‹ 1914Chapitre 13 sur 215 · LES TETITS MEL'SIENS REGARDENT LEURS ENNEMIS · texte numérisé non relu

LES TETITS MEL'SIENS REGARDENT LEURS ENNEMIS

(Section photographique de lArmée.)

jour amenait pour nous un progrès et des prisonniers: 3 septembre, 5oo; 6 septembre, 25o; 7 septembre, 120 ; 9 septembre, 3oo. Enfin, nous rentrâmes en possession du village tout entier.

Au lendemain de cette reprise, le lieutenant Le Gorju, du 129e, nous apporta le témoignage suivant: « Quand nous sommes revends sur le terrain que nous avions dû abandonner, nous avons trouvé nos blessés achevés par l'ennemi, avec une cruauté qui parut le plus monstrueux des défis. Chacun de nos pauvres camarades était attaché à un piquet, la tète en bas, la gorge ouverte, au-dessus d'une gamelle pleine de son sang. Tous saignés comme des poulets! Ai-je besoin d'ajouter qu'ils furent vengés? »

La reprise de la crête et du village de Fleury donnait raison au général Pétain qui, dans un de ses derniers ordres du jour à l'armée de Verdun, avait dit: « Nous les aurons.»

Ce mot semble emprunté aux lèvres de nos soldats. En vérité, il n'est ni

de Pétain, ni des soldats de Pétain. Il est de Jeanne d'Arc. Dans un de ses

ordres du jour (il y a toujours eu des ordres du jour), Jeanne d'Arc a dit : « Nos

ennemis fussent-ils accrochés aux nues, nous les aurons. » Ce mot lancé par la bonne

ngi '9'4- — LA GUERRE ùV DROIT.

Lorraine, dont la petite maison natale se mire aux flots virginaux de la Meuse naissante, semble avoir descendu le fil de l'eau jusqu'à l'endroit où la Meuse, devant Verdun, reflète les ruines les plus tragiques et se rougit du sang le plus héroïque de l'univers (i).

L'allée de la Victoire.

Verdun devenait, pour toute la civilisation, le symbole de l'héroïsme libérateur. Son nom luisait songer à la formule de la science antique : « Donnez-moi un point

Page 1