L A G V E R R E DU U R O IT
Ses divisions d'assaut et de réserve avaient été tenues cachées entre Maubcuge, Hirson et Alézières, de même que, aux premiers jours de la guerre, ses troupes d'invasion avaient été accumulées dans l'ombre épaisse des Ardennes belges.
Convergeant vers Amiens, trois formidables armées allemandes, disposées en profondeur, s'avancèrent, de l'est à l'ouest, contre les Britanniques, avec l'appui d'une artillerie toute neuve et prodigieusement approvisionnée.
C'étaient : au nord, lancée de Cambrai vers Bapaume, l'armée de von Below; au centre, lancée de la ligne Cambrai-Saint-Quentin vers Péronne, l'armée de von Marwitz; au sud, lancée de la ligne Saint-Quentin-La Fère vers la ligne Noyon- Amiens, l'armée de von Hutier.
Toutes ces armées obéissaient au commandement de Hindenburg. Mais Hindenburg en laissait la direction à Ludendorff que toute l'Allemagne considérait comme le stratège infaillible.
L'armée de von Below et l'armée de von Marwitz étaient placées sous les ordres du prince héritier de Bavière. L'armée de vor Hutier, la plus nombreuse des trois et que renforçaient encore les réserves du Kronprinz, était placée sous les ordres du Kronprinz lui-même.
Les officiers allemands rappelaient sans cesseà leurs soldatsque le général Otto von Below était le vainqueur de l'Italie à Caporetto, et que le général von Hutier était le vainqueur de la Russie à Riga.
Cette bataille, selon les indications de Ludendorff, devait s'engager ainsi : marches de nuit, en petits paquets, par les petits chemins et les endroits couverts; préparation d'artillerie très courte, contrairement à la méthode française, mais avec un très grand nombre d'obus toxiques; barrage d'artillerie très souple, contrairement à la méthode du barrage rigide pratiquée par les Britanniques; assauts continués, sans souci des pertes ; pluie de fer continuelle, lancée par les fusils et les mitrailleuses légères, à 2000 mètres.
Pour accentuer encore le caractère décisif de cette bataille, Guillaume II y assistait, à côté du kronprinz, qui répétait à ses troupes : « Les cloches de Pâques sonneront la paix » (1).
La bataille de l'Empereur (Kaiserschlacht) était, en somme, un assaut monstrueux, préparé par un entassement inouï de troupes longuement exercées. Assaut continuellement renouvelé par d'énormes vagues, que d'autres vagues encore plus