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TRANSPORT DE TROUPES EN CAMIONS

(Photo Meurisse.ï

en moyenne, près de 2000 tonnes par jour, c'est-à-dire de quoi ravitailler plus de neuf corps d'armée. Puis, ce sera le miracle des automobiles. De Bar à Verdun par Souilly, jour et nuit, sans interruption, chemineront, dans l'un et l'autre sens, des camions approvisionnant 25oooo hommes. Saluons cette voie sacrée, où nos automobilistes, eux aussi, ont montré une héroïque endurance.

L'ennemi, qui réunissait, sur le front de Verdun 2400 pièces bien aménagées et bien protégées, avait d'abord écrasé le bois d'Haumont. En se déplaçant vers la droite, il écrasa tour à tour le bois des Caures, le bois de Beaumont, Herbcbois, tout un espace de 42 kilomètres. De cet espace, telle ou telle partie, longue d'un kilomètre et demi et large d'un kilomètre, recevait, en six heures, quatre-vingt-dix mille cbus.

Les grands chels allemands répétaient à leurs troupes : « Notre artillerie va détruire tout ce qui protège l'adversaire, fils de fer, tranchées, boyaux, mitrailleuses, canons. Grâce à Dieu, nous avons accumulé ici une quantité de pièces lourdes et de projectiles qui dépasse tout ce qu'on a pu imaginer. Voyez! » Et de

t 9 ! 4- — LA GURRRE DU DROIT.

nouveau, ces chefs faisaient dénier leurs hommes devant les batteries de gros mortiers et les montagnes de gros obus.

Lorsque l'offensive sans pareille commença, le lundi 21 février, à sept heures du matin, l'ennemi s'appliqua premièrement à détruire nos voies ferrées et nos ponts. Il faisait feu de ses 3o5, comme nous de nos 7S, à raison de vingt coups par minute. Bientôt, devant nos.pieds, les entonnoirs d'explosions se rapprochèrent au point de se confondre en cavernes au lieu de se juxtaposer en cônes.

L'organisation délensive du bois d'Haumont, objet de la première attaque, ayant été anéantie, l'artillerie allemande se tourna de gauche à droite. Quand fut terminé ce martèlement inouï, Guillaume II arriva a Charleville, sur de pouvoir

ÉLÉMENTS D'UNE COMPA'

DANS LE liOIS DES CAURES.

(Photo " l'Illustration ".)

entrer à Verdun. Il confirma les paroles prononcées par son fils et déclara aux soldats: « Verdun, c'est le cœur de la France. La guerre de 1870 s'est terminée par la prise de Paris. La guerre actuelle se terminera par la prise de Verdun. »

Il avait résolu d'attaquer le saillant de Verdun par le nord, à l'endroit ou ses lignes étaient le plus rapprochées des défenses permanentes de la ville : à peine sept kilomètres. Une fois de plus, nos soldats, malgré l'infériorité de l'armement et du nombre, lui ont coupé le chemin.

Malgré tant d'héroïsme, le cercle de fer se resserrait autour de Verdun. Vers le nord et au nord-est de la ville, continuaient à se précipiter les plus redoutables troupes de l'Empire allemand. Elles recevaient alors comme renfort quatre corps d'élite, instruits spécialement depuis quatre mois.

L'Empereur en personne s'assura qu'on avait bien transporté devant Verdun, avec ces quatre corps d'élite, tous les canons qui venaient d'enfoncer le front russe et d'écraser la Serbie.

Tout de suite, le bombardement de notre front Brabant-Herbebois, sur la rive droite de la Meuse, fut écrasant. Notre artillerie répondait de son mieux ei notre infanterie se cramponnait au sol bouleversé. Le lendemain, le bombardement redou-

Ii) 14. — LA GUERRE DU DROIT. -'-

bla et l'ennemi lança contre nous ses grandes vagues d'assaut que précédaient des éclaireurs.

Notre intanterie défendait le terrain pouce par pouce. Pour ralentir la marche de l'ennemi en lui tuant le plus possible de monde, nos ~b et nos mitrailleuses n'hésitaient pas à tirer à découvert, c'est-à-dire à se :aire broyer par lui. Chaque heure lui coûtait des flots de sang. Mais nous dûmes abandonner successivement Haumont, Brabant, Beaumont, Louvemont, la partie nord du bois des Caures.

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