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SAUCISSES SUR LE FPONT

(Section photographique de l'Armée.)

I y I 4 - — LA GUERIK HU DROtt.

avens des arbres. Mais ce sont des planches qu'il nous faut. Des planches, et surtout des clous. — Quels clous? — Des clous de toutes les dimensions, de toutes les lormes. Des clous encore, toujours des clous. Quand nos soldats mettront la main sur une statue d'Hindenburg, ils savent ce qu'ils doivent en faire : la déclouer au profit de nos ambulances ».

En face des saucisses françaises, on distingue les saucisses allemandes. Entre les unes et les autres passent des avions autour desquels naît soudain la floraison cotonneuse des obus qui explosent. Les avions allemands cherchent sans cesse à laire quelque mauvais coup toujours plus imprévu et toujouis plus lâche. Dans nosambulances, sur la blancheur des plus grandes ttntes, on a peint de grandes croix rouges. Mieux encore : une croix rouge se dessine, immense, à même le sol. « — Avec quoi l'avez-vous peinte? demandons-nous à un des médecins. — Avec de la brique écrasée. Elle est visible à des centaines de mètres. Pas d'erreur possible pour les avions allemands Ces croix rouges sauteront aux yeux des aviateurs. De plus, apparaissant si nettement sur les photographies que les aviateurs prennent, elles nous préserveront de tout bombardement ».

Candeur de l'esprit lrançais prêtant toujours aux ennemis ta loyauté chevaleresque.

Voici la réponse allemande. « Le 25 juillet 19 17, un taube, vers cinq heures du matin, survola nos ambulances du iront, descendit à deux cents mètres au-dessus de l'une d'elles et lança quatre bombes qui atteignirent les bâtiments que les croix rouges désignaient. Sur le coup, furent tués un médecin, un phaimacien et un infirmier. Un second médecin mourut de ses blessures; un troisième médecin, un officier d'administration et six soldats hospitalisés furent blessés grièvement. » En lisant ces lignes, nous croyions entendre la voix du médecin nous disant : « Peinte avec de la brique rouge écrasée, cette croix reste visible à des centaines de mètres. Pas d'erreur possible ». Et, en vérité, il n'y eut pas d'erreur.

Devant nous, un détachement retourne vers le front. Malgré la chaleur accablante, les hommes ne plient pas sous le rude poids de leur sac, de leurs provisions, de leurs outils, de leurs armes. Leur pas reste alerte et régulier. Ce sont de bons et beaux soldats. Ils passent en silence. A quoi bon ajouter aux innombrables travaux de la guerre la fatigue des paroles vaines ? Dans leurs regards ùxes et pensifs, il y a une résolution qui dit tout.

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