CPAONNE AVANT L OCCUPATION ALLEMANDE
(Photo Mcurisse.)
169e D. I., général Sérant. 10e corps d'armée, général Vandenberg: 19e D. I., général Gamelin ; 20e D. I., général Hennocque; i3 ie D. I., général Brulard. 128 corps d'armée, général Nourrisson : 2 3e D. I., général Bonfait ; 24e D. I., général Mordacq; 60e D. I., général Patey. 17e corps d'armée, général Dumas : 33e D. I., général Bon • 45e D. I., général Naulin; général Dégoutte D. I., général Arbanère; 74e D. I., général de Lardemelle ; 55e D. I., général Mangin ; 1 32e D. I., général Huguenot.
Jamais offensive n'avait inspiré de si larges et si ardentes espérances à la France. Une confiance sans réserve entraînait l'armée. Des officiers aux soldats, circulait un souffle de foi héroïque. La victoire semblait déjà étinceler dans tous les yeux. Plus d'un officier, pourtant très expérimenté, voire d'ordinaire un peu sceptique, renvoyait à sa famille sa malle, avec ces menus objets qui sont les grands souvenirs de la guerre. Que pensa la famille en ouvrant la malle? Étaient-ce donc les souvenirs d'un mort? Nullement. Si l'officier avait renvoyé sa malle, c'était parce qu'elle l'eût gêné dans la prodigieuse marche en avant où il s'engageait d'un pas si alerte et d'un cœur si allègre. Où comptait-il donc aller ainsi, « la valise à la main », selon le mot qui, avec un sourire, passait de bouche en bouche? Où? Il ne le savait
bn
pas Mais il était sûr que c'était a la victoire. La Meuse d'abord, la Moselle ensuite, le Rhin toujours.
Sans doute, dans certaines âmes, il y avait parfois quelque moment, sinon d'angoisse, du moins de doute. A la veille de l'offensive, celui qui écrit ces lignes, monté en avion avec un de nos meilleurs officiers, l'entendait lui crier à l'oreille : ■ — « Vous allez donc rentrer à Laon, rentrer à Coucy-le-Chàteau, rentrer à Saint-Amand. Qu'est-ce que vous nous écrirez de nouveau là-dessus,c demain ? » En vérité, Laon était bien près de nos lignes. Mais entre Laon et nos lignes, on dis-