UN COIN DU VILLAGE
(Section photographique de l'Armée.)
d'Alsace nous cite ce mot d'un soldat français, blessé près du bois des Caurières, le 6 octobre : « Jamais nous n'avons vu tant de cadavres allemands. Tous habillés de neuf et presque tous avec des visages d'enfants. Cela nous faisait pitié. » Et ce blessé français qui nous parlait ainsi souffrait cruellement de sa main droite à demi broyée!
Bientôt, les troupes françaises reprirent leur offensive sur l'Aisne. L'armée du général Maistre reçut l'ordre d'occuper le reste du Chemin des Dames,
q3o I9I4. — LA GUERRE DU DROIT.
Là, près de la Malmaison et d'Allemant, l'ennemi avait organisé des défenses de tout genre et surtout des souterrains qu'il pouvait croire inexpugnables. Notre nouvelle artillerie, qui comprenait des canons de 400, bombarda longuement toutes ces positions.
Averti par un tel bombardement, l'ennemi avait fait venir ses meilleures réserves. Cependant notre infanterie, s'élançant à l'assaut, le 23 octobre, à six heures un quart du matin, enleva les carrières Fruty et Bohéry, enleva le fort de la Malmaison, enleva les carrières Montparnasse, enleva Alternant et Vaudesson, puis, comme couronnement de ce magnifique effort, occupa le village de Chavignon, sur la route de Soissons à Laon, centre des positions allemandes.
C'était une admirable avance, profonde de trois kilomètres et demi.