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INFANTERIE FRANÇAISE DEFILANT D\NS LES RUINES DE CHAUNY

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Il confia les routes de Paris à l'armée commandée par Humbert, les routes d'Amiens à l'armée commandée par Debeney, et se chargea de maintenir la liaison de ces deux armées dans la région de Montdidier.

La ruée du Kronprinz était contenue. La soudure entre les forces françaises et les forces britanniques était refaite. Un nouveau miracle de vaillance, d'audace, de dénouement et de loi venait de s'accomplir.

A ce moment-là, nous avons eu l'honneur de saluer le chef des armées françaises qui arrêtaient la « réinvasion ».

Le choix de ce chef, si expérimenté et si ferme, plaisait à tous nos soldats. Ancien élève de l'Ecole polytechnique, ancien professeur à l'Ecole de Guerre, n'étaitil pas lui-môme soldat dans l'àme ? Quand éclata la Guerre du Droit, Fayolle venait d'avoir sa retraite comme général de brigade. Il reprit du service. On lui confia le commandement de la 70° division d'infanterie, composée en majeure partie de Lorrains et de Parisiens, qui formait la réserve du 20e corps et combattit avec le 20e corps au Grand-Couronné de Nancy. La 70e division lut ensuite transportée avec le 20e corps dans l'Artois. C'était alors la course à la mer. Alors, pendant quinze jours, Fayolle airéta un ennemi trois lois plus nombreux. Ses vertus militaires furent

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dignement appréciées par Joffre, qui lui remit la troisième étoile et la cravate de commandeur. La 70e division combattit à Carency et à Ablain-Saint-Nazaire, dans l'attaque que dirigeait Pétain. Fayolle qui avait, une fois de plus, mené sa division à la victoire, remplaça, à la tête du 33e corps, Pétain nommé commandant d'armée. Après avoir commandé ce corps dans l'offensive de septembre 191 5, en Artois, il avait été placé à la tête de la VIe armée. En cette qualité, il avait, en août 1916, remporté, sur la Somme, des succès aussi solides que brillants. En 1917, il avait commandé le groupe du centre dans l'armée du général Guillaumat, qui achevait de dégager Verdun. ,Puis, envoyé en Italie après la retraite de nos alliés, il avait rétabli leur front à force d'énergie, de méthode et de tact. Enfin, en Picardie, avec des troupes si inférieures en nombre, il parvenait, suivant son expression, à boucher la trouée de l'Oise.

Dans la ville de Clermont-Ferrand où il fut élevé, deux statues lui ont donné, depuis son enfance, la plus haute leçon d'histoire militaire : la statue de Vercingétorix et la statue de Desaix. La statue de Vercingétorix est celle d'un héroïque vaincu, mais d'un vaincu. Chef d'un peuple sans unité, Vercingétorix le grand Arverne, après des prouesses superbes, a été contraint de jeter aux pieds de César ses armes impuissantes. Desaix, au contraire, est un vainqueur. Quand Desaix est arrivé sur le champ de bataille de Marengo, on lui a dit : « La bataille est perdue. » Il a tiré sa montre et a répondu : « Nous avens le temps d'en gagner une autre ». Fayolle regardait l'heure à la montre de Desaix.

Le défaut du plan de Ludendorff.

Le principe de l'attaque par masses continues avait été tout de suite admis au Grand Quartier général allemand. Pour Ludendorff, il n'y avait eu d'hésitations que sur le choix du secteur où faire porter cette attaque.

Trois secteurs le tentaient : les deux rives de la Meuse, au-dessous de Verdun : la région d'Arras-Saint-Quentin, prolongée vers La Fère ; la région Vpres-Arras.

La région de la Meuse a des hauteurs difficiles à franchir, mais faciles à détendre, et un retour otïensif des Français y est toujours possible. La région Ypres-Arras a un terrain plus commode. Et quels avantages aurait conférés la prise de Calais et de Boulogne : le front réduit, la Grande-Bretagne menacée de près, le Pas-de-Calais à demi conquis, la Belgique anéantie entièrement! Mais quels mauvais terrains, et où on ne peut manœuvrer qu'après le soleil d'avril!

Restait le secteur Arras-Saint-Quentin. On peut y manœuvrer en toute saison, et il était assez mal gardé. Son défaut, c'était de mener à des champs défoncés par les bombardements delà Somme. Mais ne menait-il pasaussi, à condition qu'on infléchît la marche vers l'ouest, à la soudure des forces britanniques avec les forces françaises, et à la ville d'Amiens d'où l'on pouvait rejeter les forces britanniques à lamer?

A cette opération sans précédent, Ludendorff employa plus de la moitié de l'armée allemande. Il en lança la plus grande partie vers un front allant du sud de Saint-Quentin à Arras. Quant au reste, il le faisait partir de La Fère vers Chauny et Noyon, à mesure de l'avance. Il comptait élargir plus tard la plaie ainsi produite, en mordant sur le terrain conservé par les Alliés au sudd'Arras et au sud de l'Oise, vers Coucy.

Attaque vraiment superbe, démesurée et surhumaine, mais attaque unique. Quoi! Ludendoril disposait de plus de deux cents divisions, et il jouait leur sort sur un seul dé !

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Et pourtant, c'était le même homme qui avait si souvent répété que l'art de la guerre consistait,' avant tout, à procéder toujours au moins par deux attaques et même par trois. C'était le même homme qui, en Russie, avait démontré avec tant d'éclat la vérité de cette doctrine militaire.

Aveuglé par l'orgueil prussien, négligeant les bienfaits de la doctrine et de l'expérience, il se fiait à la complicité du hasard, à la protection du Vieux Dieu impérial.

Les Journées terribles.

Enfin le commandement unique est constitué sur le front français.

On s'est demandé pourquoi nos réserves arrivèrent si tard pour protéger les routes de Paris.

Assurément, ni le nombre ni l'armement ne leur faisaient défaut. Mais elles avaient dû être placées en des endroits très éloignés les uns des autres, derrière le front. Il fallait bien qu'elles fussent prêtes à intervenir, au moment et à l'endroit où' l'ennemi attaquerait. Or, la courbe du front nous mettait dans un état d'infériorité. L'ennemi, qui se trouvait à l'intérieur de cette courbe, pouvait envoyer beaucoup plus rapidement ses réserves, soit en Picardie, soit dans le Laonnais, soit en Champagne. De 15, le retard de l'armée du général Humbert et surtout le retard de l'armée du général Debeney. Celui des deux adversaires qui attend l'attaque est obligé de

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(Section photographique de l'Armée.)

disperser ses forces. Il a donc toujours grand'peine à les porter soudain au lieu le plus menacé.

Devant Amiens, en mars 1918, comme devant Verdun, en mars 1916, l'organisation de nos camions rendit de grands services. La vaillance de nos troupes compléta tout.

On peut dire que, en certains points, l'impossible a été réalisé. Comment, sous le feu de l'ennemi, avons-nous pu rétablir la liaison avec une armée qui se repliait

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