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LES ALLEMANDS DANS RIO

(Pholo Trampus )

Les Allemands percent le front italien. — Les Alliés le restaurent.

Après avoir supprime le front russe, l'Allemagne pensa supprimer le front italien.

Tout d'abord, elle employa tous les moyens pour démoraliser la nation. Ses innombrables agents qui restaient en Italie agissaient, à !a fois, près des socialistes en leur affirmant que, par une paix séparée, ils assureraient le triomphe de leur doctrine, et près des catholiques, en leur promettant le rétablissement du pouvoir temporel du pape et en leur rappelant la récente note de Benoît XV où on lisait les mots : « Massacres inutiles! Les gouvernements doivent arriver à une paix juste. »

Quatre délégués du Soviet prêchèrent la paix allemande dans les grandes villes. Leur propagande, exploitant habilement « la crise des vivres », soulevait, à Turin, des émeutes où la foule se servait des mitrailleuses contre les soldats. Parmi les soldats, les propagandistes au service de l'Allemagne distribuaient des manifestes illustrés qui représentaient l'Italie comme « une colonie anglaise » et qui annonçaient que partout, la police au service de [Angleterre tirait sur le peuple. Ajoutons que l'armée italienne était entrée en campagne avec 1 3 000 officiers, au lieu de i3oooo qu'elle aurait dû avoir, et que le plus grand nombre de ses soldats ne savaient pas lire.

« Vive la paix de la sociale-démocratie ! »

« Vive la paix du.pape ! » Tels étaient les cris que faisaient pousser, même sur le front, les agents allemands qui avaient su se mêler aux troupes italiennes.

En même temps, le Haut Commandement allemand préparait, contre l'Italie, une offensive qui rappela, dans ses grandes lignes, l'offensive de 1915 contre la Russie, sur la Dunajcc.

Jusqu'alors, les a mées autrichiennes n'avaient compté, sur le front italien, que 40 divisions à dix bataillons. Ludendorff y accumula 54 divisions à quinze bataillons, parmi lesquelles quelques-unes des meilleures divisions allemandes.

Un détachement du grand état-majorallemand, chargé de diriger les opérations, avait pris toutes les précautions pour que l'adversaire ignorât l'endroit et surtout la puissance de l'attaque.

Le généralissime de l'armée italienne, Cadorna, pas plus que le roi d'Italie, n'en avait une idée exacte.

Le roi d'Italie vint, dans la seconde quinzaine d'octobre, faire visite au front

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