendue du front. Les troupes américaines s'emparaient de Fismes. L'ennemi perdait la rive gauche de la Vesle. Et même, en certains endroits de la rive droite, vers Muizon, il était ta'onnépar nous. Où pouvait-il essayer de résister? Les positions qu'il organisait, avec l'Aisne dans le dos, n'étaient pas tenables.
Le Valois et le Tardenois délivrés, des centaines de canons recueillis de toutes parts, 42 000 prisonniers : n'était-ce pas la victoire incontestable ?
Les véritables hommes de guerre qui observaient alors, avec tant d'attention, cette période nouvelle de la Guerre du Droit, remarquèrent les progrès de toutes sortes accomplis parla France. En vérité, !a victoire du Tardenois avait été gagnée sans que nos réserves stratégiques lussent diminuées en rien.
En deux semaines, la France avait non seulement arrêté un ennemi victorieux, mais l'avait refoulé au loin et, chose encore plus importante, lui avait ravi l'initiative des opérations.
Les autres armées alliées, par leur coopération, prenaient une large paît à la victoire. ■>
L'armée de Gouraud, en Champagne, amélioiait les positions qu'elle avait sauvées le 1 5 juillet; puis, petit à petit, avançait sur un front de 21 kilomètres, en iaisant 2 000 prisonniers.
L'armée de Debeney, au nord de Montdidier, faisait, elle aussi, 2000 prisonniers, parmi lesquels se tiouvaient une cinquantaine d'officiers dont quatre commandants.
Le 6 août, le bâton de maréchal avait été remis à Foch par le président de la République, avec cet admirable et légitime éloge :
« Paris dégagé, Soissons et Château-Thierry reconquis de haute lutte, plus de 200 villages libérés, 35ooo prisonniers, 700 canons capturés, les espoirs, proclamés si fièrement par l'ennemi, écroulés; les armées alliées jetées, d'un seul élan, des bords de la Marne aux rives de l'Aisne, tels sont les résultats d'une manœuvre aussi habilement conçue par le haut commandement que vaillamment exécutée par des chels incomparables. »
A cet éloge, une citation, signée de Clemenceau, ajoutait :
« Ce titre de maréchal consacrera encore mieux, dans l'avenir, l'autorité du grand homme de guerre appelé à conduire les armées de l'Entente à la victoire définitive. »
LA GUERRE Mi hROlT.
En même temps, Pétain, grand soldat et grand chef, reçut la médaille militaire, récompense du soldat à laquelle tout chef aspire comme à une suprême distinction.
Et Péuin, se tournant vers ses soldats, leur dit : « L'envahisseur recule. Son moral chancelle. Je vous disais naguère : Abnégation. Patience. Vos camarades arrivent. Je vous dis à présent : Ténacité. Audace. Vous forcerez la victoire. »
Nos camarades qui arrivaient, c'étaient les Américains. Chaque jour, i3ooo d'entre eux prenaient place près de ceux qui, à nos côtés, s'étaient déjà couverts de la plus pure gloire.
Ici se place une nouvelle erreur de Ludendorff, plus surprenante encore que les précédentes. Il crut fermement « que le front tout entier, à part les secteurs de