SAUCISSES RAMENÉES A LEUR EMPLACEMENT DE DÉFENSE
(Section photographique de l'Armée.)
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Nouvelle offensive française devant Verdun.
Le 20 août Pétain prit à son tour l'ofiensive. Pour la bataille qu'engagea alors l'arméede Verdun, sous les ordres du général Guillaumat, notre haut commandement avait, de la façon ,1a plus précise, déterminé notre objectif. « Enlever à l'ennemi les derniers observatoires qui lui restent devant Verdun : sur la rive gauche de la Meuse, le Mort-Homme et la cote 3o i; sur la rive droite, la cote du Talou et la
l'armée des camions.
(Section photographique de l'Armée.)
coce 344. » A cet objectif si nettement limité, s'ajoutait l'objectif des objectifs, lequel avait pour formule le mot d'un de nos généraux les plus aimés : « i° tuer du Boche ; 20 tuer du Boche; 3° tuer du Boche ».
Tout de suite, la route qui va de Bar à Verdun par Souilly reprit son activité des jours héroïques. Cette route était devenue, suivant l'expression de Lloyd George, « un des protagonistes de la divine tragédie ». Des camions, blancs de poussière, s'y suivant sans interruption, transportaient nos troupes.
Parfois, la chaleur étant accablante, dans la voiture, nos hommes passent les mains par les interstices de la bâche pour sentir un peu de fraicheur. Ils semblent ainsi saluer au passage la terre de Lorraine pour laquelle ils risquent leur vie.
Ceux d'entre eux qui se trouvent à l'arrière de la voiture rient aux agriculteurs qui, tout près du champ de bataille, accomplissent, eux aussi, leur tâche, sans défaillance, et amorcent le sillon de la charrue à l'entonnoir de l'obus.
X 9 ' 4- — LA GUERRE DU DROIT. goÇ)
Ces hommes qui vont au combat montrent un calme et parfois une gaieté que jamais on ne glorifiera assez En voici un qui, le torse moulé dans un chandail, s'assied sur le marchepied ; un autre qui, lentement, tire un beau couteau neuf de sa gaine; un autre qui' caresse un joli melon doré qu'on lui a donné au dernier village. Arrêt d'une minute pour les camions. Nous revoyons assis sur son marchepied, l'homme au chandail : il croise noblement ses bras nus comme un lutteur de cirque. Nous revoyons l'homme au couteau : il en essaie le tranchant sur son ongle. Nous revoyons l'homme au melon : il le divise, avec le couteau du voisin, en tranches juteuses qu'il distribue paternellement autour de lui. Soudain, les yeux se