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ARTILLERIE RUSSE TRAVERSANT UN GUE

(Phoio Chusscau-Flavicns.)

général Broussilof. L'infanterie russe retrouva sa vaillance des meilleurs jours et, chose toute nouvelle, l'artillerie russe prouva qu'elle était en sérieux progrès. Les Autrichiens furent culbutés, une lois de plus, en dépit de leurs formidables travaux. Broussilof passa le Styret entra, musique en tête, à Loutsk. Vingt et un jours après, il avait gagné 60 kilomètres. Ses troupes, disposées en superbe demi-cercle ayant Loutsk pour centre, semblaient prêtes à rompre le front ennemi et à séparer les troupes austro-allemandes du Nord des troupes austro allemandes de Galicie.

Malheureusement, au centre, près de Tarnopol, l'offensive russe avait eu moins de succès. La contre-offensive se produisit dans des conditions favorables à l'ennemi. Au général allemand von Linsingen étaient envoyées en renfort neuf divisions allemandes et une division autrichienne toutes fraîches. Ses premiers efforts refoulèrent les Russes vers Loutsk. Mais bientôt les Russes reprirent l'avantage. A gauche, ils bousculèrent l'ennemi sur le Stokhod, dans des combats acharnés; à droite, ils remportèrent d'importants succès, sur le Styr et la Lipa. Le 25 juillet, le général Sakharof faisait son entrée à Brody.

Des nouvelles meilleures encore arrivaient de l'armée russe confiée à Letchitzki. Elle avançait vers Czernovitz et franchissait le Danube. Presque tout de suite, les troupes autrichiennes de Bukovine étaient coupées et rejetées en désordre dans les Carpathes. Partout la victoire des Russes se complétait par l'é'an de leurs hardis

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cavaliers. Sur tel point ils pouvaient annoncer une avance de ioo kilomètres et, pour l'ensemble, une ample capture de guerre où le nombre des prisonniers s'élevait à 35oooo.

L'Autriche allait-elle donc être mise hors de cause? A tout prix, le haut commandement allemand dut la secourir. Comme il ne pouvait retirer ni un homme ni un canon du front français, il exigea que laTurquie envoyât deux divisions au frontrusse. L'ensemble des troupes, de Riga à Tarnopol, fut placé sous les ordres de von Hindenburg. Seul, le groupe du Sud resta confié à l'archiduc Frédéric.

Mats, sans attendre que l'ennemi eût achevé de prendre ses dispositions, Letchitski enleva Kolomea et arriva près de Stanislau, tandis que Broussilof refoulait les troupes austro-allemandes sur la Zlota-Lipa.

De nouveau, les bonnes nouvelles affluèrent. Les Russes entraient à Stanislau, le i i août. Sakharof franchissait le Sereth et rejetait l'ennemi derrière la Stripa. Pour le ier septembre, nos Alliés avaient détruit toute résistance en Volhynie, en Galicie, en Bukovine. Leurs troupes, installées dans le sud de la Galicie et en Bukovine, parvenaient à nouer un lien solide entre leur puissante aile gauche et cette Roumanie qui, elle aussi, allait entrer dans la lutte. Enfin, aux armées russes du Nord, Rousski, le vainqueur de 191 5, revenu à la santé, remplaça Kouropatkine comme général en chef.

Mais, à ce moment même, l'offensive russe se termina brusquement. La principale cause d'un si déplorable arrêt fut l'influence allemande qui, peu à peu, insinuait dans l'esprit du gouvernement l'idée d'une paix séparée. On signala d'autres causes, par exemple les effroyables pertes d'hommes et l'insuffisance des munitions, voire des armes. Assurément, ces causes ne sont pas négligeables. Mais si les obus manquaient aux canons et les fusils aux hommes, n'était-ce pas parce que les partisans de l'Allemagne, par leurs intrigues inouïes, réussissaient à détourner les envois du front?

Hindenburg, avec ses meilleures troupes du Nord qu'il déplaçait suivant ses besoins, depuis le Pripet jusqu'auxCarpathes, livra de rudes combats. Ceux des environs de Lemberg furent les plus sanglants. Malgré tout, les Russes gardaient les régions qu'ils avaient conquises, et leur offensive coûtait à l'Autriche plus de gooooo hommes, dont 400000 prisonniers.

Cependant à Pétrograd,les intrigues politiques se compliquaient et lemécontentement populaire grandissait sans fin.

Le 24 juillet 1916, Sazonov, ministre des Affaires étrangères de Russie, donna sa' démission pour raisons de santé. Depuis iqio, il avait dirigé la politique russe, parmi tant de traverses : accord de Potsdam, crise d'Agadir, guerre italo-turque, guerre balkanique de 19 12, guerre balkanique de 191 3! Sa seule erreur fut de se refuser longtemps à admettre que l'Allemagne, au milieu d'une Europe résolue à la paix, pût déchaîner une guerre européenne. Il fut remplacé par M. Sturmer, dévoué à tous les intérêts de l'Allemagne. Le nouveau ministre des Affaires étrangères travailla de toutes ses forces à faire conclure une paix séparée. Sa propagande secrète s'étendait non seulement à toute la Russie, mais à la Suisse, à l'Italie et même à la France. Partout grâce aux fonds dont disposait son ministère, il entretenait des émissaires, parmi lesquels se trouvaient des femmes en relations avec l'ambassadeur de Russie et avec les agents de l'Allemagne. Pour cet « office de la paix séparée », il avait choisi comme directeur un certain Manouïlov qui, avant la guerre, avait été à la fois au service de l'ambassadeur d'Allemagne et de la police de Pétrograd. En mars i9i6,ceManouïlov,accuséd'avoirtouché de gros pots de vin, fut arrêté. Son arrestation fit scandale, mais elle ne dura que vingt-quatre heures. Le journal Rousskoie Slovo d 'clara à ce propos : « Si Manouïlov a été si vite re'àché et s'il continue à

LA GULRKK 1>U DROIT.

exercer ses fonctions secrètes, c'est parce qu'il partage ses pots de vin avec le Président du Conseil. » Ces intrigues furent révélées à l'ambassadeur d'Angleterre à Pétrograd qui les signala à certains hommes d'Etat de Russie. Mais rien ne pouvait plus enrayerla chute du gouvernement russe.

Offensive italienne et déclaration de guerre de l'Italie à l'Allemagne.

Les Italiens, après avoir résisté aux attaques, prirent à leurtour l'offensive. Dès la fin de juillet, ils avaient gagné du terrain dans la vallée de l'Astico et dans la vallée del'Adige, vers le Trentin.

Par une feinte habile, kurs efforts parurent, le ieraoût, se concentrer vers

Trics'.e, dans le bas Isonzo, près de Monfalcone. ÏVlais, en réalité, ce qu'ils visaient, c'était, au nord, sur l'Isonzo, la ville de Gorizia.

But difficile à atteindre. Pour la défense de Gorizia, l'ennemi avait achevé de formidables travaux, adroite de l'Isonzo, sur le mont Sabotino ; à gauche, sur le San Michèle. Ainsi, ses feux croisés devaient empêcher les Italiens de franchir l'Isonzo pour pénétrer à Gorizia.

Le 6 août, à 6 heures du matin, l'excellente artillerie italienne commença à marteler les défenses autrichiennes. Bientôt, rien n'en resta d'intact, depuis Monfalcone jusqu'au Sabotino. A 8 heures, l'infanterie italienne déferla en vagues d'assaut, depuis le Sabotino jusqu'au San Michèle. Elle enleva le San Michèle, puis le Sabotino, malgré ses tranchées si bien fortifiées.

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L'ennemi fléchit d'abord au sud, puis au nord. Il résista mieux au centre et même, en certains points de la rive droite, il montra une énergie rare. Cependant, vers 7 heures du soir, les assaillants arrivèrent en dix endroits, jusqu'à l'Isonzo, et finirent par mettre la main sur la tête de pont à Gorizia. En faisant le compte de leurs prisonniers, ils constataient avec surprise que les officiers y étaient, proportionnellement, en plus grand nombre que les soldats.

Le lendemain, ils occupèrenttoute la rive droite. Le chiffre de leurs prisonniers

s'élevait à 8000 et leur butin comprenait une douzaine de canons. Le surlendemain,

ils passèrent le fleuve àgué et sur des ponts de fortune. Léo,, derrière les Autrichiens

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