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CROISEURS ANGLAIS COULÉS A ZEEERUGE

(Photo Champagne.)

défendaient opiniâtrement l'accès de la vallée de la Lys, nos troupes prirentpossession du plateau et de la ville de Thielt. Notre 2e corps de cavalerie eut le champ libre. Il en profita magnifiquement. Pour la nuit, nous nous trouvions sur une ligne qui allait de Lootenhulle à Wielsbeke, par Wynck et Gotthem sur la Lys. D'autre part, les troupes britanniques, dépassant Courtrai, approchaient de l'Escaut.

— La Belgique est ressuscitée ! s'écria Albert Ior.

Et M. Raymond Poincaré lui écrivit : « Voici venir les jours de victoire et de joie dont nous avons si souvent parlé, avec une foi commune, dans nos conversations des longues heures sombres. »

Le 20 octobre, notre 3oe corps et notre 34e corps passèrent la Lys, près de Deynse, et réussirent, malgré les inondations, dernier obstacle préparé par l'ennemi, à y établir une tête de pont.

Le même jour, les armées britanniques, commandées par le général Plumer, arrivèrent sur l'Escaut, près de Peck.

Le même jour, les troupes belges entrèrent à Adegem, puis, d'un seul élan, s'élancèrent au-delà d'Ursel et au delà de Bellem. Elles forçaient ib 000 Allemands à passer la frontière et à se faire désarmer par les Hollandais.

Notre armée des Flandres terminait alors ce que le général Dégoutte appelait « son beau pivotement sur la droite ». Au début, elle avait fait face au nord-est. Le 20 octobre, face au sud-est, elle occupait la ligne de l'Escaut depuis Gand jusqu'à Oudenarde et jusqu'à Tournai.

La nouvelle ligne de retraite, où l'ennemi tentait de se cramponner, allait de Valenciennes jusqu'à la Meuse, en passant par le Quesnoy, la forêt de Mormal, les plateaux situés entre Sambre et Oise, la fameuse ligne Hunding, la Haute Aisne protégée par des inondations, l'Argonne, la région de Dun-sur-Meuse.

Libération de Denain et du pays noir.

Suivant le plan de Foch, les armées britanniques durent se mettre en marche vers Valenciennes, bien qu'elles fussent contre-attaquées très énergiquement. Surle-champ, elles refoulèrent plus à fond la dernière contre-attaque et déclenchèrent leur offensive à l'est de Denain. Du premier coup, elles parvinrent jusqu'aux abords de Valenciennes, leur objectif.

Denain, Somain, Marchiennes, Orchies étaient libérées. En chacune de ces villes, les traces d'un long martyre excitaient l'indignation des libérateurs. A Denain, par exemple, l'ennemi avait fait sauter la grande usine métallurgique. Le directeurde cette usine, M. Werth, prisonnier dans son bureau, avait appris, par les- explosions successives, les progrès de la destruction systématique. C'était, pour l'ennemi, une double satisfaction de supprimer une des plus belles usines de France et de tourmenter un Français qui refusait de diriger le travail de ses ouvriers au profit de l'envahisseur.

A quoi bon insister sur la joie des régions libérées ? Elle dépasse tout ce que l'imagination peut concevoir en temps de paix. Les bonnes gens de ces pays au supplice nous disaient: «Quand les premiers soldats anglais sont arrivés, on leur a sauté au cou. On a aussi embrassé leurs chevaux. C'étaient des chevaux si superbes, si bien portants, si différents des misérables chevaux allemands 1 »

Cependant l'ennemi, bien qu'il manquât de tant de choses et que l'espoir de vaincre fût brisé en lui, se défendait encore obstinément, en certains points bien choisis. Ainsi, l'armée de Horne, en marchant vers Valenciennes, et l'armée de Birdwood, en marchant vers Tournai, eurent de durs efforts à fournir.

Enfin, le 22, à 18 heures, les Britanniques approchèrent de l'Escaut, s'établirent aux abords deTournai et pénétrèrent dans la partie occidentale de Valenciennes. Us venaient de déborder Valenciennes au nord-ouest, par une marche extrêmement rapide à travers la forêt de Raismes.

Le 23, ils enlevèrent Bruay où la ligne de Valenciennes se raccorde avec la ligne de Peruwelz, traversèrent les forêts de Raismes et de Saint-Amand et parvinrent sur l'Escaut à Thun. La tâche que Foch leur avait donnée était accomplie.

Les forces britanniques occupaient la rive de l'Escaut jusqu'aux portes de Valenciennes. Les forces françaises s'avançaient vers Audenarde. Les armées belges commandées par le roi Albert réorganisaient en hâte leur ravitaillement.

Sans d->u*e, la bataille des Flandres avait, au début, suscité de vastes t-spoirs

qu'elle n'a pas réalisés. Par là, elle ressemblait à la bataille franco-américaine de l'Argonne. Toutes deux furent ralenties par les plus détestables conditions climatériques, dont l'ennemi sut lort bien tirer parti.

Ludendorff, sans nul doute, comprenait parfaitement la manœuvre de Foch en Belgique et sur la Meuse : double coup de filet jeté sur les deux ailes. Or, le Haut Commandement allemand pouvait toujours compter sur la plupart des troupes qui composaient alors l'arrière-garde, et qui étaient précisément l'élite des anciennes troupes d'assaut, Sturmtruppen. Ilentreprenaitdonc, partous les moyens, de ralentir l'avance des Alliés, pour avoir le temps de ramener en Allemagne son meilleur matériel de guerre et le magnifique butin fait par lui en terre de France. Le mauvais temps favorisa sa tactique de résistance, que soutenaient les mitrailleuses et quelques batteries mobiles à longue portée. Il put même, suivant sa formule, « tenir assez pour que, au Jur et à mesure de la retraite, tout fût détruit ».

Victoires sur la Selle et dans la forêt d'Andigny.

Foch, devenu chef unique, n'avait pas ce«sé de répéter, à ses commandants d'armée, l'ordre qu'il avait donné, en 1914, comme commandant d'armée, à ses généraux, pendant la première bataille de la Marne : t Bourrez ! »

Dès que, par l'erîort de son aile gauche, il vit le nord de la France libéré et l'ennemi refoulé de 1 autre côté de l'Escaut, il s'appliqua à libérer la région de la Sambre.

Avec ce bon sens qui, selon Napoléon Ier, est la première qualité' de tout grand capitaine, il disait : « Le chemin de Charleroi, c'est celui que les Allemands ont jugé le plus commode pour nous envahir. Je le juge donc tout aussi commode pour les refouler. »

Et, en réalité, le chemin de l'invasion devait, dans les plus grands jours du refoulement, conduire l'ennemi droit a lacapitulation.

Pour cette région, l'obstacle à surmonter, c'était la ligne de hauteurs qui court depuis la vallée de la Sambre jusqu'à la vallée de l'Oise, par Solesme et Le Cateau.

Il y avait là, comme au plateau deThielt, une formidable barrière à abattre.

Les armées britanniques du général Byng et du général Rawlinson s'étaient établies, le 10 octobre, sur la rivière de la Selle. L'armée française du général Debeney, toujours en liaison avec les Britanniques, étendait sa droite jusqu'à l'Oise.

Des combats isolés s'engagèrent sur divers points, pour l'élaigissement des têtes de pont vers Solesme, pour la prise d'Haussy, pour la prise de Saulzoir.

En attaquant à Haussy età Saulzoir, entre Solesme ec Valenciennes, on donnait un coup de sonde afin de connaître les dispositions de l'ennemi et ;■ a force de résistance. On constata qu'il gardait encore une réelle puissance de réaction. Le r3, il dirigea une conTe- attaque vigoureuse vers Haussy et Has, res. Le 16, il s'empara d'Haussy.

GENERAL BYVG.

tPhoto H. Manuel.)

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ta gtkrrk nu droit.

Dès le lendemain, notre offensive se déclencha.

Lancée à l'assaut, le 4 octobre, à 5 h. 1 5 du matin, l'armée Debeney enleva, à droite, sur la rive orientale de l'Oise, la tète de pont de Mont-d'Origny, où elle captura 2 100 hommes. A gauche, elle s'empara de Petit-Vtrly et de Marchavenne. Au centre, elle poussa vers Grougis, Aisonville, Hauteville. Opérations difficiles, exécutées avec un merveilleux entrain.

L'armée de Rawlinson avait, en face d'elle, sept divisions allemandes, solidement fortifiées sur des hauteurs et dans des forêts. Elle prit Andigny-les- Fermes et, avec l'aide des troupes américaines du 2ecorps, après une lutte acharnée, enleva la ligne allemande de la Haute Selle, la Vallée Mulâtre et l'Arbre de Guise. D autre part, au même moment, elle pénétra dans la partie orientale du Caleau. Elle venait de faire plus de 4 000 prisonniers.

Le 1 8, l'armée Debeney, d'un effort non moins violent, enlevait, d'une part Mennevret et le bois d'Andigny ; d'autre part, Aisonville, Giougis, Bernoville.

Au soir du même jour, l'armée Rawlinson avait pris Wassigny, Ribeauville, Bazuel, Mazinghien.

Sans un instant de repo% l'armée Debeney se remit en marche, en pleine nuit, vers le csnal de la Sambre à l'Oise. Elle abordait ainsi la ligne de hauteurs qui formait le premier enjeu de la batail'e.

Au point du jour, elle occupa, surle canal de 1 1 Sambre à l'Oise, Hanapes, Grand-Verly, Noyai. Pour le soir, elleavaitrtfoulé l'ennemi à l'est de l'Oise et du canal, depuis Vénérolles jusqu'à Hauteville. Ce fut le 1 5e corps, sous lesordresdu général de Fondare, qui s'empara de Vénérolles, et le 3qecorps, sous les ordres du général Nudant, qui poussa vers Hauteville. En deux jours, l'armée Debeney avait capturé 3 600 hommes, 8 1 canonset 720 mitrailleuses. Elle progressait de la façon la plus efficace sur sa droite, en occupant les hauteurs de Villers-le-Sec, de Fay-le-Noyer, de Catillondu-Temple.

La journée du 18 octobre a, dans l'histoire, une importance singulière. Jamais notre offensive ne s'est plus victorieusement dessinée, au cœur même de l'ennemi.

Par la victoire du bassin de la Sambre, il se sentait débordé au sud comme au nord. Il devait abandonner, au sud, les hauteurs de Marks; au nord, l'Escaut depuis Valenciennes jusqu'à Tournai.

(Photo II. Manue'.)

Libération de Valenciennes et du Cateau.

Pour élargir le front d'offensive, les troupes britanniques rivalisèrent avec les nôtres d'audace et d'endurance.

Dans la nuit du 19 au 20, sous une tempête de pluie, entre le Cateau, Solesme et Denain, elles attaquèreir les passages de la Selle que l'ennemi n'avait

pas cessé de fortifier. Elles s'emparèrent de Solesmes, puis atteignirent la vallée de la Harpies.

Le 22, l'armée de Byng, par une nouvelle et très sanglante attaque de nuit, arrivait sur la rive gauche de PEcaillon et occupait le bourg de Thiant.

L'ordre de Foch était d'enlever les obstacles iormés par les rivières coulant de la forêt de Mormal qui longe !a Sambre. L'ennemi, dans cette forêt de 9 200 hectares, ravagée et aménagée par lui en tout sens, avait entassé de l'artillerie, des munitions, une masse énorme d'approvisionnements.

Là, neuf des meilleures divisions allemandes, avec leurs mitrailleuses toujours si nombreuses, et leurs obus chargés de nouveaux gaz asphyxiants, résistèrent pendant de longues heures.

Cependant, le 22 octobre, avant 4 heures du matin, les Britanniques enlevaient

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