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■allant de Chàtillon-sur-Bar à Halles, par Saint-Pierremont et Sommautne. C'était la libération de l'Argonne entière. Les vainqueurs tenaient sous leur feu Ja voie ferrée de Montmédy à Confians-Jarny par Longuyon.
Sur l'ordre de Foch, au matin du 1" novembre, les armées des Flandres reprirent l'offensive.
Pour assurer le succès de l'attaque, l'armée britannique, commandée par le .général Plumer, avait, le 3i octobre, élargi ses positions et permis aux unités américaines de se déployer à sa gauche.
L'attaque commença à 5 h. 45 du matin. Au centre, l'armée du général
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MATÉRIEL ALLEMAND EXPOSÉ A LA PLAINE DES MANŒUVRES D'eTTEPBECK (BRUXELLES).
Dégoutte libéra, d'un seul élan, tout le terrain entre la Lys et l'Escaut. L'armée de von Arnim, entièrement défaite, était refoulée sur l'Escaut entre Melsen et Eecke.
Jours de lète sans pareille pour la Belgique. A Deynse, à Nazareth, à Cruyshauîem, dans les bourgs et les villages, d'interminables acclamations saluaient les libérateurs. La noble ville d'Audenarde, en un mouvement de gratitude pieuse, bénit le drapeau de France.
Le même jour, vers la droite, l'armée britannique de Plumer rejetait 1 ennemi sur l'Escaut jusqu'à Melsen.
Dès le lendemain, l'avance du centre et de l'aile droite entraîna l'avance de l'aile gauche. Les troupes belges, appuyées par les troupes françaises, chassèrent l'ennemi vers Gand, puis, au soir du 2 novembre, finirent par atteindre Eccloo, Waerschoott, le canal de la Lieve, les faubourgs de Gand, Severghem.
En quatre jours, le quart de la Belgique était reconquis.
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Le lendemain, les troupes belges arrivaient à Ertvelde, et commençaient, près de Welden et de Pottes, les travaux nécessaires pour passer l'Escaut.
Les bulletins des vainqueurs s'illuminaient de chiffres que les historiens du pa^sé auraient jugés fantastiques. « Depuis le i5 juillet jusqu'au 1" novembre, 362346 prisonniers dont 7992 officiers, 6219 canons, 3 906 lance-mines, 38622 mitrailleuses ».
Journée ravissante de la Toussaint, en 1918 ! Sur le ciel d'un bleu léger, où le soleil retrouvait une grâce de printemps, nous voyions s'ouvrir les grandes ailes de la victoire qui devait libérer le monde.
Dans la trouée de la Sambre.
Non seulement les Alliés vainqueurs passaient, en 191 8, par la route que l'ennemi avait prise, quatre ans auparavant, pour envahir la France, mais les Français et les Britanniques, qui refoulaient l'ennemi, se retrouvaient ensemble aux
endroits même où ils avaient le plus souffert, pendant leur retraite de 1914.
Le 4 novembre, ils attaquèrent. Leur nouveau front était alors jalonné par Valenciennes, Landrecies et Guise.
Aux armées britanniques, commandées par Home, Byng et Rawlinson, ainsi qu'à l'armée commandée par Debeney, Foch avait donné, pour objectif, « la trouée de la Sambre ».
L'entourage du Kronprinz voyait venir le coup. Le Kronprinz, dans un des derniers ordres signés de sa main, recommanda de renlorcer le front du canal avec des mitrailleuses et de résister à tout prix.
L'armée Debeney bordait le canal de la Sambre entre Oisy-Éireux et Vadencourt.
Les vaillantes troupes du i5e corps (général de Fonclare) et du 36e corps (général Nollet): 6Ce division (général Brissaud- Desmaillet), 46e division (général Gratier), 123e division (général de Saint-Just), 1 52e division (général Bonnin), 64e division (général Colin), avaient en face d'elles six divisions allemandes.
A six heures et demie du matin, le signal de l'assaut ! Tout de suite, nos chasseurs, sous le feu continuel des mitrailleuses allemandes, furent sur l'autre rive. A ce propos, les rapports officiels constatent que les chasseurs français, à cet endroit terrible, étaient aux prises avec les chasseurs allemands les plus réputés. Malgré une grêle de grenades qui s'ajoutait au feu des mitrailleuses, plusieurs passerelles étaient jetées sur le canal. Détruites six fois, sept fois reconstruites.
Le canal ayant été traversé entre Boue et Étreux, nos bataillons s'élancèrent avec une splendide ardeur, entrèrent à Bergues, s'emparèrent de plusieurs défenses allemandes sur le canal de l'ancienne Sambre, occupèrent la Caurette, la Neuville, Iron Partout, elles récoltaient des canons, des mitrailleuses, des prisonniers.
CÉN'FPAL BONNIN.
(Photo Manuel.)
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Au nord de notre ire année, les trois armées britanniques de Rawiinson de Bynget de Horne avaient à combattre 2 1. divisions et des détachements d'élite.
Tout de suite, l'armée de Rawiinson, appuyée et entraînée par nos troupes, traversa le canal de la Sambre à l'Oise sur des passerelles improvisées. Après de très durs efforts, elle triompha de toutes les résistances et pénétra à Catillon
Même succès entre Catillon et Oisy. Le canal avait été franchi en moins de dix minutes. Les Britanniques enlevèrent Fesmy, Hautrèpe, La Groise. Plus au nord, ils entraient à Ors et à Sambrelon.
Au centre des armées britanniques, l'assaut était donné à l'extrémité occidentale de la forêt de Mormal. L'infanterie, soutenue par les tanks, enlevait Soyères, Preux-aux-Bois, Hecq, Louvignies.
En même temps, une division allait couper la forêt de Mormal, par le sud, bousculait l'ennemi aux passages du canal et entrait à Landrecies, l'antique place forte, déclassée depuis tant d'années, que la Sambre canalisée divise en deux parties.
Cette victoire était ainsi annoncée à Londres : « L'armée a franchi la Sambre, près Landrecies, 20 000 prisonniers, 460 canons. General sir Hem-)' Rawiinson. »
D'autres divisions s'enfonçaient au cœur de la vaste forêt : l'une pénétra jusqu'aux Grandes-Pâtures; l'autre enleva Locquignol.
L'ennemi, puissamment renforcé, essaya dé briser la tenaille par un choc furieux, dirigé sur le Quesnoy.
Mais une division néo-zélandaise accourut et, par un mouvement tournant, enleva le Quesnoy, où plus de mille Allemands restèrent pris.
En même temps, la ligne de l'Aunelle, malgré toutes ses défenses, cédait. Les Britanniques s'emparèrent de Preux-au-Sart, de Wargnies, de Sebourg, de Sebourgniaux, enfin dépassèrent deux de leurs principaux ojjectifs: Estreux et Onnaing.
Pendant toute la bataille, grâce à un soleil d'automne particulièrement clair, l'aviation britannique avait accompli des opérations imprévues. Dès qu'elle apercevait un convoi d'artillerie en marche, elle le poursuivait de ses bombes, jusqu'à ce que les chevaux affolés eussent culbuté pièces et caissons.
Ces prouesses nous ont été racontées, sur place, avec maint détail émouvant, par le général Rawiinson, dans une visite qu'il fit aux champs de bataille, un an aorès la victoire. Au milieu de son récit, il s'arrêta soudain, de/ant de longs débris de passerelles qui gisaient dans un vaste marécage à demi desséché :
— Saluons aussi cela, nous dit-il. Jamais on ne célébrera assez le courage des braves gens de chez vous et da chez nous qui ont construit ces passerelles ou qui ont couru, à l'aventure, sur les planches fléchissantes aux frêles pilotis. Parmi les suprêmes instruments de la victoire, à côté du tank et de l'avion, il faut mettre à l'honneur une de ces pauvres passerelles que voici.
GENERAL NOLLFT.
(Photo Manuel.)
Guise, Marie et Château-Porcien.
La plus grande victoire était en marche. L'ennemi battait en retraite de l'Escaut à l'Argonne.
Ce n'étaient plus nos seuls avions qui constataient ce repli, c'étaient aussi nos patrouilles.
De là, le 5 novembre, avant l'aube, un élan magnifique des troupes françaises, acharnées à la poursuite de l'ennemi, ardentes à la délivrance de nos pauvres compatriotes.
Pour six heures du matin, elles étaient entrées à Guise, où l'ennemi était fore d'abandonner canons et munitions. Dans cette région, il n'avait pas même eu le temps de faire sauter tous les ponts.
L'armée Debeney avançait sur toute la ligne. Chemin faisant, elle cueillait des trophées inouïs. Par exemple, à Boue, en un tour de main, elle capturait le train de combat de quatre régiments et affranchissait une soixantaine d'otages que l'ennem se préparait à emmener.
— Vous sentiez bien, disait Debeney à ses soldats, que nos camarades, tombés en 1914, sur le champ de bataille de Guise, tressailliraient d'orgueil en voyant passer leurs vengeurs.
Pour le matin du 6 novembre, l'armée Debeney se trouvait sur une ligne allant de Barzy à l'est de Colonfay, en passant par Esquéhéries, Lavaqueresse,
Crupilly, Malzy, Romery.
Au même moment, les Britanniques se trouvaient sur une ligne allant de Barzy à Fresnes, en passant par Grand-Fayt, Berlaimont et l'ouest de Bavai.
L'immense forêt de Mormal, dont l'ennemi avait fait tout un bastion et tout un arsenal, était enlevée.
Les Alliés, s'engageant dans la trouée de la Sambre, continuaient à exécuter point ptr point le plan de Foch.
Notre ire armée, tout en attaquant à sa gauche les défenses allemandes du canal de la Sambre, attaquait à sa droite, au sud de Guise, les plateaux du Marlois. Le 5, vers sept heures du soir, elle avait atteint Sains- Richaumont et Housset.
Notre 10e armée, que commandait le général Humbert, depuis le départ du général Mangin pour la Lorraine, avait quitté les positions où elle se trouvait, sur une ligne allant de l'ouest d'Autremencourt à Goudelarcourt, en passant parCuirieux. Elle s'avança en serrant de près l'ennemi et enleva Marie.
Vers la droite, elle s'établit sur une ligr. e allant de la Neuville-Bosmont à Dizyk-Gros.
Notre 5e armée, commandée par le général Guillaumat, ébranlait à coups repérés :es éléments de la ligne Hunding Stellung où l'ennemi se cramponnait encore.