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REMISE DE LA MÉDAILLE MILITAIRE AU MARÉCHAL PÉTAIN

(Section photographique de l'Armée.)

Soissons à Reims, destinés à rester plus ou moins complètement en feu, allait jouir d'un assez long répit. » Avec une ingénuité singulière, il comptait sur un arrêt « pareil à l'arrêt qui avait suivi ses attaques du 21 mars et du 27 mai ». Personne autant que lui ne s'aveuglait sur le caractère des progrès accomplis par la France! Foch était résolu à ne pas lui accorder de répit.

On s'est demandé quelle sorte d'espoir Ludendorff pouvait conserver. Sans doute, il pensait résister encore assez longtemps pour prendre, en vue de la paix, des mesures adroites qui la rendraient moins défavorable à l'Allemagne. Cependant, de son propre aveu, l'Allemagne devait dès lors être prête à renoncer, ainsi que lui, à beaucoup d'espoirs bien chers ! Bref, au fond, il regardait la partie comme perdue.

A l'instant où ces conclusions se formulaient dans son esprit, se leva, suivant son expression, « le jour sombre de l'armée allemande, le plus sombre jour de toute la guerre, exception faite du i5 septembre, qui éclaira la défection bulgare et scella les destinées de la Quadruplice »,

qq8 i g 1 4. — la guerre du droit.

Ce « jour sombre », c'était le S août 1918, date que nous devons garder dans nos plus pieux souvenirs, à côté de la date du i5 juillet de la même année.

Les Alliés prennent l'initiative des opérations.

Les Alliés marchaient enfin, du même pas, à la victoire finale.

Depuis le i5 juillet, ils venaient défaire 128304 prisonniers, dont 2 877 officiers. Leur butin comprenait : 2 067 canons, 1 734 minenwerfer, i3 785 mitrailleuses. Ils avaient repris à peu près tout le territoire dont l'ennemi s'était emparé en six mois d'eflorts inouïs.

Le haut commandement allemand s'appliquait, avant tout, à sauver la réputation des héritiers des couronnes. Le Kronprinz de Bavière fut envoyé en permission pour un temps illimité. Le Kronprinz impérial quitta, pour les armées de l'Est, les armées du Centre, trop exposées.

Afin de hâter la victoire des Alliés, nos deux armes nouvelles, avions et chars d'assaut, s'étaient perfectionnées à l'envi.

Depuis le ier janvier 1918, l'aviation française avait abattu 1 5oi avions ennemis et n'en avait perdu que 352 des siens.

Quant à nos chars d'assaut, ils devenaient des machines de guerre d'une incontestable efficacité. Ecrasant les défenses de l'ennemi, ils permettaient de le surprendre et remplaçaient une longue préparation d'artillerie. On avait eu raison de dire, au passage du piemier tank : « Voilà ce qui tuera le faux dogme de l'inviola bilité des fronts ! »

En 1918, les chars d'assaut français étaient, les uns, du type demi-lourd; les autres, du type léger.

Le demi-lourd, labriqué par la puissan'e usine de Saint-Chamond, pesait 23 tonnes et portait, outre ses mitrailleuses, un canon de -jb.

Le lé:er, fabriqué par la maison Renault, pesait 7 tonnes et portait, outre ses mitrailleuses, un canon de 37.

Une escadre de 70 Saint-Chamond permit à l'armée de Mangin d'avancer, en dépit des prodigieuses fortifications allemandes.

Vinrent ensuite les petits Renault. Leur souplesse et leur allure enchantaient nos hommes. Ils racontaient à ce propos mainte anecdote caractéristique :

— « Clemenceau assistait au premier essai. Renault avait dit : « Nous franchirons la berge de la Seine. — Est-ce possible? s'était écrié Clemenceau. — Vous verrez! » Le petit tank s'élança, gravit quelques mètres et retomba. « Recommençons ». A la seconde, à la troisième tentative, même insuccès : « On sera plus heureux un autre jour », murmura Clemenceau avec bonté. Et il se retirait. « Encore une minute, je vous prie ! » s'écria Renault. Il entra lui-même dans le tank, en prit la direction, lui releva la queue et, en quelques secondes, fut en haut de la berge, comme dans un fauteuil. »

Pour l'emploi comme pour la construction des tanks, les Alliés avaient mis à profit toutes les expériences des derniers mois.

Quelques-unes de ces expériences avaient été cruelles. A l'offensive du 16 avril 1917, les équipages de nos tanks se composaient presque exclusivement, soit de jeunes officiers de cavalerie ou d'artillerie, tous très braves, mais qui ne connaissaient pas suffisamment le combjt d'infanterie; soit de jeunes officiers d'infanterie, blessés au début de la guerre, tous très braves, mais qui ne connais-

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I g I 4- — LA GUERRE DU DROIT.

saicnt pas suffisamment la guerre actuelle. D'ailleurs, beaucoup de généraux, n'ayant pas étudié l'arme nouvelle, se refusaient à la considérer comme sérieuse.

Pourtant quelques-uns de nos tanks avaient déjà fait de bonne besogne, broyant des nids de mitrailleuses et jetant la panique. L'équipage d'un d'entre eux n'avait-il pas capturé 60 Poméraniens?

Mais, dans l'ensemble, quelles pertes pour nous! En 1917, sur les i32 mis en ligne, 57 étaient détruits, 67 enlisés ou en panne, abandonnés. Leurs blindages avaient bien résisté aux balles des mitrailleuses et aux éclats des obus de 77. iMais, trop gros et trop lents, ils formaient une cible trop commode. Ajoutons que les bidons d'essence, dont on les encombrait à l'extérieur comme à l'intérieur, le9 condamnaient à flamber à la moindre atteinte. Presque partout la liaison, entre

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