AVANCE ALLEMANDE EN RUSSIE
germanisme (i). A la Lithuanie, Ludendorff donnait comme prince un Hohenzollern. De la Courlande, il taisait un duché dont il offrait la souveraineté à Guillaume IL
Devant des résolutions si arrêtées, Trotzky se rendit à merci.
L'Allemagne avait avancé d'un bond jusqu'à une ligne jalonnée par Narva, Pskov, Polotzk, Orcha, Mohilev. Elle recueillait un énorme butin de guerre et constituait « un solide cordon sanitaire contre le bolchevisme ».
Comme les révolutionnaires russes essayaient de lever une armée en Lithuanie, Ludendorff impitoyablement les dispersa. Il se précipita ensuite en Géorgie où il
(i) Tel était d'ailicurs le projet de Ludendorff en Alsace-Lorraine. Tous les biens appartenant à des Français ou à des amis de la France auraient passé à des Allemands loyaux, particulièrement à d.'s «uldats-v'o'ons. Avant tout, on aurait germanisé à fond le clergé et les fonctionnaires,
qt0 I Q 1 4. LA GUERRE HU DROIT.
mit b main sur les pétroles, à la grande indignation des Turcs. Fnfin, pour empêcher les Cosaques du Don de iaire cause commune avec l'Entente, il leur promit toutes sortes de libertés, à la grande indignation du gouvernement de Berlin.
Les bolchevistes, qui avaient transporté à Moscou le siège de leur gouvernement, signèrent tout ce que voulut Ludendorff, en disant que cette paix était « déshonorante ». Et jamais ils n'avaient dit si juste.
Une délégation bolcheviste reçue à Berlin apporta, au nom des Soviets, une promesse de soumission, avec la liste officielle des pertes subies par la Russie : un million de morts, quatre millions de blessés, 2 700000 prisonniers.
Guillaume II déclara, devant la cathédrale d'Aix-la Chapelle : « Nous avons ouvert l'Orient. Nous voyons arriver les premiers trains de denrées alimentaires. Nous avons capturé une Hotte de commerce pesamment chargée. Nous rendons possible de nouveau le trafic sur la mer Noire. Tout va bien ». Ce fut son dernier discours applaudi.
Le prodigieux effort allemand. — Première ruée. Le 21 Mars, la Ve armée britannique bat en retraite.
L'ennemi, par sa propagande de plus en plus active, s'efforçait de répandre chez les Alliés un incurable découragement. Il lit répéter sans cesse aux Français : « Vous vous battiez pour soutenir la Russie. Maintenant que la Russie a signé la paix, pourquoi continuez-vous la guerre ? »
Les principaux représentants politiques des Alliés répondirent par d'intrépides et loyales déclarations.
Lloyd George, devant les Trade-Unions, disait: « La Grande-Bretagne luttera jusqu'au bout, pour obtenir une paix durable. Elle soutiendra jusqu'à la mort les légitimes revendications de la France au sujet de l'Alsace-Lorraine. L'Allemagne, qui n'admet pas l'idée de terminer la guerre sans conquêtes, nous rappelle à tous le plus sacré des devoirs. »
Le président Wilson, comprenant bien que, si les États-Unis renonçaient à la lutte, ils seraient à jamais déshonorés, parla dans le même sens et presque dans les mêmes termes que Lloyd George.
Quant à M. Clemenceau, qui certes aurait pu, dans son cœur de patriote éprouvé, trouver les plus émouvantes paroles, il estimait que, ayant dit, une lois pour toutes : « Faire la guerre jusqu'à la victoire », il avait tout dit. Au lieu de parler, il agissait.
Le moment approchait du grand coup allemand. L'ennemi avait réuni 192 divisions. Il en attendait encore une vingtaine, pour une date très rapprochée, et venait d'incorporer, dans les divisions du front franco-britannique, tous les hommes jeunes des rares unités maintenues du côté de la Roumanie. Le 21 mars, premier jour du printemps, il se rua contre les troupes britanniques établies sur la Scarpe, près d'Arras, jusqu'à l'Oise, près de La Fère, c'est-à-dire sur un espace de 79 kilomètres.
C'était là que son coup devait produire le plus d'effet, puisque c'était l'endroit où les troupes britanniques se reliaient aux troupes françaises. S'il parvenait à écraser cette charnière par le bélier de ses effectifs, à déborder leur centre et leur droite, à couper leurs communications avec les troupes françaises établies près d'Amiens, il était certain de les achever à sa guise pour retomber soudain sur les troupes françaises de tout son poids irrésistible. En même temps, pour nous égarer et nous épuiser, il lançait de violentes attaques en Lorraine, près de Verdun, en Champagne.
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