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VERGERS DEVASTES PAR LES ALLEMANDS PENDANT LEUR RETRAITE

(Section photographique de l'armée )

aussi parfaits que possible. Partout se trouvait en place une artillerie excellente, qu'alimentaient d'énormes réserves de projectiles. Pour le tir de leur artillerie comme pour l'assaut de leur infanterie, étaient gravées des cartes où l'adversaire put voir les chefs-d'œuvre du genre.

11 n'y avait plus qu'à choisir pour l'attaque un moment favorable.

Général ANTHOINE

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Syl

Ce fut alors que l'ennemi, dans un secret très soigneusement gardé, évacua le terrain que les Allies menaçaient le plus.

Recul brusqué, qui correspondait à l'attaque brusquée du début de la guerre.

Notre préparation, avec ses travaux, ses installations de pièces, ses montagnes de projectiles, ses cartes si parfaites, trouvait devant elle le vide.

L'ennemi, par un repli dissimulé, s'était réfugié derrière une nouvelle ligne, tracée à loisir, choisie avec soin, fortifiée en toute son étendue, et qui ail ait depuis Arras jusqu'à Vailly, par Saint-Quentin et La Fère.

A sa ligne nouvelle, il donnait le nom du chef à qui il attribuait l'idée de « la retraite élastique»: Hindenburg.

De là, il espérait rebondir jusqu'à Paris.

Aux fortifications de cette ligne, Ludendorft avait employé des milliers de travailleurs. Pour la détendre, il exerçait des divisions de reserve, dans des camps de concentration, et faisait venir, par convois, tout ce que l'Allemagne pouvait lui fournir comme ressources de guerre.

Quand nos troupes pénétrèrent dans la zone profonde de quinze kilomètres que l'ennemi avait évacuée, elles eurent un frémissement d'horreur. Jamais dévastation plus systématique, plus opiniâtre, plus féroce, n'avait soulevé l'indignation du genre humain.

Non seulement l'Allemagne avait détruit les ponts, les travaux d'art, les routes, les canaux,mais, avec un acharnement encore pire, elle avai' abattu, brisé, anéanti, les maisons, les églises, les monuments.

Ce qui semblait particulièrement odieux, c'était le massacre des arbres. Dans les vergers, comme sur les roules ou au milieu des champs, tous les arbres étaient coupés à un mètre du sol : leurs innombrables cadavres s'étendaient en tous sens, retenus parfois au tronc par un lambeau d'écorce.

On apprenait en même temps que l'ennemi avait emmené, par troupeaux, des femmes, des jeunes filles. Rien de pareil ne s'était vu depuis les Vandales et les Huns.

Pourtant, suivant la tradition française, les plus sombres tableaux s'éclairaient parlois des rayons les plus purs. Avant de quitter Noyon, les Allemands avaient enlevé quinze jeunes filles. Un officier prussien s'avança vers elles et

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