BATTERIE ALLFM\NDE SUD LA DIGUE D OSTENDE
iS^CLion phuiogrjphiquc de l'Armée belge.)
d'Albert Ier, se tenaient prêtes à se porter partout où il y aurait un danger à écarter ou un succès à élargir.
Les trois divisions belges du général Michel avancèrent, sans trouver grande résistance. L'effort principal de l'ennemi, pour briser notre attaque, s'était porté au centre, dans les environs de Roulers. Nous en eûmes raison. Avant 9 heures, nous avions enlevé Handzaeme-Hooglede, le fort de Roulers et la partie orientale de Werwick. A 11 heures, nous entrions à Roulers.
Alors, Dégoutte fit signe à sa cavalerie. La première tâche de quelques-uns de nos cavaliers fut de conduire lestement à l'arrière douze mille prisonniers. Les autres galopaient déjà à la poursuite glorieuse. Pendant ce temps, les divisions belges du général Michel s'emparaient de Cortemarcket arrivaient près de Thourout. Quant à l'armée britannique du général Plumer, elle pénétrait dans les faubourgs de Menin.
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Dans l'après-midi, les averses recommencèrent et durèrent toute la nuit suivante. Cependant, le i5, avant le jour, Dégoutte donna l'ordre de reprendre l'attaque. L'ennemi, qui nous croyait arrêtés, avait regroupé ses forces et dissimulé ses mitrailleuses.
Nos troupes, commandées parle général Nudant, s'enfoncèrent jusqu'aux abords de Lichtervelde; De leur côté, les troupes belges du général Biebuyck débordaient Thourout et gagnaient le bois de Wijnendaele; les troupes belges du général Michel entraient à Lendelede; les troupes britanniques du général Plumer arrivaient à la Lys et, tout de suite, la traversaient.
La violence égale de cette maque vers tous les points désignés produisit l'effet sui lequel comptait le général Dégoutte. Le lendemain matin, l'ennemi, défait et désorienté, laissa s'ouvrir la brèche. Notre cavalerie chargea.
Le succès des Alliés se développait sur tout le front. Les troupes belges entraient à Thourout et passaient l'Yser au-dessous de Dixmude. Les troupes françaises enlevaient Lichtervelde et Ardoye Les troupes britanniques pénétraient à Menin, à Courtrai et dans les faubourgs d'Halluin.
La libération de Thourout annonçait la libération d'Ostende. La libération de Menin et de Courtrai annonçait la libération de Lille.
Libération de Lille et de Douai.
Par suite de cette avance et de l'avance britannique dans tout le Cambrésis, Ludendorff se voyait en grand péril d'encerclement dans la région de Lille et de Douai.
Au moment où le général Plumer, avec la 2e armée britannique, s'approchait de Courtrai, le général Birdwood, qui commandait la 5e année, comprit comment il pourrait exploiter, à la fois, le succès remporté dans le nord et la démoralisation croissante de l'ennemi. Avec l'approbation du chef unique, il entreprit une série d'opérations qui, le 16 octobre, lui permirent d'occuper Estevelles et Meurchin, Santés, les lisières d'Ennetières.
A sa droite, la ire armée britannique, commandée par le général Home, était embarrassée dans sa marche par les inondations tendues au canal de la Scarpe. Mais il apprit soudain que l'ennemi, devant les progrès nouveaux des Alliés au nord de la Lys et au sud de la Sensée, lâchait pied. La ligne de la Haute-Deule se trouvait sans défense.
Il occupa Oignies, Carvin, Allennes, Capinghem.
Le 17 octobre, il entra à Lille.
L'ennemi avait quitté la ville avant 4 heures du matin. Depuis quelques jours, les Lillois avaient vu passer sans répit des voitures pleines de butin, signes précurseurs du repli définitif vers l'Allemagne. Dans la nuit, quelques-uns d'entre eux entendirent le bruit des lourdes bottes qui s'éloignaient pour toujours. L'un d'eux nous dit : « Vers cinq heures, mû par un pressentiment, j'ouvrais ma fenêtre. Tout àcoup, un agent de police qui passait me cria : « Ils sont partis ». Moment de joie sans pareille : le plus délicieux moment de ma vie. » La foule, en apercevant dans l'air un avion britannique, agita tous les linges blancs qui lui tombaient sous la main. Birdwood fut prévenu. Une patrouille du 1 Ie corps britannique arriva dans la ville. Bientôt, un détachement de notre icr corps accourut. Le maire de Lille, M. Delasalle, dit aux libérateurs : « Merci. Le terrible cauchemar est étouffé. Le cri si longtemps étouffé sur nos lèvres peut sortir. Vive la France! »
Le même jour, une division de l'armée de Horne pénétrait à Douai, puis, lelende-
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main, achevait d'occuper la ville. C'était une ville déserte. L'ennemi, après en avoir fait évacuer tou les habitants, l'avait entièrement pillée et en avait détruit entièrement le partie centrale, en y mettant le feu.
Le même jour, l'armée de Horne et l'armée de Birdwood poussèrent leur avance jusqu'à une ligne qui allait de Marquette-en-Ostrevent à Ascq, en passant par Fretin et Sainghin. Au nord d'Ascq, l'armée de Plumer, comme nous le verrons, venait de délivrer Roubaix et Tourcoing.
Événement militaire d'une importance extrême! Avec la place de Lille, le pilier nord du monstrueux rempart que l'ennemi s'était construit en terre française s'écroulait d'un seul coup. Mais ce n'étaient pas les conséquences stratégiques de cet événement qui frappaient le plus la France. Toute la France était transportée de joieà la pensée que, après quatre horribles années, Lille, l'illustre et puissante cité industrielle du Nord, avec ses 23o ooo habitants et toute l'incomparable région de la Flandre qui reconnaît toujours en elle sa capitale, échappait enfin à un joug sans nom.
A Paris, sur la place de la Concorde, où trônent les statues des plus grandes villes de France, la statue de Lille disparut sous des gerbes de r.eurs Le peuple se pressait devant le monument. Chaque fois qu'une couronne nouvelle s'ajoutait aux autres, il prenait soin de remettre en évidence la couronne offerte par lord Derby, ambassadeur de Grande-Bretagne, couronne aux couleurs françaises où se détachait ce te inscription : « A Lille, délivrée pour tou ours ». 'Et, tout de suite, les regards se tournaient vers la statue de Strasbourg, où une inscription toute pareille devait bientôt rayonner. Personne n'en doutait. Tout en faisait foi.
Aux pieds de chacune des statues, comme sur la place entière et le long de l'avenue des Champs-Elysées, le ministère de la Guerre avait fait pi icer des milliers de canons de tous calibres enlevés à l'ennemi. Partois. des enfants s'attelaient aux plus légers et les traînaient, de rue en rue, jusqu'aux plus loimains faunourgs.
— Comment les retrouvera-t-onr' dit à M. Clemenceau M. Paras, ministre de l'Intérieur.
— Bon ! répondit M. Clemenceau, pour un de perdu à Paris, nos soldats nous en feront retrouver cent sur le front.
Libération d'Ostende, de Bruges et de Zeebrugge.
Le même jour que Lille, Ostende était libérée. Le 17 octobre, au lever du jour, notre aviation annonça qu'il n'y avait plus aucun Allemand sur les chemins et que les habitants d'Ostende, grimpés sur leurs toits, brandissaient des drapeaux. Un de nos aviateurs, attiré par les clameurs de joie, atterrit dans la ville mêm et fut portéentiiompheà l'hôtel e vil le. Quelques heures apiès, un bateau amenait l'amiral Keyes, commandant de la flotte britannique. Bientôt, un bataillon belge arrivait, musique en tête, en chantant \a.Brabançonne: il avait traversé unerégiohsansroute et des rivières sans ponts. Enfin, dans la soirée, le roi, la reine et l'amiral Ronarc'h, grand chef de nos fusiliers marins qui avaient sauvé la Belgique sur l'Yser, faisaient leur entrée, au milieu d'un enthousiasme délirant.
Le même jour, les troupes françaises délivraient Pitthem et Meulebeke; les troupes britanniques marchaient vers Tourcoing ; les troupes belges, vers Bruges.
C'en était fait de l'immense camp retranché que l'ennemi avait établi dans les Flandres. « Nous possédons là, répétait Guillaume II, une forteresse imprenable
LA GUKRKE DU UROIT.
où flotte le drapeau invincible de l'Empire et d'où partira l'ordre suprême qui transformera la carte de l'Europe. » Cette forteresse imprenable était anéantie.
Ainsi, malgré tout, la première étape de la grande offensive dans les Flandres s'accomplissait à souhait.
Ce 1 7 octobre, les forces françaises, en raison de leurimportance, furent groupées en armée des Flandres et placées sous les ordres du général de Boissoudy. Le général Dégoutte restait, chargé de la direction d'ensemble. A l'armée française des Flandres se joignirent deux belles divisions américaines.
L'opération de si large envergure continuait, suivant le plan initial : la He aimée