HEURES DES REPAS
Déjeuner, 7 h. 40. — Diner, 11 h. 30. — Goûter, 4 h.
j à 7 h. 30 les plus petits élèves.
( à 8 h. les autres élèves.
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BoiMons. — Les boissons en usage aux repas diffèrent suivant les localités.
Dans le Nord, on donne la bière et le cidre.
Au Centre et dans le Midi, c'est le vin mêlé à une certaine quantité d'eau, ou abondance, qui constitue la boisson ordinaire dans les internats. La proportion du mélange appelé abondance est en général de 1/4 de vin pour 3/4 d'eau.
Dans les lycées, on donne aux élèves du grand collège (par table de 10) 3 litres d'abondance, et 2 pour les élèves du moyen et du pelit collège.
Le vin destiné à la table des élèves doit donner au moins de 8 à 10 pour 100 d'alcool. L'analyse du cidre ne doit pas donner moins de 5 pour 100. Ces boissons devraient en outre être examinées et jugées par dégustation. Un vin suffisamment chargé d'alcool peut-être détestable au goût ; il peut être malsain, s'il est altéré, frelaté, frauduleusement additionné d'alcool, et spécialement d'alcool de mauvaise nature.
Régimes exceptionnels. — Nous avons déjà reconnu la nécessité d'adapter l'alimentation aux besoins et aux exigences de l'âge, et, s'il y a lieu, aux nécessités des dispositions individuelles.
En outre, certains élèves ont un état de santé qui les met dans l'impossibilité de se contenter du régime de leur division.
De là, la nécessité de régimes exceptionnels, demandés ou approuvés par le médecin de rétablissement : cette condition est de rigueur.
Une autre condition non moins essentielle est que les élèves recevant des aliments exceptionnels, une ration plus élevée, ou admis à faire gras les jours maigres, ne prennent pas leur repas à la même table que les autres. Ceux-ci, quelle que soit l'abondance de leur nourri-
ture, se plaindraient inévitablement de cette inégalité. Un réfectoire à part doit réunir les élèves admis à ces régimes spéciaux. Cela se fait dans les lycées. Nous avons vu des inconvénients sans nombre et des plaintes sans fin résulter de l'absence de cette précaution élémentaire.
Il faut bien le savoir, «aujourd'hui que l'anémie est à la mode, — même et peut-être surtout auprès de ceux qui ne savent pas bien ce que ce mot exprime, — très-nombreux sont les parents qui réclament pour leurs enfants des régimes exceptionnels. Dans les grandes villes , les prières des parents sont urgentes, les certificats médicaux abondent, et l'exception tendrait vite à devenir la règle. Quand il y a insuffisance réelle absolue ou relative, du régime ordinaire, ce n'est que trop juste. Mais les demandes sont générales, et les parents ne sont pas beaucoup plus raisonnables à cet égard que les enfants jaloux des douceurs accordées à leurs camarades. La preuve en est dans la quantité toujours croissante et la nature toujours de plus en plus variée des provisions apportées le lundi par les familles : viandes, pâtisseries, sucreries, friandises, vins fortifiants, et jusqu'à des liqueurs!
Le lendemain des jours de sortie, où ce régime a été largement appliqué, on en voit les résultats : les médecins n'ont à traiter que des indigestions!
vêtement*, chaussures. — L'hygiène n'a point à déterminer une formule générale partout applicable à propos du vêtement des élèves de l'internat. Le elimat et les usages ont leurs exigences. Elle ne peut que se borner à poser quelques principes.
Les mêmes vêtements ne peuvent être portés pendant le travail, pendant les jeux , pendant les exercices gymnastiques, dans les sorties.
Les saisons imposent aussi des modifications de VtefcJ&iftr ment.
La forme du vêtement n'est pas sans importance. Est-elle ample, les mouvements sont faciles et l'air se renouvelle mieux autour du corps, mais le vêtement est moins chaud.
Un vêtement plus serré permet moins aisément le renouvellement de l'air en contact avec le corps; il conserve mieux la température.
Mais, si les parties de l'habillement exercent une véritable gêne, une constriction portant sur certains points du corps, il peut en résulter un trouble dans la circulation, une stagnation du sang en arrière du lien ou de ce qui en tient lieu; si la cause persiste, un arrêt dans le développement des organes, ou une atteinte plus ou moins grave à la régularité de la fonction.
Ainsi, le vêtement, tunique ou pantalon trop serré à la ceinture, gêne, en les comprimant ou en les refoulant, les viscères sur lesquels cette action porte plus directement, comme l'estomac et une partie de l'intestin; mais les organes même éloignés sont aussi influencés de proche en proche par ces déplacements ; leur jeu, leur fonctionnement en souffrent.
Cet état de choses ne peut se prolonger sans danger. Aux maux d'estomac on verra succéder des palpitations et une gêne fâcheuse de la respiration, les poumons, comprimés par les organes voisins, ne pouvant plus se dilater avec toute l'amplitude nécessaire à la santé.
Une tunique ou un gilet étroit qui comprime la poitrine, empêche les côtes de se soulever, rétrécit les diamètres du thorax, et par là, la quantité d'air que reçoivent les poumons diminue; le sang, moins oxygéné, s'appauvrit.
Les vêtements qui exercent une compression sur le trajet d'un membre ralentissent le cours du sang , font gonfler les veines, et, la dilatation habituelle, imposée à ces vaisseaux, dispose aux varices.
La constriction a-t-elle lieu au cou, le sang est arrêté
dans les vaisseaux importants qui le rapportent du cerveau au cœur, la tête se congestionne : résultat plus à redouter encore chez des jeunes gens assujettis au travail intellectuel pendant dix ou onze heures par jour, la tête penchée sur la table d'étude.
Ce sont là des points qu'il ne faut pas perdre de vue dans le choix du vêtement donné aux élèves. La forme a une grande importance, et la mode seule n'en doit pas décider.
La tunique, infiniment préférable à l'habit, parce qu'elle protège mieux le corps, est-elle l'idéal du vêtement de l'élève?
Elle convient parfaitement pour les promenades et les sorties. Elle est moins appropriée au travail de l'étude; elle ne l'est plus du tout aux exercices des récréations.
Pendant le travail, elle ne laisse pas assez libre le jeu de la poitrine et des organes thoraciques, encore que la suppression du ceinturon ait diminué les plus graves inconvénients de ce vêtement.
Les collets hauts et raides de la tunique, imitation du vêtement militaire, apportent une gêne considérable aux mouvements; leur frottement peut déterminer chez l'élève les mêmes irritations du cou, les mêmes inflammations des glandes que l'on voit se produire sous l'influence de la pression du collet de la tunique du soldat.
Le vêtement, quel qu'il soit, tunique, gilet ou pantalon, bien proportionné au moment où l'élève le reçoit, devient bientôt trop petit, trop étroit. L'enfant a grandi, et une détestable économie le condamne à rester emprisonné dans ce vêtement inextensible, qui coûte trop cher pour être renouvelé chaque fois que l'exige le développement de l'élève.
Dans la plupart des internats destinés aux plus jeunes enfants, dans les petits collèges, on a adoçtè w&& ^>ifc& blouse de laine à rayures noires sur îotvà ^m, &\v\v^s^N.
agréable, qui laisse aux enfants toute la liberté de leurs mouvements, et ne gêne en rien le développement. En outre, la laine qui conduit mal la chaleur et l'humidité, rclarde l'évaporation, et protège le corps contre les variations de température. Ce vêtement, excellent à tous ces points de vue, a encore un précieux avantage : il peut êlre facilement lavé.
En somme, aucune partie du vêtement, aucun lien ne doit exercer nulle part la constriction dont nous avons signalé les inconvénients sur certains points : ainsi pas de jarretières, pas de ceinturon, pas de ceinture de gymnastique continuellement gardée, pas de cols de chemise étroits, pas de cravates trop hautes, ou trop serrées. (En ce moment, la mode nous en défend, mais combien cela durera- t-il?) L'hiver, un pardessus est nécessaire, pendant les changements d'exercices, dans les cours, pendant les promenades. La plupart des lycées et des grandes maisons d'éducation viennent d'adopter pour les élèves un pardessus ample et long qui remplit bien toutes les indications de l'hygiène et les exigences du goût.
L'été, les élèves ne doivent pas rester tête nue, exposés au soleil dans des cours sans ombre et sans abri. Chaque année on constate dans les internats des érylhèmes, des érysipèles par insolation; il peut même arriver qu'il se produise des accidents beaucoup plus graves encore. Mais quelle coiffure adopter? Dans plusieurs internats, pendant les grandes chaleurs, on donne avec raison aux élèves en récréation des chapeaux de paille à larges bords. La casquette est trop plate, elle n'interpose pas une couche d'air suffisante entre les rayons du soleil et la tête; sa visière trop petite garantit mal les yeux, en outre, elle se salit vite au contact des cheveux. Le béret est une coiffure de laine trop chaude, elle est appliquée directement sur les cheveux, elle n'a pas de visière : on trouve là exagérés tous les incon-
vénients de la casquette. Le képi un peu élevé valait mieux, parce que le fond ne touchait pas les cheveux, parce que sa visière plus large et carrée protégeait les yeux contre la lumière, le visage conlre les rayons du soleil; malheureusement le képi léger, hygiénique, a subi lui aussi, l'action de la mode, et l'inclinaison qu'on lui a donnée Ta transformé parfois en une coiffure ridiculement étroite, aplatie, incapable de protéger non-seulement la figure, les yeux, mais même la partie supérieure de la tête sur le sommet de laquelle elle se pose.
J'ai indiqué dans mes Leçons d'hygiène, les règles qui concernent le linge de corps et l'usage de la flanelle. Il suffit de dire ici que le linge de corps, véritable réservoir de miasmes, doit être très-souvent changé et lavé. La flanelle, dont on abuse aujourd'hui singulièrement, a ce grand inconvénient d'être soumise au lavage à des époques beaucoup moins rapprochées que le linge, alors qu'elle absorbe, et retient une plus grande quantité des produits sécrétés et excrétés par la peau. Or, cette propriété, excellente pour prévenir le refroidissement, est détestable au point de vue de la propreté, si la flanelle est trop longtemps gardée, sans être lavée. Les anciens, qui portaient sur la peau des vêtements de laine, ne devaient qu'à des bains très-fréquents, la préservation des maladies de la peau que l'irritation due à l'action de la laine et la malpropreté déterminent. Par l'adoption si générale de la flanelle, nous nous sommes placés dans les conditions où étaient les anciens, moins l'usage fréquent des bains qui en était le correctif nécessaire. Puisque nous revenons à l'usage de la laine sur la peau, revenons aussi à l'usage indispensable des bains fréquents.
Les vêtements de drap, qui, sauf le pantalon, ne sont plus directement appliqués sur la peau, devraient *^fcment être changés plus souvent, pu\s<\\T\\s w^ woX \jwa*x*»
jamais soumis à un lavage, à un nettoyage à fond, pendant le temps trop long qu'ils sont portés. Conçoit-on, chez des enfants qui jouent, qui courent, se mettent en sueur, qui ne font aucune des ablutions indispensables, quels réservoirs de malpropreté et de miasmes représentent ces vêtements gardés un an ou deux ans?
On ne songe pas assez à tout ce que nos habillements peuvent renfermer de causes de maladie. Nous commençons à accepter de faire lessiver les murs de nos habitations, pour en enlever les miasmes, les germes de maladies et les éléments de contagion... Mais ces mêmes habits qui ont été portés par des malades, qui ont été à l'infirmerie, reparaîtront demain dans les classes, les études, le dortoir, au risque d'y apporter les maladies dont ils renferment les germes, germes que les conditions de ces serres-chaudes ne manqueront pas un jour ou l'autre de faire éclore. Et l'on s'étonnera, Ton se demandera par où a bien pu pénétrer cette épidémie!
Un usage aussi malpropre qu'anti-hygiénique consiste à ne renouveler, et à ne nettoyer la chaussure des élèves que deux fois par semaine. Rien de plus repoussant que ces chaussures couvertes d'une boue accumulée pendant trois jours! Rien de plus malsain pour les élèves que ces souliers humides! Les chaussures deviennent bientôt d'une dureté horrible, le cuir a perdu toute souplesse; le frottement détermine des indurations, des épaississements de l'épiderme, des excoriations, des plaies du pied.
Si la tenue des chaussures est souvent défectueuse, leur forme n'est pas meilleure. Pointues, mal adaptées à la forme naturelle du pied, elles produisent la maladie appelée Y ongle incarné; mal adaptées aux dimensions du pied, trop étroites, trop courtes, elles amènent des déformations anatomiques des os, d'où résultent l'instabilité du corps, la fréquence des chutes, l'impossibilité de fournir une marche
prolongée. Combien sont fréquentes les demandes d'exemption de promenade et de gymnastique fondées sur des souffrances qui n'ont pas d'autres causes que celles qui viennent d'être indiquées !
uterie. — Les objets de literie et les principaux soins qu'ils réclament au point de vue de l'hygiène ont été indiqués, en parlant des dortoirs. Les matelas doivent être cardés, les toiles nettoyées, et lavées tous les ans avant la rentrée.
Soins de propreté. — Bains. — Douches. — Bains de
pieds, etc. — Les soins de propreté comprennent la toilette du matin au lavabo, les bains de pieds, les grands bains, tièdes en hiver, froids en été, enfin l'usage des douches, mode d'ablution rapide que l'on devrait introduire partout, et considérer comme un moyen d'hygiène autant que comme une médication.
La toilette au lavabo exigerait un peu plus de temps et de soins que l'on n'en accorde en général à cette opération dans les internats.
Le lavabo au dortoir, avec son mince filet d'eau, semble un hors-d'œuvre, un accessoire sans importance. L'élève, à peine éveillé, n'a que quelques minutes pour procéder en toute hâte à la toilette des cheveux, de la figure et des mains. Qui s'y attarde, ou y met quelque soin, est plutôt mal vu qu'encouragé.
Dans quelques établissements, ou quelques divisions, comme les petits collèges, qui renferment de très-jeunes enfants, des Sœurs sont chargées de ce service ; l'élève supporte déjà avec impatience leurs soins vigilants et dévoués. Mais bientôt l'enfant grandit et passe dans la division supérieure , où il s'affranchit bien vite d'obligations dont le côté lyrannique seul l'a frappé.
L'instinct d'imitation et la paresse aidant, hifcwtàV. \ss*»> présentent une tenue uniforme àatvssow wfe^\^\ Oûrn«q^
en désordre, mains pleines d'encre, ongles en deuil. Les brosses, peignes, etc., sont dans un état de malpropreté qui tient moins à la fréquence de l'usage, qu'à la rareté des soins que l'on donne à ces instruments. Si au moins, en reproduisant quelque chose de la vie militaire, les internats en avaient conservé les exigences de la tenue et de la propreté! • Et cependant, c'est là une partie essentielle de l'édueation, et une hygiène indispensable.
Partout où l'on trouve ces soins en honneur dans la suite de la vie, c'est que l'on en a inspiré de bonne heure aux enfants le goût et expliqué l'utilité, c'est que l'exemple ne leur a pas manqué pendant les années où se contractent les habitudes durables, el se forment les santés vigoureuses.
On ne saurait apprendre trop tôt aux élèves ce souci de la dignité humaine, et ce respect d'eux-mêmes et des autres, et leur enseigner qu'il n'y a pas de savoir ou de qualités morales qui puissent en affranchir personne.
Les bains de pieds sont indispensables et doivent être régulièrement donnés. Dans beaucoup d'internats ce service n'est fait qu'une fois par mois, ou au plus tous les quinze jours. Ce ne serait pas trop d'exiger qu'il eût lieu une fois par semaine.
On objecte le temps qui fait défaut. Si Tordre des exercices ne prévoit rien de semblable, il est en vérité bien urgent de le modifier, et de faire aux soins de propreté la place qu'ils doivent avoir, ce ne sera pas du temps perdu! Les oublier dans l'emploi du temps, c'est une première faute, d'un mauvais exemple pour les élèves, qui y trouvent une justification de leur négligence.
On s'arrête aussi devant la dépense.
Nous avons parlé plus haut de ce point de vue, et des moyens de rendre l'administration de ces soins moins coûteuse et plus régulière.
Les bains froids exigent quelques çtécautions spéciales. Il
appartient au médecin de déterminer quels élèves peuvent prendre ou ne pas prendre ce genre de bains, eu égard à leur état de santé.
On n'oubliera pas de ne. jamais permettre les bains chauds ou froids qu'à jeun, ou quand la digestion du repas précédent est terminée, c est-à-dire trois ou quatre heures après que Ton a mangé.
Le bain froid ne doit pas être pris, le corps étant en transpiration. Si les élèves ont eu une longue marche à faire par la chaleur pour se rendre aux bains, on doit les faire rester quelques moments en repos avant d'entrer au bain.
Il faut éviler de laisser les élèves se baigner pendant l'ardeur du jour, l'action des rayons solaires les exposant à des érythèmes ou des érysipèles.
Enfin, après le bain, un exercice modéré sera salutaire.
C'est également à jeun que la douche doit être prise, et alors que le corps n'est pas en transpiration 1 .
Soins de toilette pour les plan jeunes enfants (minimes,
division des petits). — Dans tous les établissements qui admettent une division composée de jeunes enfants, il est indispensable que les soins de propreté soient administrés par des femmes (religieuses ou laïques). Un lavabo spécial doit être disposé pour ces soins, et non-seulement le matin, au réveil, mais après les repas ou les récréations, il sera
1. L'hydrothérapie montre sans doute plus de hardiesse sur ce dernier point. Mais d'abord, elle est, comme son nom l'indique, une médication, c'est-à-dire qu'elle a ses indications, ses contre-indications, ses conditions favorables, défavorables, ses avantages et ses périls : toutes choses que le médecin seul est capable d'apprécier, et de surveiller. Et puis, la mode s'en est emparée, et quelle médication, à cette heure-là, reste dans la mesure, et peut se défendre des exagérations de prôneurs fanatiques, et des audaces d'un public inconscient, fcçm teX^waN*veauté et séduit par le danger même de la m&Ytotol
nécessaire de veiller sur la propreté des mains, des ongles et des visages.
Une attention spéciale sera donnée à l'état de la tête, des cheveux et des oreilles. Les instruments de toilette (peignes, brosses) ne devront jamais servir à d'autres qu'à ceux à qui ils appartiennent. Ils seront tenus avec une scrupuleuse propreté. La moindre apparence anomale dans l'état des cheveux et du cuir chevelu sera signalée au médecin, de même cfue l'on devra lui faire connaître et lui présenter les élèves chez lesquels on découvrira quelque trace de gourmes, d'éruptions, tout symptôme de maladie, toute manifestation insolite.
On veillera également à l'entretien de la bouche et des dents, qui, outre les soins de chaque jour, doivent être régulièrement visitées et nettoyées par un dentiste attaché à l'établissement.
A mesure qu'ils grandissent, les enfants seront habitués peu à peu à prendre eux-mêmes très-régulièrement et sous une surveillance nécessaire tous les soins de propreté, à la pratique desquels on les aura ainsi initiés.
Les bains de pieds et les grands bains seront administrés à des époques périodiques et plus rapprochées qu'elles ne le sont en général dans les internats.
Toute habitude donnée aux élèves est un enseignement. Il importe que cette éducation, et que ces habitudes soient aussi parfaites que possible.
Exercices physiques. Comparaison des habitudes françaises et des usages & l'étranger. — NOUS verrons au Livre
suivant que dans les établissements d'enseignement secondaire , la durée et l'intensité du travail dépassent la mesure.
La loi a cru devoir proléger les enfants contre l'abus du travail dans les manufactures. Le sentiment public a commencé à s'émouvoir de la m taoç ^dentaire % et des
longues heures passées à la classe ou à l'étude, sinon au travail, dans les internats.
Cependant, les uns en sont revenus à l'indifférence pour un mal irès-réel, parce* qu'on Ta exagéré d'une manière trop évidente.
Les autres ne voient plus de salut que dans des réformes totales, dont le moindre inconvénient serait l'impossibilité même de les réaliser.
Nous voulons rester dans la mesure. A quoi bon aller aux extrêmes? Il n'y a pas toujours si loin qu'on se l'imagine d'un état de choses défectueux à une situation meilleure!
Les heures de travail sont trop nombreuses dans la journée de l'écolier, c'est incontestable.
Mais, ce qui n'est pas moins certain, c'est que les programmes sont fort exigeants. Combien y a-t-il de privilégiés en état de satisfaire à ces programmes, avec des études et des classes beaucoup plus courtes?
C'est la difficulté reculée et déplacée. L'hygiène a bien ses vœux sur ce point et elle les formulera plus loin.
Ici, elle doit indiquer ce que l'on peut obtenir sans autre réforme qu'une meilleure direction des habitudes des élèves.
J.-J. Rousseau a dit que « le grand secret de l'éducation est de faire que les exercices du corps et ceux de l'esprit servent toujours de délassement les uns aux autres. >
Pour exiguës qu'elles soient, les cours des internats existent. Les récréations sont trop courtes et trop rares; mais ces moments de repos ne valent peut-être pas tant par leur longueur que par l'usage que Ton sait en faire. \* En attendant que l'on y substitue des jardins, il faut mettre ces cours à profit. Il faut tirer le meilleur parti possible de ces récréations, tout en désirant vivement qu'on les multiplie ou qu'on en allonge la durée.
Ce n'est pas ainsi que les choses se ^as&fc\\V.
Ces cours n'étaient pas plus grandes, «\ w& Tfeaafea&ss»
plus longues, quand notre génération en usait si bien; mais grâce à cette activité, il y avait alors moins d'anémiques, et moins de ces organismes nerveux, impressionnables à l'excès.
On jouait, on sautait, on courait, avec ardeur; la santé, le caractère, le travail ne se trouvaient pas plus mal de cette gymnastique naturelle.
Une autre gymnastique est venue depuis remplacer les jeux dédaignés.
Comment se passer d'exercices physiques, quelque nom qu'ils prennent et quelque forme qu'ils affectent?
« Dériver l'impressionnabilité maladive des nerfs sur les muscles est le pivot de toute éducation physique. La , santé, l'instruction et la pureté y trouvent un égal profit. L'introduction de la gymnastique dans les établissements scolaires a donné, sous ce rapport, les meilleurs résultats
» En Angleterre, on fait aux exercices du corps une
part qui, avec nos idées routinières sur l'instruction à outrance, nous semble exagérée, mais qui doit contribuer singulièrement à prémunir les enfants contre ce danger
Vouloir élever des enfants dans une ville, au milieu de tous les écueils qu'ils y rencontrent, sans leur donner le bénéfice compensateur de la gymnastique, c'est tout simplement et tout naïvement tenter l'impossible. L'excitabilité nerveuse s'écoule par les mouvements ou par la sensibilité; il est prudent de lui ouvrir de préférence la première porte. Et par gymnastique, je n'entends pas seulement ces exercjces méthodiques et compassés qui se présentent trop souvent avec l'apparence d'un devoir; mais, et surtout, l'activité libre des jeux d'agilité et d'adresse avec la gaieté et l'émulation pour assaisonnement : la natation, la danse, l'escrime, etc. L'enfant doit mener une vie active, presque entraînée; comme l'eau, i\ îaul c\vx!\\ cwstfc wx qji'tt se
VIE ET RÉGIME DES ÉLÈVES. 2ii
gâte, et l'impureté n'entre guère où l'inaction physique ne se glisse pas 1 . »
Quelques pédagogues ont craint que le jeu fit oublier le travail, et que les exercices physiques devinssent un obstacle pour l'application et pour l'étude.
« C'est une erreur bien pitoyable, a dit J.-J. Rousseau, que d'imaginer que l'exercice du corps nuise aux opérations de l'esprit, comme si ces deux actions ne devaient pas marcher de concert, et que l'une ne dût pas toujours diriger l'autre. »
Les anciens comprenaient l'importance de la culture de ces deux modes de l'activité humaine, ils jugeaient sainement de leur influence réciproque.
Après nous avoir montré comment il réglait la part des travaux intellectuels de sa journée, quel temps il consacrait à la lecture, à la composition, Pline ajoute : « qu'il s'occupe aussi des exercices du corps, dont la bonne disposition influe tant sur les opérations de l'esprit » : Aul etiam corpori vaco, cujus fulturis animas sustinelur.
La santé négative, qui ne consiste que dans l'absence de maladie actuelle, ne suffit pas à l'époque du développement et de la culture de toutes les facultés : Parum est œgrum non esse, fortem et lœtum et alacrem volo 2 . « Ce n'est point assez de n'être pas malade, il faut encore que l'élève montre ce courage, cette gaieté, cet entrain que donne la plénitude de la santé. »
Les exercices physiques, largement pratiqués, lui donneront seuls cette santé parfaite, qui n'est pas moins nécessaire pour l'esprit que pour le corps.
Est-ce à dire que, chez quelques nations étrangères, une direction toute différente de celle imposée chez nous aux
1. Fonssagrives, l'Education physique des garçons. \*&a%w*fc> \XY^