‹ 1914Chapitre 16 sur 215 · LES MITRAILLEURS SUIVENT LES VAGUES D ASSAUT · texte numérisé non relu

LES MITRAILLEURS SUIVENT LES VAGUES D ASSAUT

.Photo Mcurisse

cédait, en s'allongeant de même, par harmonie préétablie. Ce jour-là, nos fusils ne servirent guère. Nos mitrailleuses firent presque toute la besogne. Les Allemands cédaient en masse. Si nos soldats avaient eu besoin d'un réconfort et d'une récompense, ils auraient trouvé l'un et l'autre dans la vue d'une immense colonne, d'un gris de boue mal séchée, dirigée vers l'arrière : troupeau interminable de prisonniers allemands.

En cent endroits, d'héroïques assauts et d'opiniâtres corps-à-corps concoururent à développer notre avantage Les tranchées ennemies furent nettoyées une à une. Peu à peu, le fort apparaissait. C'était le but, le sommet sacré. En l'apercevant, nos hommes eurent un frisson presque religieux. Pendant un instant, ils s'arrêtèrent. Appréhension? Nullement. Sorte d'extase. Voilà, dans l'histoire militaire, un fait inouï. Mais les mitrailleuses allemandes, qui crépitaient du fond des casemates, ramenèrent vite les esprits à la réalité. Les pentes du rempart de gorge étaient escaladées. A nous, les ouvrages extérieurs! A gauche de la division Passaga, le lieutenant Leseux avec trois hommes : Jayr, Dumont et Meydon, avait

Page 1