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DEPART DES DEPORTES. — MUSEE DES ATROCITES ALLEMANDES

(Photo Mcurissc.)

leur déclara : « Mesdemoiselles, vous allez être emmenées en Allemagne. Si vous travaillez bien, il ne vous sera fait aucun mal. Mais si vous n'êtes pas soumises en tout à l'Allemagne, vous serez fusillées. » Aces mots, l'officier s'arrêta, attendant l'effet de sa menace. Des quinze poitrines françaises jaillit un seul cri, tout spontané : « Vive la France ! »

Dans tous les territoires qu'il quittait, l'ennemi avait rétabli l'esclavage. En Belgique et en France, les chefs allemands faisait enlever, avec les jeunes filles et les femmes, de jeunes garçons et des vieillards, qu'ils contraignaient aux plus rudes et aux plus humiliants travaux. Des milliers de citoyens, ouvriers, cultivateurs,

étaient déportés en Allemagne ou internés dans des usines et dans des exploitations agricoles. Là, ils remplaçaient les ouvriers allemands envoyés comme soldats sur le front.

Ces malheureux Français lurent forcés, sous peine de mort, d'aider l'ennemi à dévaster leur propre pays.

L'Allemagne ne nia pas ses crimes. Elle essaya seulement d'en masquer l'horreur. A l'en croire, ses esclaves n'étaient pas trop mal traités : « Ils pouvaient envoyer, chaque semaine, une carte postale à leurs proches parents séjournant dans la commune où eux-mêmes étaient domiciliés. Leur salaire s'élevait à trente pfennigs par jour, et leur pension était bonne. »

Impudence germanique, tellement grossière qu'elle paraît un défi à toute humanité. La « bonne pension », c'était de la bouillie de betteraves; le bon salaire, c'était sept sous et demi par jour; les bons traitements, c'était le camp de concentration d'où l'on ne pouvait envoyer que des cartes postales insignifiantes. En somme, ce régime, c'était celui des prisonniers de guerre imposé à des civils. Une fois de plus, l'Allemagne foulait aux pieds le droit des gens.

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