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DANS LES PUINES DU CHATEAU DE COUCY

(Photo Meurisse.)

Les troupes britanniques s'élancèrent à la poursuite des Barbares.

Du même élan, nos trois armées commandées par le général Franchet d'Esperey allèrent occuper les ruines de Roye, de Lassigny, de Noyon.

Bientôt, entre l'Oise et Soissons tout l'espace fut à nous. Chaque jour, la France apprenait la libération d'une de ses villes.

Rivalisant d'ardeur avec nous, les troupes britanniques délivraient Bapaume, Péronne, Chaulnes, Nesles, avec soixante-trois villages.

Pour le 27 mars, elles étaient arrivées près de Cambrai, près de Saint-Quentin. De notre côté, nous approchions, nous aussi, de Saint-Quentin. Et, par le Nord-Est,

nous marchions vers La Fère, vers Saint-Gobain. Après avoir franchi l'Ailette et livré de violents combats, nous occupions la basse forêt de Goucy.

A Coucy, un spectacle inouï nous était réservé. L'ennemi avait essayé de faire périr les ruines grandioses du vieux donjon. 11 aurait voulu abolir complètement une des plus fières images de la vieille France.

Notre grande offensive de mars et d'avril 1917.

A mesure que les Alliés approchaient de la grande ligne Hindenburg, les combats devenaient plus nombreux et plus sanglants.

Pour jeter le trouble chez nous, l'ennemi eut recours à l'un de ses procédés habituels. Il bombarda Reims, maison par maison, usine par usine, et s'acharna sur la Cathédrale, le Parthénon chrétien.

Au nord de Reims, près de Berry-au-Bac, à Sapigneul, le 4 avril, il lança une forte attaque qu'il annonça immédiatement comme un éclatant succès.

En même temps et avec le même éclat, il annonçait un succès sur le front russe : la prise d'une tète de pont, sur le Stokhod, à Toboly.

A de tels défis, les Alliés, conscients de leurs forces nouvelles, décidèrent de répondre de la bonne façon : par une offensive d'ensemble sur tous les fronts.

Bien entendu, cette oflensive devait être particulièrement énergique sur le front français, lequel, dans la Guerre du Droit, est toujours resté le front principal, c'està-dire, suivant l'expression du général Foch, « le front décisif».

D'ailleurs, l'offensive générale avait été décidée à la fin de l'année précédente, dans une conférence tenue à Chantilly sous la présidence du général Joilre, et à laquelle assistaient les généraux Douglas Haig et Robertson, ainsi que les représentants des autres armées alliées. Tous s'étaient mis d'accord sur les points capitaux. L'année 191 7 devrait être l'année de la paix glorieuse. Pour faire tomber les armes des mains allemandes, il était nécessaire de substituer à la méthode « de la Somme », trop lente et plus tactique que stratégique, une offensive à longue portée, tendant non pas seulement au recul, mais à la retraite de l'ennemi.

A nos commandants de groupes d'armées, le général Joflre avait adressé, le il novembre 1916, une lettre où il leur indiquait le vaste plan auquel ils collaboreraient :

« J'ai décidé de poursuivre la recherche de la rupture du dispositif ennemi par une offensive d'ensemble exécutée entre la Somme et l'Oise, dans le même temps que les armées britanniques exécuteront une opération semblable entre Bapaume et Vimy. Cette oflensive sera tenue prête pour le Ier février 1917. La date exacte en sera fixée d'après la situation militaire générale des Alliés. Le G. A. C. (groupe d'armées du Centre)(i) participera à l'offensive projetée par une opération exécutée sur le front de la Ve armée. Cette opération aura pour but, soit de coopérer à l'exploitation d'un succès complet des armées du G. A. N. (groupe d'armées du Nord), soit de chercher, elle-mêmela rupture du dispositif ennemi, dans lecasoù cesmêmesarmées, après des succès marqués, se trouveraient immobilisées ou ralenties par l'ennemi. Elle profitera, dans les deux cas, de l'amoindrissement des forces adverses résultant des prélèvements de toutes armes et de munitions que l'ennemi devra faire sur son

(1) La V« armée tenait alors le front de Soissons à la Pompclle, à l'est de Reims.

front, comme en 1916, poui faire face aux attaques du G. A. N. et des armées britanniques. L'opération de la Ve armée sera donc postérieure d'au moins quinze jours à celle duG. A. N. Il est évidemment désirable, pour améliorer sa préparation, que l'exécution n'ait pas lieu à une date très rapprochée Mais la situation générale pouvant amener le G. A. N. à attaquer le ier février, la Ve armée doit envisager l'éventualité d'entrer en opérations à partir du 20 lévrier; elle doit activer en conséquence l'exécution des travaux de toute nature. »

Le 16 décembre 1916, le ginéral Nivelle, qui avait remplacé le général Joffre au commandement suprême, envoyait aux mêmes commandants une lettre conçue dans le même esprit :

« Les attaques doivent être effectuées sur un front aussi large que possible, afin d'enlever a l'ennemi la possibilité de concentrer ses feux et de contrarier le jeu

VIMY. — GROUPE D ALLEMANDS SORTANT DES TRANCHEES POt'R SE CONSTITUER PRISONNIERS.

iPhoto Roi.)

des éléments réservés. La continuité du front d'attaque doit toujours être réalisée en ce qui concerne la préparation d'artillerie. Les attaques viseront l'enlèvement de la ligie d'artillerie ennemie, afin de désorganiser la défense par la prise de ses canons. A cet effet, l'artillerie, contre-batterie et destruction, dévia être poussée le plus avant possible et effectuer la préparation non pas seulement sur la première position ennemie, mais sur toutes les positions sur lesquelles elle peut agir. Les attaques à conduire au cours des opérations se succéderont dans le plus bref délai. »

Dans l'armée française, on se rappelait avec quelle maîtrise le générai Nivelle avait contenu l'offensive allemande, près de Crouy, en 1910, et dirigé notre contreoffensive, près de Verdun, en 19 16.

L'action commença, à l'est d'Arras, le 9 avril, à 6 heures du matin.

C'était le lundi de Pâques. Tout d'abord nos alliés britanniques, après un tir d'artillerie et des combats d'avions où se manifestait sans conteste une double supériorité, attaquèrent depuis Hénin jusqu'à Givenchy, sur un front de vingt kilomètres. Leur élan superbe les rendit, dès le premier jour, maîtres des lignes ennemies, sur une profondeur variant de trois à six kilomètres.

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\)e cette victoire, les Canadiens avaient leur large part. Ils s'étaient emparés de la crête de Virav, qui constituait le meilleur point d'appui pour la ligne Hindenburg à son cxiiémité nord. Etablis là si vaillamment, ils refoulèrent les retours ollensils d'un ennemi qui n'épargnait rien pour reprendre une position si importante.

Les jours suivants, les troupes britanniques continuèrent avec ardeur leur avance qui débutait si magnifiquement. Au même moment, elles réalisaient aussi de très beaux progrès vers Saint-Quentin.

Pour le i3 avril, elles avaient capturé i3ooo hommes, 166 canons, 2:0 mitrailleuses, 84 mortiers de tranchées.

Le 14, elles s'emparèrent de Liévin et poursuivirent leur marche vers Lens. Le lendemain, elles durent soutenir une contre-attaque singulièrement puissante par l'armement et le nombre. Près de la route de Bapaume h Cambrai, vers le soir edes viient le champ de bataille couvert de morts allemands, 1000 au moins, et firent boo prisonniers.

Ce lut alors aux troupes françaises de prendre l'offensive. D'après le plan concerté entre les Allies, le général Nivelle donna le signal de l'attaque, le lundi iGavril, a 6 heures du matin. Entre Soissons et Reims, après une préparation d'artillerie qu'il jugea suffisante, l'assaut commença sur un llont de 40 kilomètres.

Préparation de l'attaque.

L'ordre de bataille énumèie ainsi les corps d'armée et divisions :

Groupe D'armées de réserve : général Michèler. — Le Année : général Ma-el. 1e1 corps d'aï mée, général Muteau : i,e division d infanterie, général Grégoire ; 2e 1). 1 , général Guignabaudet; 5ie D. L, général Boulangé; 162e D. L, génélal Rauscher. 5e corps d'armée, général Baucheron de Boissoudy : 9e 1). L. général Gade ; ioeD. L, général Vaillant; i2ÔeD. L, général Diebald; 7e co 1 psd armée, général de Bazelaire : 14e D. L, général Philipot ; 37e D. L, général Gai nier-Duplessis ; 41e D. L, général Mignot. 9e corps d'armée, sous les ordres du général Niessel : 17e D. L, général Lancienon; 18e D. L, général Dillemann; ib2e D. L, général Ar.drieu. 32e corps d'armée, général Passaga : 40e D. L, général Bernard ; 42e D. L, général Deville ; 69e D. L, général Monroë, dit Roë; 1 55e D. L 38e corps d'armée général Piarron de Mondésir : i5te D. L, général Lanquetot ; (36e D. L, général Lacapelle ;Sge D. L, général Baquet; 6e D. L, général Mesple.

VIe Armée : général Mangin. — ier corps d'armée colonial, général Berdoulat : 2e division d'infanterie coloniale, général Sadorge ; 3e D. I. C, général Puyperoux. 2e corps d'armée coloniale, général Blondat : 10e D. I. C, général Marchand; 1 5e D. I. C, général Guérin ; 38eD. L, général de Salins. 6e corps d'armée, général de Mitry : 12e D. L, général Brissaud-Desmaillet ; 56e D. L, général Hellot ; 127e D. L, général d'Anselme ; 166e D. L, général Cabaud. 1 ie corps d'armée, génélal deMaud'huy : 2ieD. L, général Dauvin; 22° D. L, général Bouvsson ; 1 33e D. L, général Valentin ; 168e D. L, général Magnan. 20e corps d'armée, général Mazillier : 1 ie D. L, général Vuillemot ; 3ge D. L, général Massenet ; 1 53e D. L, général Pelle. 97e division de tanks, général Lejaille ; 5e division de cavalerie, général Biecard; 1 58e division d'infanterie, général Priou.

Xe Armée : général Duchêne. — 2ecorps d'armée, général de Cadoudal : 3e division d'infanterie, général deBourgon 54e D. L, général Pentel ; 46e D. L, généralGratier. 3e corps d'armée, général Lebrun: 58 D. L, général de Roig- Bourde ville; 6e D. L, général de Barescut ; 47e D. L, général de Pouydraguin. 18e corps d'armée, général

I914. — !.A GUERRE Dt DROIT.

Hirschauer : 33e D. I., général Bonet ;36e D. I., général Paquette ; io|e D. I., général Breton. ier corps de cavalerie, général Feraud : indivision de cavalerie, général Robillot ; 3" D. G., général de Boissieu. 2e corps de cavalerie, général de Buyer, 2" D. C, général Varin ; 4e D. C, général Prax.

À ces divisions offensives du G. A. R. (groupe d'armées de réserve), s'ajoutaient les 17 divisions de la IVe armée, sous les ordres du général Anthoine, laissées sous le commandement supérieur du général Pétain, chef du G. A. C. (groupe d'armées du Centre).

IVe Armée, général Anlhoine. — 8e corpsd'armée, général Hély d'Oissel: 16e D. I., général Le Gallais ; 34" D. I., général de Lobit ; i28"D. I., général Riberpray;

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