Dcmogcot et Montucci, op. cit
Nous ne pouvons espérer ce luxe, dont l'hygiène n'approuverait d'ailleurs pas tous les détails.
Mais le confortable et la propreté parfaite sont des conditions que Ton peut exiger et partout obtenir : c'est un point où la décence est aussi intéressée que l'hygiène.
Nous avons de très-beaux réfectoires dans certains établissements nouveaux ou récemment réparés. On peut citer comme des modèles ceux du lycée de Vanves, de Saint- Louis, du lycée du Havre, de l'Ecole normale supérieure, etc.
Les conditions que doit rqmplir le réfectoire, pour en faire une pièce agréable et salubre, sont bien simples, et il n'y a pas de si modeste internat qui n'en puisse faire les frais.
Eu raison de son usage, il est indispensable que cette pièce soit très-aérée, très-facile à ventiler, éclairée par des fenêtres opposées. Il faut qu'après le repas, il ne reste aucune trace d'aliments sur les tables et le plancher, qui doivent être lavés et rapidement séchés; il faut que toute odeur d'aliments soit balayée par un courant d'air et disparaisse de l'atmosphère du réfectoire.
Le réfectoire ne doit être ni parqueté ni planchéié. Même avec la surveillance et les soins les plus minutieux, les élèves ou les gens de service laissent toujours tomber quelques substances, liquides ou solides, qui pénètrent dans les planches, les imbibent, et y forment un foyer permanent de mauvaises odeurs.
On assure mieux la propreté avec un sol imperméable et facile à laver, formé de dalles, de bitume ou de silex cassés, joints au ciment et formant mosaïque.
Dans ces différents cas, on met les pieds des élèves à l'abri du froid en plaçant, sous chaque table, un petit parquet mobile, à charnières; on le relève pour le nettoyage, et on l'abaisse pour recevoir les pieds des élèves pendant le repas.
Les tables aont de bois peint, ou recouvert de toile cirée, de bois enduit d'un vernis très-solide ou de marbre.
La table de marbre est incontestablement la meilleure au point de vue de la propreté et de l'aspect. Elle peut être lavée et immédiatement 'séchée après chaque repas. Elle n'absorbe rien et ne conserve aucune odeur.
La table de bois peint s'altère très-promptement et, une ibis la peinture enlevée, elle a bientôt tous les inconvénients de la substance poreuse et absorbante dont elle est formée.
La toile cirée protège encore assez longtemps les tables. Peu k peu cependant, elle s'écaille, se fendille, se laisse pénétrer par les liquides et cesse de remplir l'usage auquel elle était destinée.
ftous avons vu dans un des plus beaux lycées de France des tables de réfectoires dont le bois était simplement recouvert d'un vernis très-résistant (vernis à voiture). En effet, l'économe nous a déclaré que ce vernis durait trois ans. (Pour quatre grands réfectoires, la dépense ne s'élevait pas en trois ans à 200 francs.) Ces tables sont^moins froides sous les mains des élèves ; elles reviennent probablement plus cher à la longue que les tables de marbre.
Les bancs ou sièges ne présentent rien de particulier à signaler. L'important -est que les pieds des tables et des sièges tiennent le moins de place possible, et ne gênent en rien le nettoyage. À cet égard, les supports de fonte sont préférables aux supports de bois.
Autour de la salle, des crochets seront disposés pour recevoir les képis ou casquettes des élèves.
A V Ecole Monge, on a placé ces crochets sous les bancs.
Les murs seront verrris, pour ne présenter aucune saillie ou surface capable d'arrêter ou d'absorber les miasmes. Les magnifiques réfectoires de la nouvelle Ecole Monge, »ec leurs belles tables de marbre, sont disposés pour que les odeurs des aliments n'y puissent séjourner. La* «v\xx%
sont, du plancher au plafond, revêtus de carreaux de faïence blanche vernie, présentant un aspect de propreté parfaite; c'est .une surface sur laquelle aucune poussière ne peut demeurer et aucun miasme trouver à se loger.
Pour la même raison, les plafonds doivent être unis, sans moulures et sans solives apparentes. Nous en avons vu où l'architecte avait multiplié un décor de ce genre au détriment de la salubrité de la salle. Les boiseries sculptées ne seraient pas un luxe moins antihygiénique. L'hygiène et le luxe de la salle de réfectoire sont deux choses très-différentes, comme on le voit. On peut introduire partout les mesures qui assurent la salubrité de cette pièce.
Il faut encore insister sur la nécessité de disposer les réfectoires dans le voisinage immédiat delà cuisine, de telle sorte que le service se fasse promptement et que les mets n'aient pas le temps de refroidir avant d'arriver sur la table- Nous avons un lycée à Paris qui présenté une disposition très-favorable à cet égard. Les réfectoires occupent les trois côtés d'une c#ur rectangulaire, la cuisine est installée dans le quatrième côté.
Dortoirs. — Les dortoirs, de même que les chambres à coucher d'une habitation, doivent toujours être placés à l'abri de toute cause d'humidité. On ne les établira donc jamais au rez-de-chaussée; ils seront installés au premier étage.
On choisira avec soin rexpositiou qui assure pour le plus longtemps possible dans toutes les parties de la pièce l'action du soleil.
Le dortoir exposé à Test et à l'ouest nous paraît être mieux à l'abri des trop grandes chaleurs de l'été et des froids intenses de l'hiver.
Je dises* et owes/, car le dortoir doit être percé de fenêtres sur ses deux longs côtés, disposition indispensable pour assurer pendant le jour une ventilation complète et une irradia-
tion solaire aussi prolongée que possible. Ces fenêtres qui doivent donner sur les cours intérieures de rétablissement, ou sur des jardins, n'auront pas de rideaux ; ils ne serviraient qu'à retenir les poussières et les miasmes. On ouvrira largement les fenêtres opposées du dortoir pendant le jour, pour assurer la ventilation de ce local , en l'absence des élèves.
Les murs seront peints à l'huile ou enduits d'une matière hydrofuge, recouverts de stuc et vernis. Ils seront lessivés tous les ans.
La hauteur des plafonds ne doit jamais être inférieure à quatre ou cinq mètres, même pour les dortoirs de moyennes dimensions.il est de toute nécessité de ne jamais laisser de poutres ou solives apparentes aux plafonds des classes, études, réfectoires ou dortoirs. Tout ce qui. peut retenir les poussières ou les miasmes doit être proscrit des locaux habités. L'idéal serait d'avoir des murs et des plafonds revêtus de carreaux vernis exactement joints, ou de stuc, en un mot d'une substance lisse qui ne présente aucune anfractuosité susceptible de conserver ni miasmes ni poussières, et de nature à être lavée ou lessivée une ou plusieurs fois par an.
Les planchers parquetés et cirés doivent être très-proprement tenus.
Les inconvénients que nous avons reconnus plus haut au carrelage et au lavage des planchers , sont encore plus graves quand il s'agit des dortoirs. Ici, il faut absolument y renoncer.
Quelles dimensions doit présenter le dortoir?
Les dimensions (largeur, longueur, hauteur) du dortoir doivent être calculées de manière à assurer un cubage d'air suffisant pour le nombre d'élèves qu'il est destiné à contenir.
Nous avons exigé pour les études et pour les classes quinze ou seize mètres cubes d'air au moins par élève et par heure.
Cependant l'élève ne reste guère plus de deux heures de suite dans le local de la classe, et plus de trois heures consécutives dans celui de l'étude. A chaque changement d'exercice, portes et fenêtres peuvent être ouvertes, et l'air est renouvelé.
Dans le dortoir, au contraire, les élèves restent à peu près huit heures de suite enfermés dans un air non renouvelé *. Et cependant, que de causes de viciation de l'atmosphère du dortoir : la respiration des enfants, les produits de l'exhalation cutanée, les sécrétions, les odeurs ammoniacales, les émanations des vêtements, des chaussures, de la literie, les gaz provenant de l'éclairage, s'ils ne sont pas rejetés au dehors, etc.!
Pour toutes ces causes, il faut au minimum 20 mètres cubes d'air par heure et par élève dans le dortoir 2 .
Ce chiffre n'est presque jamais atteint. En effet, il suppose, pour un dortoir recevant 20 élèves pendant 8 heures une capacité de 3200 mètres cubes !
On ne trouve pas beaucoup de dortoirs comme ceux du magnifique lycée de Caen ; vastes galeries de plus de 100 mètres de longueur, éclairées de nombreuses et belles fenêtres,
1. H n'en est point ainsi dans les pensionnats en Angleterre, où on laisse toujours, et en toute saison, une fenêtre ou portion de fenêtre entr'ouverte pendant la nuit. Cet usage existe pour tous les établissements publics, casernes, hôpitaux, etc.; il est également mis en pratique par tout le monde, dans la chambre à coucher, où est ainsi établie une ventilation constante.
2. Une circulaire ministérielle donne aux recteurs visitant les établissements libres d'enseignement secondaire les instructions suivantes, qui ont besoin d'être complétées par les chiffres cités plus haut :
« Vous observerez, si dans la disposition des lieux ou dans le voisinage de rétablissement, il ne se trouve rien de dangereux pour la moralité et la santé des élèves, vous examinerez spécialement si les dortoirs sont suffisamment aérés, et si leurs dimensions sont en rapport avec le nombre des pensionnaires. »
terminées à une extrémité par un immense vitrage, et ayant un plafond très-élevé; c'est au milieu de chacune de ces galeries que sont disposées les cellules pour ^e coucher des élèves.
Ce sont des conditions exceptionnelles.
Il faut au moins remédier au défaut d'espace et de cubage par l'apport d'air pur au moyen de la ventilation nocturne du dortoir; quelque simple que soit le procédé employé, ouverture d'un vasistas à soufflet, ou simples ouvertures dans les parois de la salle, dirigeant l'air qu'elles versent de manière à le mêler à l'air du dortoir, sans établir de courant et sans gêner les élèves, il sera bon, il sera mieux d'établir des gaines destinées à l'introduction de l'air pur, combinées avec des orifices d'appel devant aspirer et entraîner l'air vicié.
La plupart des dortoirs manquent d'appareils destinés à la ventilation nocturne, et les élèves y restent enfermés sans renouvellement possible de l'air 1 .
Est-ce à dire que l'on puisse, en conservant toujours la proportion de 20 mètres cubes ci-dessus indiquée, agrandir indéfiniment le dortoir et y faire entrer, comme j'en ai vu un exemple à Paris même, jusqu'à deux cents élèves et plus?
L'immensité de la salle, son cubage supérieur aux 20 mètres cubes demandés, le nombre de ses fenêtres
1. Au lycée de Toulon, sous un climat où Ton n*a pas à se préoccuper du chauffage, l'architecte, M. Laval, a assuré la ventilation nocturne, « en disposant les ouvertures supérieures des fenêtres, en forme do vasistas à soufflet, dirigeant l'air vers le plafond. Un registre mobile permet de clore ou de restreindre les orifices, lorsque la violence des vents le rend nécessaire. En outre, il a ajouté l'ouverture de petits volets disposés sous la tablette des fenêtres, afin de permettre, pendant le jour, de faire affluer l'air à fleur de plancher, et sous les lits, pour mieux assurer l'assainissement. » (Général Morin, Manuel pratique de chauffage et de ventilation.)
ouvrant aux quatre points cardinaux, ses ventilateurs réglementaires ne me rassurent pas.
Je ne parle pas seulement des huit rangées de lits qu'il a fallu introduire dans cette pièce, de la difficulté de la surveillance, à moins d'avoir un personnel exceptionnellement nombreux, des inconvénients de ce système au point de vue de la décence, pour les élèves des six rangées intermédiaires ne pouvant se cacher de leurs camarades, du danger d'une panique pouvant se produire au milieu de la nuit (par incendie ou autre cause) 1 , parmi ces deux cents élèves se précipitant tous à la fois vers des issues toujours insuffisantes pour de pareils nombres.
C'est déjà trop.
Mais il y a dans la réunion de tant d'individus, dans le fait de Y agglomération, un danger qui croît avec le nombre des personnes, en proportion telle, que les mesures hygiéniques ordinaires deviennent impuissantes à le conjurer. Quand on se met ainsi en dehors des lois de l'hygiène, faut-il s'étonner qu'elles ne fournissent pas le moyen de rendre sans péril ces accumulations qui ne sont jamais nécessaires !
Même avec un cubage d'air suffisant, il est bon que le dortoir ne contienne pas plus de 20 à 30 élèves. La discipline, la morale et l'hygiène y trouveront leur compte. Le mobilier du dortoir comprend : les lits et leur literie, les tables de nuit et le lavabo, s'il n'existe pas de pièce spécialement affectée à ce dernier service.
Les lits dans les dortoirs doivent être disposés de manière à rendre la surveillance facile et constante, et à ne gêner en rien la circulation des maitres chargés de ce soin.
1. Un inspecteur me citait une panique causée par la présence dans un dortoir d'une chauve-souris. Effrayés, les élèves se précipitèrent en s'étouffant vers les portes et les escaliers. D'où qu'il puisse venir, le danger doit être prévu.
La disposition qui assure le mieux l'accomplissement de ces conditions est celle dans laquelle les lits entièrement libres sont placés sur deux rangs, un rang de chaque côté des longs murs opposés, le milieu de la pièce restant non occupé.
Je dis lits entièrement libres, excluant par là les alcôves, boxes, cellules, et même les rideaux fixes.
Toutes ces dispositions, en effet, gênent la circulation de l'air, constituent des foyers de miasmes, et soustraient l'élève à la surveillance.
Je désapprouverais davantage encore le système qui donne une chambre à chaque élève, chambre close, moins un guichet vitré, par où le maître est censé surveiller ce qui se passe à l'intérieur.
La faculté laissée à chaque élève de meubler à sa guise et suivant ses moyens sa petite chambre amène un contraste entre le luxe de Tune et la pauvreté de l'autre, qui ne me parait pas un résultat favorable de ce système tant vanté.
Il n'y a peut-être' pas de pays où l'on pousse aussi loin que chez nous la manie de l'égalité, en théorie du moins. En pratique, c'est autre chose.
L'éducation publique avait ce résultat de rapprocher les classes de la société, de créer des liens d'amitié et d'estime entre ceux qui ayant passé ensemble leur jeunesse, oubliaient plus tard la dislance de rang ou de fortune qui les séparait, pour ne se rappeler que cette vie commune qui les avait unis pendant des années.
Singulière idée que d'avoir perpétué ainsi dans un établissement destiné à la masse, le goût des distinctions, et d'en conserver la trace jusque dans l'ameublement de la chambre à coucher de chaque élève.
C'est être plus exigeant que son époque; que dis-je, c'est être plus exigeant qu'on ne l'était à la période de notre histoire où la noblesse avait encore toutes ses ç?é\to-
le dessin, et il convient que les enfants soient munis d'une planchette, sur laquelle se déploie la feuille de papier à dessin, et qu'ils inclinent à leur gré. Le siège à dessin doit être élevé ; rien n'est plus fâcheux, en effet, que ces tabourets bas en usage dans quelques écoles de dessin, sur lesquels les élèves sont accroupis, les cuisses relevées pour fournir un appui à la planche et la poitrine courbée en deux.
y> Une classe de dessin bien outillée doit avoir des tables spéciales, et, s'il s'agit de grands élèves, il faut que ces tables soient à la Tronchin et les obligent à dessiner debout. Cette attitude a l'avantage d'apporter une diversion favorable à celle qu'impose la confection des devoirs écrits.
» Cette question des tables de dessin a été soigneusement étudiée en Amérique, et Barnard a reproduit dans son ouvrage (Barnard, On school architecture, p. 362) quelques modèles de tables à dessin qui remplissent trèsbien le but.
» Quelques-unes de ces tables sont fixes, d'autres sont mobiles. Les tables fixes peuvent servir uniquement pour le dessin, ou bien, employées aussi pour écrire, elles se transforment, par un mécanisme simple, en tables à dessin (drawing tables).
» Un des meilleurs modèles est la table à dessin de Ross (Ross'moveable drawing desk) dont la planche, mobile sur un pied vertical, peut à laide d'écrous prendre toutes les hauteurs et toutes les inclinaisons désirables; elle me paraît réaliser, d'une manière élégante et commode, la plus grande somme des convenances hygiéniques, et je voudrais lavoir s'introduire dans toutes les écoles de dessin 1 . »
Si l'on ne peut espérer réaliser partout des améliorations de ce genre et des types aussi perfectionnés, au moins la