‹ 1914Chapitre 125 sur 215 · TANK EN ACTION · texte numérisé non relu

TANK EN ACTION

(Photo Meurissc.)

replia vers la rive orientale de l'Ancre et se posta sur les hauteurs qui la dominent.

Le 8 août, Foch qui avait résolu de ne laisser aucun répit à l'ennemi, recommença l'offensive entre la Somme et la Scarpe.

Une fois de plus, on put constater les avantages du commandement unique. Sur l'ordre de Foch, le maréchal Douglas Haig lança l'armée britannique, commandée par le général Rawlinson. En même temps, l'armée française, commandée par le général Debeney, attaqua sur un front qui s'étendait, depuis Braches sur PAvre, à 12 kilomètres au nord de Montdidier, jusqu'à Morlancourt, à 3 kilomètres de Ville-sur-Ancre, au nord de la Somme.

Tout était préparé à l'insu de l'ennemi : les troupes de choc, françaises canadiennes, australiennes, anglaises, avaientété réunies, dans la nuit du 7 au 8, sans qu'aucun avion allemand les eût aperçues.

Les Britanniques devaient attaquer à

4 h. 3o, les Français à

Cette attaque fut, pour l'ennemi, la plus accablante des surprises. Bousculé au centre, d'un seul coup, il abandonna une douzaine de kilomètres.

La préparation d'artillerie n'avait duré que trois minutes.

Sous la protection d'un barrage roulant par canons de campagne et mortieis de tranchées, nos vagues d'assaut avaient avancé, accompagnées de tanks légers. Puis étaient venus les gros chars d'assaut, suivis de tenders chargés du ravitaillement; puis la cavalerie; puis, d'autres tanks légers, dont la mission consistait à occuper promptement les points d'appui, pour en ouvrir l'accès à l'infanterie; puis, la grosse artillerie, destinée à assurer et à élargir la victoire.

Dans l'armée de Hutier comme dans l'armée Marwitz, il y eut plus d'un mouvement de panique. Çà et là, des centaines d'Allemands jetèrent bas les armes. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux s'absorbaient à la moisson, parmi les blés opulents du Santerre.

Nos fantassins franchissaient PAvre au pas gymnastique, sur de frêles passerelles. Quant à nos tanks légers, après avoir passé les ponts, ils gagnaient le plateau, acclamés par nos fantassins dont les vagues leur faisaient escorte en débordant Moreuil.

Sur les ailes, l'ennemi opposa une résistance beaucoup plus forte. Cependant, d'un bout à l'autre du front attaqué, les objectifs indiqués furent atteints. A vingt heures, l'enn. mi av ùt perdu Gerisy, Morcourt, Harbonnières, Caix, Mézières, Plessier, les abords de Vauvillers.

Notre victoire du Santerre se dessinait magnifiquement, aussi bien parles faits d'armes qu^ par le terrain :onquis. Une brigade de Rawlinson capturait un état-

Page 1