‹ 2. édChapitre 35 sur 70 · Hijgiène des lycées, collèges, etc. Vesoul · texte numérisé non relu

Hijgiène des lycées, collèges, etc. Vesoul

L'hygiène exige au contraire que, sans prolonger indéfiniment le repas, on lui donne la durée nécessaire à la perfection des opérations digestives, à la propreté et aux bonnes habitudes.

L'élève ne doit pas toujours vivre dans l'internat, et l'on ne songe pas assez, en ceci comme en beaucoup d'autres choses, à la nécessité de préparer l'enfant à la vie du monde. Prendre pendant dix années ses repas avec précipitation, n'est pas sans importance pour l'hygiène ; dix années d'habitudes négligées et de mauvaise tenue à table ne laisserontelles pas une lacune difficile à combler dans notre éducation et dans nos manières ?

Le menu des jours maigres doit être l'objet de l'attention du médecin. Si un-menu en maigre est difficile à composer dans les familles, combien l'est-ii plus dans un grand établissement ou pensionnat, surtout quand il est obligatoire deux jours de suite ? Malgré les facilités actuelles des communications, il y a bien des jours, il y a bien des régions où il est difficile de se procurer du poisson frais pour tant de monde, et à des conditions acceptables. On en revient fatalement alors aux légumes secs, aux farineux, aux pommes de terre, au macaroni, aux mets herbacés, aliments peu nourrissants et pouvant déterminer des dérangements d'intestins, des maux d'estomac, d'autant plus facilement qu'ils excitent vivement la soif. Il sera bon d'associer à ces mets qui ne représentent que l'élément carbone, c'est-à-dire l'aliment respiratoire, des matières azotées, des œufs, la caséine du fromage ou du lait. Ces aliments complets ajoutés aux premiers les rendront plus nourrissants, et stimuleront davantage l'estomac.

En un mot, la privation de viande pendant une journée ne nous paraît pas le point important et délicat. Le difficile est de bien remplacer cet élément précieux de notre aJimcnlalion; l'essentiel est de combiner le menu maigre

de manière à ne pas réunir une série de mets lourds, indigestes, ou d'une valeur nutritive trop inférieure.

Les médecins des établissements n'estimeront pas audessous d'eux de chercher dans les données de la science et de l'observation les combinaisons qui écartent le plus sûrement ces dangers.

Que d'améliorations ils peuvent suggérer!

Le premier déjeuner est composé de pain sec ou de soupe. Les élèves préfèrent le pain; ils refusent une soupe trop souvent préparée à la hâte, sans les soins nécessaires pour en faire un aliment agréable ou salubre.

Et cependant, avec l'intervalle de 16 à 18 heures, qui sépare le dîner de la veille du grand déjeuner du lendemain, un repas substantiel le matin est indispensable. Un premier déjeuner confortable permettrait encore de mettre le repas du soir à 6 heures au lieu de 8. L'usage assez général de faire dîner les élèves, quelques instants avant le coucher, nous paraît d'une hygiène mauvaise à tous les points de vue.

Nous empruntons à l'excellent ouvrage de M. Romuald Gaillard 1 le tableau suivant, présentant la comparaison des consommations par personne et par jour, en pain, viande et vin, dans les principales écoles, et les quantités allouées pour les mêmes aliments et boissons dans les hospices et hôpitaux de Paris (chiffres de 1866).

Page 1