GÉNÉRAL DE FONCLA.KE
Photo Manuel.
I Q 1 4« — LA GUERRE DU DROIT. IlOt
Le 5 novembre, une âpre besogne de nettoyage étant accomplie, elle enlevait Herpyet Chàteau-Porcien, puis commençait à franchir l'Aisne à Nanteuil.
Notre 4e armée, commardée par le général Gouraud, d'un brusque mouvement parfaitement conduit, avait passé le canal des Ardennes et de l'Aisne, en enlevant Montgon et Le Chesne.
L'armée américaine du général Liggett, qui s'était portée entre la Bar et la Meuse, avait, le 4 novembre, traversé les bois de Dieulet. D'une part, elle tenait Laneuville devant Stemy et les collines qui s'élèvent au-dessus de Beaumont ; d'autre part, vers sa gauche, elle arrivait aux Grandes Armoises.
Montmédy et Beaumont.
L'aviation remportait, près de Montmédy, une sorte de victoire.
La, par toutes les voies, soit d'Hirson et de Rethel, par Charleville, soit de Sttnay, par Chauvency, soit de toute la Belgique, par Arlon et Virton, refluaient une masse de troupes, de canons, de munitions, d'approvisionnements, d'impedimenta sans nombre, qui déjà sentaient la débâcle. Une centaine d'avions de chasse et 4D grands avions de bombardement, malgré le tir bien dirigé et bien nourri d'une artillerie spéciale, firent, dans cette masse, une superbe besogne.
La petite ville de Montmédy ne fut presque pas atteinte. Avant la guerre, Montmédy-Haut, dominée par son église à la Vauban, toute pareille aux églises de Thionville et de Belfort, était déjà une vieille petite ville morte. Montmédy-Bas, la ville neuve, où, depuis vingt ans, toutes les administrations étaient descendues^ ava t, pendant toute la guerre, servi de centre à l'ennemi pour de continuelles opérations. Une voie ferrée, ouverte à travers les maisons, suppléait au tunnel voisin que nos troupes avait fait sauter. La gare avait été élargie et transformée. Pour les troupes, qui se succédaient sans cesse dans la région, avait été construit un vaste « foyer du soldat »: sur les murailles de cette prétentieuse bâtisse, étaient peintes à fresque des scènes où on voyait, majestueusement, défiltr l'invincible armée allemande et s'enfuir, dans un honteux désordre, les armées alliées avec leur artillerie impuissante et leuraviation inoflensive.
Quand nos troupes, dans ce même mois de novembre 191 S, arrivèrent à "Montmédy, nous prîmes soin de ces fresques. Nos soldats devaient les voir I Si elles offrent un très médiocre spécimen d'art, elles donnent une très bonne leçon d'histoire.
Le 5 novembre, à 8 heures du matin, sous une pluie qui ne devait cesser quele lendemain à la même heure, les Américains venaient à bout d'une arrière-garde très fortement encadrée. Ils passaient la Meuse à Brieulles et à Cléry-le-Petit.
Vers midi, deux de leurs belles divisions, commandées par le général Hinnes, montèrent, d'un seul élan, au sommet des collines de la rive orientale.
A i5 heures, elles entrèrent à Dun et à Milly. La brusque libération du vieux bourg de Dun, dont la pittoresque silhouette est si caractéristique, apparut comme le plus reconfortant symbole.
Plus au nord, même succès. Les divisions du général Summerall avaient traverséle boisde Jaulnay. Elles arrivèrent sur la Meuse pies de Cesse et près de Luzy.
Plus à l'ouest, Beaumont et Letanne lurent enlevés.
Eeaumont est un important nœud de voies qu>, dans la guerre de 1870, avait donné son nom à une défaite particulièremenT douloureuse, « véritable préface de Sedan ». Mais 1918 devenait la date de toutes les revanches, Sedan y compris I
Plus à l'ouest encore, les divisions du général Dickmann entraient à Yoncq, à la Besace, à Stonne.
Ce jour-là, les Américains notèrent dans leur communiqué qu'ils recueilliient une soixantaine d'excellents canons abandonnés, et que l'ennemi ne montrai: plus le moindre souci de l'illustre faculté d'organisation dont il s étiit tint targué.
La pluie du 5 n'avait pas nui à la victoire ; le soleil du 6 la favorisa.
Dans un entretien du maréchal Foch avec le maréchal Douglas Haig, commandant en chef des aimées britanniques, avaient été réglées certaines opérations de détail qui devaient être fécondes en résultats.
L'armée Horne enleva Baisieux et Quiévrechain. A Baisieux, dernière station française sur la ligne de Lille à Tournai, la population fit un accueil particulièrement fraternel à ses libérateurs, les Canadiens, qui lui répondaient dans sa langue et même avec son accent.
Libération de Vervins et de Rethel
L'armée de Byng engagea un combat acharné aux portes de l'antique petite ville de Bavay, où jadis huit voies romaines se réunissaient.
Vers le soir, après avoir enlevé Berlaimont, elle occupa Aulnoye, où se croisent les voies ferrées vers Mons, vers Paris, vers Valenciennes, vers Hirson.
Le même jour, 6 novembre, l'armée de Rawlinson s'emparait de Cirtignies et de Marbaix, puis, à 16 heures, entrait à Dompierre. Même avance pour les troupes françaises.
L'armée Debeney avait progressé jusqu'aux forêts de Nouvion et de Régneval. Le 16e corps, commandé par le général Deville, était entré à Vervins et continuait à
gagner du terrain, en direction du nord. Plus au sud, nous bordions la rivière de la Brune, à Hary.
Legrouped'armées placé sous le commandement de Fayolle, méritait les félicitations de Foch, « pour avoir contrant les troupes du Kronprinz à se replier pêle-mêle et s'être emparé de vastes installations à peu près intactes».
L'armée de Guil'.aumat, après avoir passé la Serre, avait, le 6 novembre, occupé Montcornet et atteint Renneval.
Les Italiens, commandés par le général Albricci, arrivaient à Rozoy-sur-Serre.
En même temps, nous parvenions au sud de Chaumont-Porcien et nous entrions à Herbigny.
En même temps, l'armée de Gouraud progressait d'une admirable façon. Elle libérait Rethel qui, au début de la guerre, avait vu les nobles efforts de nos troupes, sur présage de leur victoire finale. Dans son élan vers le Nord, elle accomplissait alors des exploits dignes des temps ■épiques. Ses cavaliers mettaient la main sur une batterie de 77 et sur une batter.e
GENERAI ALBRICCI.
iPholo Manuel.)
Maréchal FOCH
par R. Desvarreux
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de io5. Pendant la nuit du 6 au 7 novembre, elle exécuta, depuis Rethel jusqu'à Attigny, un prodigieux travail de préparation. Ses soldats du génie, retrouvant l'héroïque promptitude des pontonniers de 181 2, construisaient quinze passerelles, tandis que, rivalisant d'ardeur avec eux, nos fantassins fabriquaient une centaine de grands radeaux. A 10 heures du matin, elle avait passé l'Aisne.
Ce fut, pour l'ennemi, une nouvelle et accablante surprise. L'avance réalisée, par ladroit'e de l'armée de Gouraud, sur la rive septentrionale du canal des Ardennes le mettait en grand péril vers l'Est: il accéléra brusquement son repli sur tout le iront.
Nous entrions à Sorcy. Nous entrions à Ecordal. Nous entrions à Jonval. Nous entrions à Vendresse. Nous entrions à Omicourt-sur-la Bar.
Nos opérations, dans la région de la Bar, se développaient en liaison étroite avec la ire armée américaine que commandait le général Liggett.
La Revanche de Sedan.
Les Américains arrivaient à Connage-sur-la-Bar; s'emparaient des crêtes, entre la Bar et la Meuse; enlevaient les hauteurs de Raucourt, de Bulson, de Haraucourt; pénétraient jusqu'aux abords de Mouzon.
Vers la droite, un combat mettait aux prises les divisions qui venaient de passer