‹ 2. édChapitre 12 sur 70 · Hippcau, V Instruction publique aux Etats-Unis · texte numérisé non relu

Hippcau, V Instruction publique aux Etats-Unis

de la construction se contrarient, se gênent et s'étouffent.

Mais faut-il, séduits par les modèles que nous trouvons à l'étranger, renoncera améliorer nos établissements actuels, là où la chose est possible, et ne plus songer qu'à les transférer hors des villes?

Si nous devions y reproduire ces types, renouveler ces agglomérations d'enfants, même aux champs, nous aurions peu gagné, car on aurait réussi à leur faire un foyer d'air presque aussi impur que celui des villes, jusqu'au milieu de l'air pur de la campagne.

A force de simplifier un problème, on se donne le facile plaisir de le résoudre sans peine. Mais les difficultés que l'on écarte n'existent-elles plus?

Éléments du problème et de sa solution en France. —

Si l'hygiène était la seule préoccupation des familles, si la pension n'était qu'une maison de santé, où l'on n'eût d'autre but que d'endurcir la jeunesse, cette translation du pensionnat dans les campagnes résoudrait la question et n'aurait que des avantages. Mais il est dans la destinée de l'hygiène de n'entrer que pour une part, quelque importante qu'on la suppose, dans les arrangements complexes de la vie, et ce n'est pas une des moindres difficultés que rencontre l'hygiéniste que d'avoir, ici comme ailleurs, à concilier les exigences de la santé avec les nécessités sociales. Or, si l'hygiène doit placer la santé et la force au-dessus de toute autre considération, parce qu'elles sont les conditions sans lesquelles il n'y a ni éducation possible ni travail fructueux, elle ne peut* cependaut omettre de tenir compte des difficultés du système proposé *.

1. 11 est incontestable que les hôpitaux seraient plus salubres s'ils étaient dans la campagne, au lieu d'être situés dans les grandes villes ; mais il sera toujours impossible de les éloigner des malades, autant que l'hygiène le demanderait.

Si l'internat est éloigné des villes, à moins que Ton ne compte créer des cités scolastiques, comme cela existe en Allemagne, les professeurs devront chaque jour se rendre à de longues distances, ou demeurer, comme en Angleterre, dans le collège, lycée ou pensionnat où ils donnent leurs leçons.

On a beau dire que les écoles, lycées, collèges, sont faits

pour les élèves et non pour les maîtres. Ce serait mal

prendre l'intérêt des élèves que de ne pas tenir compte de

celui des maîtres, et de rendre par là le recrutement des

professeurs difficile, sinon impossible dans des conditions

favorables.

Le premier parti est impraticable. Aucun homme de valeur n'acceptera une pareille perte de temps et une pareille fatigue, fussent- elles compensées par une rémunération élevée.

Quant au second système, ceux qui ont visité les immenses domaines où peuvent s'étendre en liberté, avec toutes leurs dépendances, les collèges anglais, en reconnaissent tous les avantages dans un pays où des dotations princières * permettent de donner à la jeunesse, qui, de

1. Les collèges anglais possèdent d'immenses revenus. Celui de Westminster a un revenu d'un million et demi. La dotation de l'Université d'Oxford (1 300 élèves environ) est de 12 millions; celle de l'Université de Cambridge (1 20U élèves environ), est de 5 millions de francs.

D'après le rapport de la commission royale nommée pour faire le relevé des recettes et dépenses des Universités d'Oxford et de Cambridge, ces deux établissements ne possèdent pas moins de 319 718 acres de terrains en Angleterre et dans le pays de Galles. Leur revenu est, ensemble, de 754405 livres sterling (20860125 fr.), dont 614587 livres sterling (15 375 675 francs) proviennent des revenus du dehors et le surplus du produit même et intérieur de ces Universités.

Et ce ne sont pas là des Universités de l'État !

Quelle puissance réside dans la vraie liberté! quelle confiance elle . ipspire! quelles ressources elle est capable de réunir l ^îlm \&Ytoct\k

son côté, les paye largement *, de pareilles installations, et un pareil bien-être. Ils craignent qu'il ne soit pas de longtemps possible d'espérer chez nous une organisation qui rencontrerait d'ailleurs ici plus d'une objection, si on voulait l'importer dans notre pays.

Enfin est-il permis de compter sans cette tendresse un> peu sentimentale de la famille française, qui réclamerait contre le système anglais ou américain?

On reproche à la famille, en France, de mettre sans y regarder de trop près, l'enfant dans un internat et de s'en séparer pour huit ou dix ans. Mais l'affection paternelle ou maternelle trouve encore à se satisfaire dans les visites si fréquentes du parloir, et dans les sorties régulières du lycéen ou du pensionnaire. Jamais les parloirs n'ont été plus fréquentés, les demandes de visites et de sorties exceptionnelles plus nombreuses et plus pressantes.

L'affection paternelle ou maternelle est en Angleterre moins tendre, moins sentimentale, moins en dehors, plus froide dans son expression; elle reste réfléchie, elle ne cesse pas d'être logique; elle sait s'imposer des privations dont elle a d'avance calculé les résultats. Une famille anglaise envoie ses enfants, sans hésiter et sans mièvres condoléances, dans toutes les parties du monde, pour compléter leur éducation ou pour fonder les éléments de leur avenir. Les collèges anglais, peu nombreux, reçoivent des enfants de toutes les parties du Royaume-Uni et des colonies- Le professeur ou la famille à qui est adressé le jeune homme a la confiance du père. Là on ne l'accorde pas à la

qui fonde et qui dote de pareilles œuvres n'a rien de cette agitation éphémère, bruyante, que quelques-uns décorent de ce nom; aussi ces créations nées dans le calme, en harmonie avec l'esprit public et les mœurs, ont-elles la consécration du temps et l'appui de toute la nation. 1 . Le prix de la pension, dans les grands collèges d'Angleterre, est. de 5000 francs en moyenne : environ 5 fois plus cher que chez nous..

légère, sans contrôle et sans références; mais une fois donnée, aucune vacillation, aucune hésitation ne viennent troubler la quiétude raisonnée des parents. Les visites sont rares, les sorties exceptionnelles, l'affection un peu révérencieuse des enfants ne risque pas d'être compromise dans les rapports de chaque jour : pour les uns et pour les autres, le devoir passe avant toute chose ; il est la meilleure expression d'une affection qui se traduit d'une façon moins émue, mais à coup sûr plus virile que chez nous.

Transporter tous nos internats hors des villes, ne seraitce pas heurter des sentiments dont il est permis de signaler les exigences et de voir jusqu'aux faiblesses, sans en méconnaître le respectable mobile?

Au surplus, une mesure aussi générale est-elle commandée, au moment même où l'hygiène de nos villes tend chaque jour à devenir plus parfaite?

On ne saurait aujourd'hui, sans une grande exagération, dire des villes qu'elles sont « le gouffre de l'espèce humaine », comme les en accusait J.-J. Rousseau. Cependant, il est incontestable que l'air des villes est bien moins pur que celui des campagnes i . On y trouve à profusioû des

1. La mortalité (death-rate) comparée dans la capitale, les grandes, les petites villes et les districts ruraux en Angleterre en 1874, a donné les résultats suivants :

Moyenne de la mortalité à Londres 21,4 pour 1000

— dans les villes principales... 26,9 —

— dans les petites villes 20,2 —

— dans les districts ruraux. .. . 16,2 — (Docteur Playfair, Social science Congress. Glascow, 1874.)

En France, où l'âge moyen des décédés est pour le département de la Seine de 32 ans, pour l'ensemble de la population urbaine, de 34 ans 8 mois, et celui de la population rurale de 37 ans 7 mois, la mortalité est plus* élevée d'un cinquième environ dans les villes que dans les campagnes. (Fonssagrives, Hygiène et assainissement des villes. Baillière, 1874.)

débris organiques de toute nature, d'autant plus nombreux que l'air analysé provient d'un centre d'agglomération plus considérable.

Mais avant de recourir à de radicales transformations, ne faudrait-il pas réclamer d'abord pour les internats une part de cette sollicitude que les administrations municipales et autres manifestent pour tous les services, et l'application de ces lois sanitaires qui ont rendu nos cités si agréables et si salubres?

Les petite collèges. — Déjà une satisfaction partielle, mais importante, a été donnée par la création des internats suburbains, des petits collèges, la plupart installés à peu de distance des grands centres et dans les meilleures conditions d'hygiène.

L'enfance peut trouver là, avec l'enseignement élémentaire qui lui suffit encore, tous les avantages du grand air et des exercices physiques, sans être trop complètement sevrée de la surveillance et des caresses de la famille.

Une fois ces enfants ainsi fortifiés et rendus familiers avec les choses de la nature, introduction à l'étude aussi agréable qu'utile, les internats des villes, améliorés, transformés suivant les exigences de l'hygiène, pourraient sans danger, et en les rapprochant des familles, recevoir ces élèves capables de supporter un travail sérieux, et leur donner, grâce aux richesses scientifiques et littéraires, bibliothèques, musées, collections réunis dans leur voisinage, et grâce aux leçons des maîtres les plus distingués, que l'on ne trouve que là, une solide instruction.

De grandes promenades, des exercices physiques variés, permettraient toujours de conserver, avec des habitudes salutaires à tous égards, la plénitude des forces et de la santé.

En un mot, il convient d'étendre autant que possible une

mesure si favorable aux jeunes enfants, en multipliant les

petits coMges ou internats suburbains, et d'appliquer une

semblable règle aux élèves trop délicats pour suivre l'internat des villes *.

Puis, quand l'heure dû travail sérieux a sonné et quand les forces le permettent, n'est-il pas possible d'assurer aux élèves, dans les grands internats des villes transformés, une hygiène parfaite, de même qu'ils y trouvent des moyens d'instruction nombreux, faciles et d'une incontestable supériorité? Telle nous paraît, à l'heure présente, et sur ce

1. Voici, aussi exacte que nous avons pu nous la procurer, la liste des petits collèges situés soit à la campagne, soit dans des dépendances des grands lycées. A la suite des petits collèges actuellement existants, nous en indiquons quelques-uns en voie de construction, d'autres projetés.

i° Petits collèges à la campagne. — Suivant l'exemple donné par la fondation en 1852 du petit collège libre de Sainte-Barbe des champs à Fontenay aux Roses, le lycée de Vanves servait, à partir de 1853, de petit collège au grand lycée Louis-le-Grand de Paris; il fut érigé en lycée en août 1864. 11 a été agrandi pour 800 internes. Le lycée de Bordeaux possède à 5 kilomètres de la ville un petit collège datant de 1859. Montpellier a établi en 1861 un petit collège, à 3 kilom. de la ville. Lyon a ouvert en 1864 un petit collège sur les hauteurs de Saint- Rambert; la partie basse du domaine sert de promenade aux élèves du lycée de Lyon. Marseille a depuis 1863 son petit collège de la Belle-de- Mai.

2° Petits collèges isolés, dans Venceinte même du lycée, ou contigus au lycée. — Le lycée Henri IV a un petit collège sur ses dépendances, depuis 1857; Versailles, depuis 1864. Les lycées d'Amiens, Angers, Douai, Laval, Limoges avaient des petits collèges en construction eu 1865. Le lycée de Rouen a aujourd'hui un très-beau petit collège installé dans le bâtiment de Joyeuse (ancienne enclave achetée et jointe au lycée) ; le lycée de Moulins a aussi un petit collège.

A Dijon, l'hôtel Nault a été approprié pour les plus jeunes élèves. Besançon, Angoulême ont également un petit collège. Celui de Toulouse a été installé il y a trois ans dans l'ancien couvent dos Jacobins.

Depuis, l'administration a fait tous ses efforts pour continuer dans cette voie. Ainsi on va construire à Nantes un petit collège d'externes. D'autres sont en projet, à Clermont, à Bourg, à Bel fort, à Nancy, au Puy y etc.

point, la véritable aspiration, également éloignée de toute inquiète exagération et de toute prétentieuse satisfaction.

Plan $ disposition ? hauteur des constructions. — Quelque

part qu'ils soient placés, la question du plan et de la disposition des bâtiments de l'internat est une de celles qui, ^après le cboix du terrain et de remplacement, méritent le plus sérieux examen.

11 est toujours difficile, et souvent impossible d'introduire après coup de bonne hygiène dans un local insuffisant, mal choisi, dans des bâtiments mal disposés de prime abord. On est la plupart du temps condamné à échouer dans les tentatives d'amélioration, en dépit des meilleures intentions et des plus généreux sacrifices.

Parlons d'abord du plan.

Ceux qui ont visité bon nombre d'internats ont été à même de voir une grande variété dans le détail à côté d'une désespérante uniformité dans le fond.

Dans la plupart des cas, les arrangements, les dispositions matérielles semblent être faits au jour le jour. On n'y trouve pas assez la préoccupation de l'avenir et cette recherche du progrès qui s'impose aux édifices consacrés à l'éducation de la jeunesse, non moins sans doute qu'à ceux de tout ordre que nous voyons améliorés tous les jours.

Il est permis de se le demander :

Au point de vues pécial qui nous occupe, au point de vue de l'hygiène, les conditions que doit remplir un internat sont-elles bien nettement posées dans l'esprit de l'administration et des personnes auxquelles elle confie la direction, la surveillance, l'examen des locaux? Ces mêmes conditions sont-elles mieux connues de ceux que l'administration charge d'exécuter les mesures recommandées ou de remédier aux défauts signalés par l'inspection? Cependant, soit

qu'il s'agisse des établissements publics qu'il dirige 1 ou des établissements libres qu'il contrôle, l'État, dans les deux cas où il intervient, encourt une responsabilité qui l'oblige à une sérieuse étude de la question.

Relativement au plan de ces maisons qu'exige la législation spéciale? Elle oblige tout établissement d'instruction secondaire au dépôt à l'académie du plan du local 2 .

Mais cette mesure, suffisante peut-être pour donner des indications générales sur une création nouvelle, ou pour permettre de suivre de loin, dans les bureaux, les modifications proposées dans un ancien établissement, ne donne, au point de vue de l'hygiène, que des renseignements trop incomplets.

1. Art. 71. — Les établissements publics d'enseignement secondaire sont les lycées et les collèges communaux.

n peut y être annexé des pensionnats. . •

Art. 72. — Les lycées sont fondés et entretenus par l'État, avec le concours des départements et des villes.

Les collèges communaux sont fondés et entretenus par les communes,

Us peuvent être subventionnés par l'État.

Art. 73. — Toute ville dont le collège communal sera, sur la demande du conseil municipal, érigé en lycée, devra faire les dépenses de construction et d'appropriation requises à cet effet, fournir le mobilier et les collections nécessaires à l'enseignement, assurer l'entretien et la réparation des bâtiments.

Les villes qui voudront établir un pensionnat près du lycée devront fournir le local et le mobilier nécessaires...

Art. 74. — Pour établir un collège communal, toute ville doit satisfeire aux conditions suivantes : Fournir un local approprié à cet usage e t en assurer l'entretien ; placer et entretenir dans ce local le mobilier nécessaire à la tenue des cours et à celle du pensionnat, si l'établissement doit recevoir des élèves internes;...

Dans le délai de deux ans, les villes qui ont fondé des collèges communaux en dehors de ces conditions doivent y avoir satisfait (Lot

fo 15 mars 1850.)

2- Loi du 15 mars 1850, art. 60, 3°, pour les établissements libres, et Circulaire du 21 juin 1860, pour tous les lycées.

Les sages prescriptions de la circulaire du 21 juin 1860 ont augmenté la valeur de cette mesure en insistant sur certains points qui pourront éclairer l'administration, et donner à l'hygiène quelques garanties.

« Les plans des lycées doivent être faits d'après un mode uniforme et sur l'échelle de m ,005 par mètre. Ils doivent comprendre :

» 1° Un plan général par étage, avec indication de X échelle et de l'orientation et avec une légende qui, au moyen d'un numéro de renvoi, permette de connaître la destination des différents locaux. Il ne faut pas se contenter, à cet égard, d'une mention vague et sommaire; mais on doit donner des rçnseigneitfents précis et suffisants pour que l'intelligence des plans n'offre plus aucune difficulté : sur le plan du rezde-chaussée, on indique la contenance totale des terrains dépendant du lycée, et pour tout le périmètre, les limites et mitoyennetés;

» 2° Une coups générale des bâtiments, prise sur la ligne la plus favorable, avec indication des hauteurs et, autant que possible, des niveaux;

• y> 3° Pour la chapelle, une coupe particulière, transversale et longitudinale...

y> 4° Un plan de la ville...

y> 5° Enfin, si elle existe, une vue donnant en perspective

l'aspect de la façade principale et de l'ensemble du lycée.

» ... Quand ce travail est terminé, il en est. fait deux

copies, dont l'une reste au lycée, et dont l'autre est destinée

aux bureaux de l'académie...

- »... Il importe que tous les changements qui surviennent dans les locaux soient successivement annotés avec grand soin sur les nouveaux plans, tant au lycée qu'à l'académie, et que le croquis en soit adressé au ministre pour qu'il fasse faire le même travail sur les plans déposés dans les bureaux de l'administration centrale... »

Ce n'est donc pas un plan muet, mais un plan coté, donnant les dimensions, les hauteurs, les niveaux, l'orientation et la destination des différents locaux, qu'exigent les termes de la circulaire.

Elle veut que l'on fasse connaître la contenance totale du terrain, les limites et les mitoyennetés.

La première de ces indications sera précieuse pour fixer le chiffre maximum d'élèves que peut recevoir un établissement, mesure que nous réclamons plus loin.

La seconde, si elle était un peu plus explicite, si elle comprenait des indications sur le voisinage de l'établissement, fournirait des renseignements d'une grande valeur; elle permettrait déjuger de l'opportunité qu'il peut y avoir à conserver, à améliorer, à agrandir sur place, ou de la nécessité de transférer ailleurs rétablissement, d'après les conditions de salubrité ou d'insalubrité qui peuvent dépendre de certains voisinages.

Il est des circonstances où la situation demande à être longuement étudiée. Il en est d'autres où elle est évidente et n'exige qu'une enquête des plus sommaires.

Un collège est situé dans le voisinage d'un port. Aux heures de basse mer, le reflux laisse chaque jour à découvert des boues croupissantes, qui forment autour du collège une atmosphère aussi désagréable qu'insalubre.

Cet établissement très-prospère est devenu insuffisant pour le nombre des élèves qui le fréquentent.

L'agrandira - 1 - on sur place, en dépit de ces causes d'insalubrité? Le reportera-t-orï plus loin, sur un emplacement plus vaste et plus conforme aux exigences de l'hygiène?

Le fait seul de ce voisinage, s'il est connu, permettra de trancher la question.

Il en serait de même du voisinage d'un hôpital, d'un cimetière, de certains cours d'eau et d'établissements

industriels à émanations désagréables ou dangereuses.

Des plans détaillés et aussi explicites que nous le demandons permettraient de se rendre mieux compte des dispositions vicieuses par rapport à l'hygiène, signalées dans les rapports des médecins de ces établissements et de la valeur et du caractère pratique des modifications proposées.

On a pu regretter longtemps que, quand il s'agit de construire à nouveau, de réparer ou de modifier un établissement, les dispositions nouvelles, les projets ne fussent pas soumis aux médecins des internats.

L'administration comprendra, nous l'espérons, qu'elle a tout intérêt à entrer résolument dans une voie où elle est sûre de trouver partout un concours éclairé et dévoué, en même temps qu'elle cesse d'assumer une grave respon r sabilité à propos d'une solution dont les éléments lui font bien souvent défaut.

On voit quel est l'état de choses actuel et quels sont ceux qui ont qualité et compétence pour y porter remède.

Est-il possible d'aller plus loin et de signaler comment on peut arriver à résoudre ce problème, tout compliqué et difficile qu'il est?

Il ne s'agit pas, bien entendu, de prévoir toutes les hypothèses et de donner des règles applicables à toutes les situations, répondant à toutes les nécessités. Nous n'entendons nullement formuler ici une réglementation qui doive s'appliquer uniformément à tous les internats de France, pas plus que nous ne songerions à exiger l'emploi partout des mêmes matériaux pour les constructions, ni l'adoption de la même orientation pour les bâtiments sous toutes les latitudes.

Il y a au moins, quant à la disposition des bâtiments destinés à des internats, quelles que soient leur situation et leur importance, des principes très-généraux qui peuvent servir de guide.

S'agit-il d'anciennes constructions, comment sont-elles disposées?

Il est sans doute fort difficile de ramener à des types bien caractérisés les dispositions si variées que nous rencontrons.

Cependant, constructions spéciales ou appropriations, les bâtiments affectés au service des internats présentent l'une ou l'autre de ces dispositions très-générales :

Ou ils sont élevés sur les quatre côtés de cours plus ou moins grandes qu'ils circonscrivent. Cela se voit surtout quand les internats sont installés dans d'anciens couvents;

Ou bien, la construction se compose d'un corps de bâtiment principal, avec deux ailes en retour : disposition fréquente quand le local occupé par l'internat est un ancien hôtel;

Ou bien, enfin, la construction s'étend sur une seule ligne, et, qu'elle se compose d'une seule maison, ou de la réunion de plusieurs maisons autrefois distinctes, elle ne forme qu'un seul corps de bâtiment en façade, sur une rue, une cour ou sur des jardins.

Il y a bien d'autres combinaisons, telles que les agglomérations de maisons voisines, diversement orientées, achetées et reliées en un tout factice et hybride, suivant l'extension de l'internat; mais, comme une semblable juxtaposition ne relève d'aucun plan ni d'aucune idée générale d'organisation, mais du hasard, il ne saurait en être question ici.

S'agit-il de constructions nouvelles? Elles sont disposées suivant l'une des trois premières combinaisons observées dans les bâtiments d'ancienne date.

Au point de vue de l'hygiène, quelle est la valeur de chacune de ces dispositions?

• La première, avec ses bâtiments se coupant à angles droits pour circonscrire une cour intérieure, est la vcvrô»& favorable. Une cour entourée de murs de qualrfc cft\è& ssX

industriels à émanations désagréables ou dangereuses.

Des plans détaillés et aussi explicites que nous le demandons permettraient de se rendre mieux compte des dispositions vicieuses par rapport à l'hygiène, signalées dans les rapports des médecins de ces établissements et de la valeur et du caractère pratique des modifications proposées.

On a pu regretter longtemps que, quand il s'agit de construire à nouveau, de réparer ou de modifier un établissement, les dispositions nouvelles, les projets ne fussent pas soumis aux médecins des internats.

L'administration comprendra, nous l'espérons, qu'elle a tout intérêt à entrer résolument dans une voie où elle est sûre de trouver partout un concours éclairé et dévoué, en même temps qu'elle cesse d'assumer une grave responsabilité à propos d'une solution dont les éléments lui fout bien souvent défaut.

On voit quel est l'état de choses actuel et quels sont ceux qui ont qualité et compétence pour y porter remède.

Est-il possible d'aller plus loin et de signaler comment on peut arriver à résoudre ce problème, tout compliqué et difficile qu'il est?

Il ne s'agit pas, bien entendu, de prévoir toutes les hypothèses et de donner des règles applicables à toutes les situations, répondant à toutes les nécessités. Nous n'entendons nullement formuler ici une réglementation qui doive s'appliquer uniformément à tous les internats de France, pas plus que nous ne songerions à exiger l'emploi partout des mêmes matériaux pour les constructions, ni l'adoption de la même orientation pour les bâtiments sous toutes les latitudes.

Il y a au moins, quant à la disposition des bâtiments destinés à des internats, quelles que soient leur situation et leur importance, des principes très-généraux qui peuvent servir de guide.

S'agit-il d'anciennes constructions, comment sont-elles disposées?

Il est sans doute fort difficile de ramener à des types bien caractérisés les dispositions si variées que nous rencontrons.

Cependant, constructions spéciales ou appropriations, les bâtiments affectés au service des internats présentent Tune ou l'autre de ces dispositions très-générales :

Ou ils sont élevés sur les quatre côtés de cours plus ou moins grandes qu'ils circonscrivent. Cela se voit surtout quand les internats sont installés dans d'anciens couvents ;

Ou bien, la construction se compose d'un corps de bâtiment principal, avec deux ailes en retour : disposition fréquente quand le local occupé par l'internat est un ancien hôtel ;

Ou bien, enfin, la construction s'étend sur une seule ligne, et, qu'elle se compose d'une seule maison, ou de la réunion de plusieurs maisons autrefois distinctes, elle ne forme qu'un seul corps de bâtiment en façade, sur une rue, une cour ou sur des jardins.

Il y a bien d'autres combinaisons, telles que les agglomérations de maisons voisines, diversement orientées, achetées et reliées en un tout factice et hybride, suivant l'extension de l'internat; mais, comme une semblable juxtaposition ne relève d'aucun plan ni d'aucune idée générale d'organisation, mais du hasard, il ne saurait en être question ici.

S'agit-il de constructions nouvelles? Elles sont disposées suivant l'une des trois premières combinaisons observées dans les bâtiments d'ancienne date.

Au point de vue de l'hygiène, quelle est la valeur de chacune de ces dispositions?

* La première, avec ses bâtiments se coupant à angles droits pour circonscrire une cour intérieure, est la moins favorable. Une coiir entourée de murs de quattfc c&Vfes ss\

un puits où l'air ne se renouvelle pas ou se renouvelle d'une manière toujours insuffisante. Cet inconvénient, ce danger, augmentent en proportion de l'élévation donnée aux bâtiments qui circonscrivent la cour.

Quelque grande que Ton suppose cette cour, une partie reste dans l'ombre projetée par le corps de bâtiment qui intercepte les rayons solaires.

Ajoutons que dans cette disposition il y a nécessairement des corps de bâtiment mal orientés, ne recevant pas ou ne recevant que pour quelques instants les rayons du soleil, d'où l'obscurité, l'humidité, l'insalubrité des pièces que renferment ces constructions.

Il importe donc de repousser cette disposition pour les constructions à faire, quelques avantages qu'elle présente aux points de vue des communications et de la simplification du service.

Eh bien! de magnifiques établissements, fort bien aménagés d'ailleurs, viennent d'être construits en province sur ce plan si défectueux !

Malgré la banalité et le caractère élémentaire de ces règles, il y a donc opportunité d'insister pour les. vulgariser.

Ces cours, circonscrites par des bâtiments, sont humides; l'herbe y pousse, un froid glacial y règne. Heureux les élèves, quand ce n'est pas là qu'ils doivent prendre l'air et passer leurs récréations ! C'est du moins dans ce réservoir non renouvelé que les pièces habitées de la construction s'alimentent d'air, air nécessairement malsain !

Dans les constructions anciennes, cette disposition est presque la règle, comme le prouvent nos anciens lycées de Paris. L'Ecole normale supérieure, quoiqu'elle ne date guère que de vingt ans, la présente encore. Dans cette dernière au moins, cette cour intérieure n'est qu'une sorte de cour d'honneur ou de jardin; les élèves ont des préaux très-aérés pour les heures de récréation.

Il n'y a qu'un remède au mal : supprimer un des côtés du rectangle, de préférence celui qui arrête les rayons du soleil, et, s'il est possible, si la cour n'est pas un carré parfait, un des côtés longs de la construction.

Sauf certaines exigences dues aux latitudes extrêmes, le côté à supprimer ne sera ni le côté exposé exactement au nord, ni le côté exposé au sud.

Ouvertes au midi, les cours représenteraient de véritables fours, où les élèves auraient trop à souffrir de la chaleur longtemps continuée et concentrée du soleil.

Ouvertes au nord, elles cesseraient de recevoir suffisamment la salutaire influence de la lumière et de la chaleur solaires, et n'admettraient que des vents froids.

Il faut donc, autant que possible, faire en sorte de donner à ces cours une exposition mixte.

L'air et la lumière pourront alors pénétrer par le côté ouvert dans cet espace limité au fond par un corps de bâtiment principal et latéralement par deux côtés plus courts, formant ailes en retour.

Eh bien, même avec cette large ouverture, il ne faut pas trop compter sur une aération et une irradiation solaire suffisantes. L'expérience de cette disposition a été surabondamment faite dans des constructions de toute nature, et en particulier à l'hôpital Lariboisière, où de petits pavillons parallèles, espacés, venant se rattacher à un corps de bâtiment principal, perpendiculaire à leur direction, circonscrivent entre eux et ce bâtiment des cours ouvertes d'un côté. L'humidité y règne en permanence, la stagnation de l'air y est complète. On retrouve la même disposition, la même faute au nouvel Hôtel-Dieu.

Il ne suffit donc pas d'avoir enlevé un côté à ces cours intérieures.

Pour que l'air y pénètre largement, et que le soleil baigne assez longtemps les constructions, il faut que YouNfctVvvcfc

soit aussi étendue et la profondeur de la cour aussi petite que possible. En un mot, il faut se rapprocher autant qu'on le peut du plan le plus favorable, c'est-à-dire de la disposition linéaire de la construction.

On conservera quelques-uns des avantages des bâtiments formant ailes en retour, sans tomber dans les inconvénients des cours limitées de trois côtés par des constructions, en ne laissant ou en ne donnant aux ailes que le tiers au plus de la longueur du bâtiment formant corps de logis principal. L'accès de l'air pur,tle la lumière et dé la chaleur ne pourra plus être notablement gêné par des appendices réduits à ces dimensions restreintes.

Le bâtiment s'étendant sur une seule ligne droite réaliserait mieux encore ces conditions. Malheureusement, d'ordinaire, quand la construction n'a qu'un corps de logis, on cherche à regagner en hauteur ou en épaisseur ce que l'on perd en surface, dispositions auxquelles an est conduit par le besoin de ne pas trop éloigner les services les uns des autres. On a alors un bâtiment à quatre ou cinq étages empilés les uns sur les autres, couvrant les cours de son ombre, ou bien un édifice à deux façades opposées, divisé sur la largeur en deux pièces desservies par un couloir central, plus ou moins obscur, peu ou point aéré, sur lequel s'ouvrent des portes latérales. Commode à certains égards, ce dernier arrangement ne saurait être approuvé par l'hygiène.

Une construction en appentis, qui n'aurait qu'une seule façade et ne présenterait d'ouvertures que d'un côté serait moins favorable encore.

Quel est donc 4'idéal?

Partout où l'on réunit un nombre important d'individus, que ce soit un hôpital, une caserne, un lycée, un collège, une pension, une université, peu importe, l'hygiène formule des principes dont il faut tenir compte.

Au )ycèe, dans le pensionnat, ce qu'il faut rechercher,

ce qu'il faut atteindre, ou du moins ce qu'il faut s'efforcer sans relâche de poursuivre, c'est une combinaison qui conserve les avantages de l'enseignement collectif, de la discipline, de l'émulation, et où disparaissent les inconvénients que la vie en commun, que l'agglomération peuvent entraîner pour le physique ou le moral des élèves ainsi réunis.

Le meilleur plan serait donc celui qui se rapprocherait le plus de l'habitation particulière, de la maison de famille.

À cet égard, rien de mieux que d'adopter des pavillons isolés, n'ayant qu'un seul étage au-dessus d'un rez-dechaussée élevé de quelques marches et sur caves, contenant chacun un petit nombre d'élèves. Chaque pavillon serait séparé du pavillon voisin par un espace suffisant pour le libre renouvellement de l'air, espace occupé par de la verdure, par des jardins, qui fourniraient une source d'air pur excellente, en même temps qu'une distraction utile pour les yeux, et au besoin une occupation manuelle du premier ordre.

Sans doute, il faut pour réaliser ce plan beaucoup* de terrain, plus de personnel, et d'argent. De l'argent ! N'en trouvons-nous pas pour nos hôpitaux, pour nos asiles modernes? Là, de l'indifférence absolue, on est passé à une recherche presque minutieuse, à laquelle nous ne saurions qu'applaudir. Mais faut-il désespérer de voir la même transformation s'opérer pour les maisons destinées à élever la jeunesse, et à assurer la santé, la force et la moralité des générations nouvelles? Nous ne pouvons l'admettre.

Dès 1865, au moins en ce qui concerne les lycées et collèges publics, le ministère publiait une instruction adressée aux commissions d'hygiène, instruction qui, outre la critique des dispositions existantes, contenait d'excellentes indications que l'on voudrait voir appliquer dans tous les établissements à internats.

« Jusqu'ici, disait le ministre, on a distribué les locaux qu'exigent les différents services autour des cours de manière à faciliter la surveillance et les communications.

» Au point de vue de l'hygiène, ce système a des inconvénients graves. Une cour entourée de bâtiments de quatre côtés ne peut être complètement saine : le soleil n'y pénètre qu'en été, et le renouvellement de l'air s'y fait difficilement. Elle est triste, souvent humide, et peut exercer sur la santé, même sur le caractère des enfants, une influence fâcheuse.

» L'aspect des lycées devrait être simple et gai. Je voudrais... des bâtiments peu élevés, des cours spacieuses, ouvertes du côté du soleil, abritées d'arbres, entourées de jardins, avec beaucoup de fleurs, que les enfants s'habitueraient bien vite à respecter. La demeure des enfants doit être riante, et il faut leur montrer les belles choses du bon Dieu, dans les œuvres de la nature comme dans celles de l'esprit humain.

» Pour faciliter la circulation de l'air, et prévenir les maladies épidémiques que provoquent les grandes agglomérations, il convient que les bâtiments ne soient pas contigus. Mieux vaudrait des pavillons isolés que relieraient entre eux des galeries couvertes supportées par des colonnettes en fonte. Tel est le système adopté récemment dans plusieurs établissements publics. L'architecture des gares de chemins de fer offrirait des modèles utiles pour nos préaux couverts *. »

Ces sajres conseils ont-ils été appliqués dans les nouveaux bâtiments, ou dans les remaniements des constructions anciennes? Les établissements d'enseignement secondaire à internats ont-ils gagné depuis l'époque où a paru cette circulaire, au point de vue de la salubrité, de l'aspect, de la facilité de la surveillance?

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