Arrêté du 30 janvier
242 UYGIÈNE PHYSIQUE.
une garantie pour la responsabilité de l'administration. Avec ces réserves, renseignement de la musique peut être considéré comme favorable au point de vue de l'hygiène. -Peut-être est-il permis de se demander pourquoi on néglige d'autres exercices, qui ne seraient pas moins utiles dans le même sens. *
On apprend à nos enfants la musique, c'est une excellente chose, mais c'est presque un luxe. Ne serait-il pas aussi bon, et parfois plus important de leur enseigner à bien prononcer, à bien parler, à bien lire, à déclamer à haute voix.
Aujourd'hui, savoir parler en public, même au point de vue matériel de cet art, c'est un talent de première nécessité pour entrer et pour réussir dans toute carrière libérale.
Dans un examen, dans un concours d'agrégation, dans une conférence, un discours, une conversation, dans la lecture publique d'un compte rendu, d'un rapport, quels avantages n'a pas celui qui sait bien parler, bien dire ou bien lire !
Or, cela ne s'apprend nulle part, que je sache, et n'est indiqué dans aucun programme.
Ce savoir est indispensable, et l'exercice qui y préparerait serait d'une excellente hygiène, et d'une gymnastique aussi favorable que celle qui met en jeu les organes de la poitrine et la voix, pour un but moins élevé et moins utile.
Le nombre des chanteurs et des virtuoses ordinaires peut impunément rester slalionnaire ou même diminuer*
Il ne serait pas sans intérêt d'augmenter le nombre des gens capables de s'exprimer convenablement.
Au moins, pourrait-on faire une place à l'un et à l'autre de ces deux modes d'activité des organes respiratoires?
Est-il besoin d'insister sur l'utilité d'un pareil exercice, quand on songe aux longues heures de silence auxquelles
RÉGIME ET SANTÉ DES ÉLÈVES. 2i3
les élèves sont forcément condamnés? À l'étude, silence complet; à la classe, le tour de parier, de lire, de réciter ne revient pas souvent pour chaque élève, surtout avec les classes nombreuses. Si le silence est encore imposé au réfectoire, et pendant le passage d'un exercice à un autre, combien sont rares les instants où Félève exerce ses poumons; car, même à la récréation, la discipline exige que l'on modère ces cris, expression d'un besoin physiologique longtemps contenu !
Au point de vue moral, la musique et les orphéons ont rendu de grands services dans l'armée, où ils forment, comme l'on sait, un excellent moyen de combattre la nostalgie.
La nostalgie est aussi une maladie fréquente dans les internats.
La musique peut être fort bien utilisée, dans le but de relever les esprits chez les jeunes gens éloignés de leur famille ou de leur pays, et qui supportent difficilement le nouveau milieu où ils doivent vivre.
Enfin, *en même. temps qu'elle rend ces services, la musique ne pourrait-elle pas, grâce à une intelligente direction, avoir sur l'éducation une plus haute influence?
« Dans les écoles allemandes, la musique n'est pas regardée, ainsi qu'on le croit généralement de ce côté-ci du Rhin, comme un art d'agrément, comme un simple passetemps; non : elle est traitée par tous ceux qui s'occupent d'enseignement comme un procédé d'éducation et de culture morale, comme un moyen efficace de former le cœur et d'ennoblir l'esprit. L'important pour les Allemands n'est pas de bien chanter, de chanter en artistes, de chanter de jolies mélodies, mais des paroles choisies qui apportent à l'âme de saines pensées, et meublent la mémoire de bienfaisants souvenirs. Aussi les Herder, les Uhland, les SctvKvA, V.^ Hofniann, les Gœlhe, les Schiller oul-VVs co\w^s& ^sfc\«3»
tu Hygiène physique.
enfants de tout âge de charmants petits poèmes, empreints de sentiments religieux et d'amour de la patrie, de petits couplets sur les beautés de la nature, de gracieuses ballades dont les moralités sont dans tous les cœurs, des légendes bibliques ou nationales qui se retiennent sans peine, et se transmettent d'âge en âge, avec les mélodies faciles et gracieuses auxquelles elles sont associées *. »
Service médical de* Internat». Rôle du médecin. 'Visites. Consultations. Questions d'hygiène sur lesquelles il doit être
consulté. Exemples. — Le service médical des internats comprend l'administration des soins médicaux et chirurgicaux d'une part, et de l'autre, l'examen et la solution de toutes les questions d'hygiène et de médecine préventive qui ne peuvent et ne doivent pas être tranchées sans le mé* decin.
1° L'administration des soins médicaux et chirurgicaux proprement dits, c'est-à-dire le traitement des maladies et accidents, appartient au médecin de l'établissement. Celui* Ci doit être aidé par un interne, quand rétablissement est assez important, ou quand le médecin ne demeure pas dans l'internat.
La présence du médecin à demeure est de beaucoup préférable. Elle seule permet d'agir sans retard, sans perle de temps dans les cas urgents, les accidents, les maladies qui exigent une décision prompte, soit pour le traitement, soit pour le renvoi immédiat d'un élève dans sa famille.
Les détails du traitement sont surveillés et les prescriptions exécutées sous la direction d'une infirmière en chef, religieuse ou laïque.
Il doit y avoir une heure fixe, de préférence le matin, pour la visite du médecin, qui voit d'abord les malades placés à l'infirmerie ou alités. Celte visite faite, et les prescriptions
/. Baudoin, Rapport sur V enseignement apèc\a\ e\ ^x\mavr«^ 1865.
formulées sur les registres de visite et de pharmacie, ont lieu les consultations.
Une heure avant la visite, un maître a pris les noms des élèves qui ont besoin de consulter le médecin, et à l'arrivée de ce dernier, ces élèves lui sont amenés par un surveillant. Chacun d'eux vient à son tour dans le cabinet de consultation. Une prescription est faite, s'il y a lieu, et est consignée sur le registre de consultation *.
La visile et la consultation journalières ont une grande importance; non qu'il n'y vienne que des malades sérieux, mais, pour des consultations sans nombre qui se terminent par une prescription banale, pour une foule d'élèves qui ne voient là qu'une occasion de couper le temps du travail par un intervalle de repos, quelques cas se produisent où l'expérience du médecin découvre et peut combattre à temps de dangereux symptômes et prévenir l'éclosion d'une maladie grave ; où il peut saisir l'influence générale ou locale qui domine les malaises dont les élèves viennent se plaindre, et par des mesur.es d'urgence ne pas laisser le temps à une épidémie de se répandre dans l'internat, où il s'agit soit de discerner la simulation et la valeur de plaintes intéressées, soit de remonter à l'origine véritable de certains troubles dont le médecin sait démêler la cause, tandis que ses conseils
1. La visite du médecin a lieu le plus souvent en présence d'une des autorités de l'internat. Cette mesure est excellente pour dégager la responsabilité du médecin et de l'administration ; elle constitue une garantie pour les familles, et les élèves ne doivent voir dans cette présence qu'une preuve de paternelle sollicitude.
Dans certains cas cependant, il peut arriver, — l'expérience me l'a appris, — qu'un élève par timidité ou par honte, n'ose pas, devant un des chefs de l'établissement se confier au médecin, comme il le ferait, s'il était seul avec lui, et qu'il compromette sa guérison, pour avoir trop tardé à consulter. Ce fait, fût-il rare, il y a là im tombée ^v ^sMv. être prévu.
non suspects peuvent avoir une décisive et curative influence sur la maladie l .
La plus modeste consultation a ses cas intéressants, Finfirmerie la plus restreinte peut fournir à qui observe et étudie des occasions de mettre à profit la science et l'expérience acquises.
L'internat doit être considéré comme une grande famille où les mêmes influences bonnes ou mauvaises, tendent à engendrer les mêmes dispositions, les mêmes" aptitudes, les mêmes conditions de santé, ou de maladie, et à généraliser les mêmes causes de force ou de faiblesse, de résistance ou d'aptitudes morbides, pour autant que l'individualité de chacun s'y prête.
Le véritable médecin, dans la famille, tient grand compte de ces influences, s'il veut guérir et surtout prévenir.
Dans l'internat, la visite journalière constitue la part la plus manifeste mais, la plus grossière, de l'intervention du médecin et des services qu'il peut rendre.
Qui ne verrait plus loin que les malades en traitement, et ne porterait plus haut sa sollicitude et ses soins, négligerait une partie non moins fructueuse et non moins importante de sa mission, et méconnaîtrait un des éléments essentiels de sa responsabilité.
Tous les soins étant donnés sous la responsabilité de l'administration et du médecin qu'elle a choisi, aucun traitement conseillé par les médecins des familles des élèves, ne peut être exécuté, aucun médicament introduit ou délivré, sans l'autorisation du médecin de l'internat.
1. M. Vernois a dit en parlant de la consultation au lycée : . « C'est à l'aide des consultations journalières que beaucoup de maladies sont jugulées à leur naissance, ou réduites dans leurs manifestations consécutives à un degré très -inférieur de gravité. Ce genre de traitement préventif, la consultation, constitue à mon sens une. des premières mesures d'hygiène. » »
La constatation de la guérison d'un élève ne peut être faite que par la même autorité, et l'élève, qui a été soigné au dehors, ne peut être admis à rentrer dans l'internat que sur l'avis favorable du médecin. Il doit donc être amené par sa famille à l'heure de la visite médicale, pour y être interrogé et soumis à un sérieux examen. Le renvoi des malades atteints d'affections contagieuses serait illusoire, si l'élève pouvait rentrer avec les apparences seules de la guérison. Or, en matière de fièvres éruptives, par exemple, le danger de la contagion se produit souvent au maximum pendant la convalescence, alors que les croûtes ou pellicules, en se détachant, fournissent le meilleur moyen de transmission de la maladie. L'examen fait par le médecin, à la rentrée de l'élève, révélera l'état de l'ex-malade, et permettra de décider s'il peut rentrer, ou non; et, dans le premier cas, quelles mesures (bains, nettoyage des vêtements, etc.) doivent être prescrites, à titre de garantie, pour la santé générale de l'internat.
Ces mesures, toujours prises à l'égard des élèves qui ont été soignés à l'infirmerie, ne sont pas assez rigoureusement mises à exécution pour les élèves soignés au dehors, le jour de leur rentrée.
Pour l'internat, l'élève rentrant dans ces conditions, est un malade, tant que le médecin de la maison n'a pas officiellement constaté et garanti sa guérison.
2° Soins médicaux préventifs et mesures d'hygiène. — Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de cette partie si importante du service médical de l'internat. Il suffira de dire que le médecin a le devoir de constater, à leur entrée dans l'établissement, l'état de santé de chaque élève; qu'il ne doit pas se contenter de cet inventaire, si nécessaire pour la responsabilité de la maison ; qu'il doit y ajouter tous les renseignements sur la santé, sviv tes» \sffita£&*& ^fe.rieurès de Véîève (commémoratife Ww wW\fc* \*\ws> ^^ **•
3i8 HYGIÈNE PHYSIQUE.
cas de diagnostic douteux, ou de maladie à forme insolite); enfin que, pendant le séjour de l'élève', ce dossier sera tenu au courant de toutes les maladies ou indispositions qui se seront produites chez le même sujet.
Le médecin doit procéder à la revaccination de tout élève entrant et à des revaccinations périodiques générales, même en dehors de toute épidémie (nous en avons démontré plus haut la nécessité); il est consulté sur les demandes de régimes spéciaux, sur les cas d'exemption de certains exercices physiques, de la gymnastique, des longues promenades, de la natation, etc.
Les notes prises par lui sur l'état de santé de chaque élève seront très-précieuses dans toutes ces circonstances.
Les altérations de la vue, et notamment les cas demyopie {sur la fréquence desquels les statistiques étrangères, et quelques chiffres recueillis en France et cités plus haut ont attiré si vivement l'attention depuis quelques années *), seront notés avec le plus grand soin, et rapprochés des conditions d'éclairage diurne et nocturne des salles où travaillent les élèves.
1. J'ai indiqué sur ce sujet, étudié au long dans Y Hygiène scolaire, les travaux et statistiques du docteur Cohn, en Allemagne, qui, sur 10000 enfants observés en deux années, en a trouvé plus de 17 pour 100 atteints d'altérations variées de la vue; ceux du docteur Guillaume, de Neuchâtcl, les relevés du docteur Yirchow, les statistiques publiées aux États-Unis sur cette question; j'ai cité plus haut les recherches du docteur Gayat sur les écoles, le lycée et les collèges de Lyon ; enfin je puis y «jouter les chiffres lus à la dernière réunion (1876) de YAmerican social science Avtocialion, qui présentent à Cincinnati pour la myopie scolaire une fréquence de 13,8 pour 100 dans les écoles de district ou dans les écoles intermédiaires, et de 25,8 pour 100 dans les colcs normales et les high schools. Au collège de New-York, les myopes figurent pour 21,9 pour 100 dans les basses classes; pour 26,2 pour 100 dans la classe intermédiaire; pour 22,7 pour 100 dans la classe au-dessus, et enfin dans la classe la plus élevée, pour 50 pour 100. (The hêalth of schools. Boston, \«lft^
Il serait également bien important d'avoir des relevés périodiques indiquant la mesure du développement thoracique des jeunes gens, et de recueillir tous les faits de déviations de la taille, en les faisant suivre de renseignements sur la disposition des tables et des bancs des salles d'étude ! .
Les cas où les exercices gymnastiques exerceraient une influence heureuse sur ces déviations seraient très-utilement notés.
A côté de ces questions intéressant chaque élève, le médecin aura à donner son avis sur toutes les mesures d'intérêt général, en tant qu'elles touchent à la santé des élèves. Alimentation, boissons, quantité, qualité; durée du temps de travail, veillées, habillement, soins de propreté, bains, modifications ou dispositions nouvelles, etc., en un mot toutes les questions d'hygiène intéressant directement l'ensemble des élèves, doivent être soumises à celui qui est compétent pour en discuter le mérite, ou l'opportunité.
Enfin, le médecin devra également être consulté sur celles des conditions matérielles de l'internat qui peuvent avoir une influence sur la santé du personnel qui l'habite : disposition des locaux, améliorations à apporter dans l'installation des différents services, et généralement à propos de toutes les mesures touchant à la salubrité ou à l'hygiène de l'établissement.
Ainsi comprise, la mission du médecin s'élargit et s'élève : ce n'est plus une visite banale, une consultation sans intérêt dont il est chargé.
Que le médecin de l'internat ne réclame pas ce surcroît de besogne, lui qui n'en manque guère, on le comprend ; mais que l'administration d'un internat se prive volontairement de ses lumières, c'est ce qui est moins admissible.
Construit-on un internat, y fait-on des additions, des
1. Voir les statistiques sur ce sujet, citées ton* \H\^V.è,tve, ^o\wt-
modifications importantes, la direction, l'architecte, le conseil d'administration ou de surveillance, pourront s'éclairer des conseils du médecin. C'est pour avoir négligé d'invoquer à temps cet utile concours que l'on voit tant de plans, de bâtiments, de dispositions, où l'on semble avoir pris à plaisir le contre-pied de toutes les règles hygiéniques les plus élémentaires; et ici, je laisse de côté les cas où le défaut d'argent ou d'espace excuse, jusqu'à un certain point, ces infractions ; je parle de ceux où il n'a rien manqué, si ce n'est un avis opportun, faute d'une enquête auprès de l'homme compétent. Et ces cas ne sont pas rares!
Il est vrai que ce même médecin, non consulté à propos, sera appelé à faire un rapport, à la fin de chaque année, sur les conditions hygiéniques du local dont, spectateur impuissant, il a vu préparer les constructions ou le^ transformations défectueuses : tardive et dérisoire enquête, qui ne laisserait au médecin qu'un droit de critique rétrospective, et l'expression de regrets pour longtemps inutiles, parce qu'ils trouvent le fait accompli et les crédits épuisés !
Qu'un simple particulier bâtisse à- sa guise, au risque de réaliser, dans la construction de son choix, les conditions les plus anti-hygiéniques, s'il doit supporter seul les risques de son imprudence, c'est son atfaire.
Mais qu'une administration ayant charge de vies, ait cette confiance et cet aveuglement, on s'étonne d'un pareil oubli des responsabilités !
Si l'hygiène est une science de plus vieille date qu'on ne croit, les érudits seuls en savent quelque chose, car les premiers efforts pour sa vulgarisation datent à peine d'hier. Mais jusqu'à nouvel ordre, au moins, il n'est pas superflu que les intérêts qu'elle doit protéger soient représentés dans les conseils, commissions administratives et de surveillance des internats, çat wa. Weaate çato^XkkA..» mrlout
quand il s'agit de la santé des jeunes générations confiées à ces établissements par les familles.
Principale* maladies observées dans les Internats. —
Il est très-regrettable que Ton ne puisse posséder une statistique générale des maladies observées dans les internats.
Comment se résoudre aisément à perdre un élément d'appréciation qu'il eût été si utile de posséder pour juger de la valeur des améliorations introduites, qui eût été la sanction, le critérium pratique de l'efficacité prétendue ou réelle de certaines innovations dont on désirerait obtenir, par des faits rigoureusement observés, la démonstration, sans cela toujours incertaine?
Possible, dans une certaine mesure, pour les internats publics, grâce à la centralisation au ministère de tous les documents recueillis par les recteurs, cette statistique ne peut être aussi facilement obtenue dans les établissements libres.
D'ailleurs, la statistique n'a de valeur que quand elle porte sur des faits observés dans des conditions identiques ou au moins analogues. Or, si celte uniformité existe dans les établissements publics, assujettis à des règlements et à des habitudes stéréotypées, elle ne se rencontre pas, au même degré, dans les établissements libres, qui se distinguent entre eux par la variété des règlements, l'indépendance et la diversité des usages.
Les éléments de la statistique des maladies observées dans les établissements libres ne seraient donc pas comparables à ceux présentés par les établissements de l'État; ils ne seraient pas même comparables d'un établissement libre à un autre.
Espère-t-on que la diversité des usages pourrait rendre compte de la différence des résultais?
Réduite à comparer des groupes troc ^w v«^w\Kc^ n que pourrai! prouver une statistique ràvs\\\twvV.fetfl
Les difficultés abondent :
Le nombre des élèves soignés pendant tout le cours de leurs maladies dans l'internat est très-restreint.
Un élève est-il atteint d'une maladie aiguë, en général il quitte l'internat pour être soigné dans sa famille, peutêtre même avant que le diagnostic ait pu être formulé d'une manière positive. Les renseignements ultérieurs obtenus indirectement de la famille, et non sur des faits observés par le médecin de l'établissement, ne permettront d'établir, qu'une statistique forcément incomplète, incertaine, per instructive.
S'agit-il d'une maladie épidémique, contagieuse ou infectieuse qui se déclare et menace l'établissement, la prudence ordonne de renvoyer aussi promptement que possible tous les élèves dans les familles pour les soustraire au danger. Avec quelque rapidité que l'on opère, on observe encore quelques éclosions d'un mal déjà propagé ; puis on s'évertue à en chercher la cause et, s'il est possible, à en prévenir le retour, en assainissant, en purifiant les locaux : le danger est enfin écarté de la maison ; mais voilà la statistique de l'internat qui chôme : on n'a plus à enregistrer que le triomphe de l'hygiène!
Les affections chroniques observées offrent- elles des éléments plus nombreux et plus concluants à la statistique?
D'abord, tant que l'état de santé des élèves n'aura pas été systématiquement, minutieusement observé, et noté, au jour de leur entrée dans l'internat, quelle valeur pourrat-on donner à ces manifestations, premières et indécises révélations de maladies chroniques se développant dans l'ombre, quoique l'origine en remonte peut-être au-deli de l'entrée de l'élève!
Enfin, une statistique n'enregistre que des faits déclarés, patents. Il y a des états morbides qui se préparent sans éclat ; sans manifestatious\it\x^\v\.^ r ^\!^4mller de soup-
çons ou de craintes, et vont ainsi jusqu'à l'éclosion caractéristique : dénouement qui ne se produit parfois qu'après des mois, des années de cet état latent, souvent après la sorlie de l'internat.
Là encore, la statistique est muette. Celui qui était malade l'ignorait et ne consultait pas. Une maladie ainsi préparée est cependant acquise à l'individu, imputable à ces années passées dans l'internat, bien qu'elle échappe à la statistique de cette période.
Malgré ses difficultés et ses imperfections, nous regrettons vivement l'absence d'une statistique, ou de renseignements aussi complets que possible sur la question qui nous occupe.
On verra plus loin qu'il y a des maladies pour lesquelles . elle serait indispensable et d'une réalisation relativement facile.
A défaut d'une sérieuse et complète statistique, l'hygiène ne peut-elle au moins tirer profit de la connaissance des principales maladies communément observées dans les internats, afin de chercher si quelques-unes n'auraient pas leur origine dans les conditions qui sont faites aux élèves, chez eux, ou dans l'internat?
Il y a des indispositions qui ont pour ainsi dire leur jour fixe. Quel médecin d'internat ne connaît ces indigestions si communes qui éclatent au lendemain des sorties, comme pour en déceler la cause? Tout cesserait avec le retour aux repas réguliers et aux habitudes de la maison, s'il n'y avait encore ces abus des provisions qui rendent la règle illusoire et causent de si fréquents séjours à l'infirmerie !
La nostalgie, cette maladie si commune chez le soldat, et à laquelle contribuent la séparation de la famille, et la tristesse de la vie de caserne, n'est pas rare non plus dans les internats. On cesse de l'y rencontrer, quand on entovito. las» élèves de soins qui rappellent ceux àe\a foxnft^ <agyas^^
ne leur laisse pas sentir l'isolement, quand on donne à l'internat un aspect gai, agréable, au lieu de la Yiie de ces préaux entourés de quatre grands murs; quand on sait rendre le travail aimable, au lieu d'en faire une tâche imposée et subie à regret.
Les maladies nerveuses sont fréquentes dans tes internats dépourvus d'espace, d'air, où les élèves ne peuvent faire d'exercices physiques suffisants, où les études absorbent toute la journée, où la lutte est vive pour les prix, où les diplômes et grades ne laissent ni repos. ni sommeil, où la gymnastique n'est pas cultivée. Dans les hôpitaux d'enfants, on guérit merveilleusement les maladies nerveuses par la gymnastique associée au chant 1 . Pourquoi l'internat n'accepterait-il pas ces moyens pour les enfants auxquels il irapose onze heures de travail, et de vie sédentaire ? Il préviendrait bien des affections nerveuses chez les élèves.
On observe des 7naladies de la peau. La toilette des élèves est si sommaire, si incomplète, même quand elle affecte quel* que recherche ! Les bains sont rares, l'activité de la peau insuffisante, les sécrétions séjournent sur les téguments, et les irritent. Avec plus de propreté, et des ablutions plus fréquentes, on peut aisément diminuer le nombre de ces maladies. Mais ce sont là- des conditions nécessaires!
Les maladies parasitaires (pediculi, les affections comme l'herpès tonsurant, les teignes, etc.), sont prévenues par les soins de propreté, par l'examen fréquent des têtes; les cheveux seront coupés courts; la séparation absolue des élèves malades, l'éloignement de tout enfant atteint de maladie parasitaire du cuir chevelu la destruction par le feu de ses objets de toilette, des casquettes, etc., constituent des mesures indispensables.
I. Laisné, Applications de la gymnastique à la guérison de quelques maladies. 18C5.
Les maladies des dénis et des oreilles ont bien souvent aussi leur origine dans l'absence de soins de propreté suffisants. L'accumulation du tartre irrite les gencives, déchausse les dents, et les altère à la longue. La présence du cérumen durci a plus d'une fois induit en erreur sur la nature et la gravité d'une surdité qui cédait à quelques soins de propreté.
Les furoncles de la nuque et du cou, si communs chez les soldats en raison du frotlement du col de la tunique, ne le sont pas moins chez le collégien, et pour la même cause, à laquelle il faut aussi ajouter le frottement d'un col de chemise en toile grossière.
Il y a les maladies de l'âge, les fièvres éruptives; elles demandent une attention continuelle, pour prévenir la formation de foyers de contagion dans l'internat. De là, la nécessité de la visite journalière du médecin, qui permet de reconnaître les premiers prodromes, et de sauvegarder par l'isolement, ou mieux encore par l'éloignement , toute la population de l'internat.
Il y a les maladies de l'encombrement.
Les médecins militaires les plus autorisés admettent que l'agglomération, l'encombrement, la vie en commun dans les casernes constituent des causes auxquelles il faut attribuer, soit la production, soit la propagation de la phthisie pulmonaire, si commune dans l'armée.
J'ai montré plus haut que les mêmes causes créent ou propagont le germe de la fièvre typhoïde.
Si l'internat reproduit les conditions du casernement, que l'on ne s'étonne pas s'il offre les mêmes dangers, grandis sans doute par l'intensité du travail intellectuel et la durée plus longue de la réclusion dans le milieu scolaire où existe cette agglomération.
Un internat où règne l'agglomération est meurtrier pour les élèves, aujourd'hui ou demain, pendawl V^ ^fctV&fc. ^s.^
études ou plus tard. Cela est fatal. La date seule est incertaine.
Les maladies des yeux sont communes dans les internats: ophthalmies scrofuleuses, ophtliahnies rhumatismales, ophthalmies plus graves; conjonctivites dues aux longues heures d'étude, à l'influence de la lumière du gaz, de la couleur des murs blanchis à la chaux, du sable de ces préaux, où il n'y a ni verdure ni ombre.
La myopie ne trouve que trop de raisons de se produire dans cet espace à l'horizon restreint, dans la mauvaise position des élèves pendant le travail, dans un mobilier défectueux, un éclairage de jour ou du soir mal installé, et dans l'emploi de livres imprimés en caractères trop petits.
Le docteur Gayat de Lyon a publié des résultats statistiques très- intéressants à propos des altérations de la vue constatées par lui dans les écoles de la ville de Lyon 1 . Les
1» En ce qui concerne les écoles de Lyon, le docteur Gayat a noté que « 1 588 enfants, compris entre l'âge de six et quatorze ans, parmi lesquels se trouvent 483 filles, ont donne 160 cas d'amétropie ;
» H 05 garçons ont fourni 44 myopes et 80 hypermétropes. 483 filles ont donné 8 myopes et 28 hypermétropes.
» Ces chiffres se décomposent de la façon ci-dessous : » 1° Pour les 52 myopes.
» 38 myopies faiblos, depuis 1/48 jusqu'à 1/16.
» 9 myopies moyennes, depuis 1/16 jusqu'à 1/8.
» 5 myopies fortes, depuis 1/8 et au-dessus.
» 2° Pour les hypermétropies.
» 98 hypermétropies faibles.
» 6 hypermétropies moyennes.
» 4 hypermétropies fortes.
» Trois enfants myopes d'un côté étaient hypermétropes ou emmétropes de l'autre. »
L'auteur a ensuite noté des cas de strabisme et des déviations de l'œil paraissant se rattacher à des taches cornéennes assez nombreuses, 35 cas d'inflammation des paupières, presque toujours accompagnées de manifestions scrofuleuses de la face et du cou (eczéma, adénites), des variétés de granulations, \m cas de ^umus, etc.
résultats de son enquête sur la myopie des lycéens et collégiens ne seront pas ici sans intérêt.
L'auteur a été consulté par 36 collégiens, dont 11 hypermétropes, les autres myopes.
Sur un total de 1000 malades observés, et parmi lesquels ont été notés 149 myopes; les collégiens et lycéens figurent en tête de la liste pour le chiffre de 25, puis viennent les médecins, pharmaciens, étudiants, pour le chiffre de 24, les professeurs, gens de bureau, sont au nombre de 17, etc.
<k II saute aux yeux, dit le docteur Gayat, que les professions libérales fournissent le plus grand nombre de myopes, à commencer par les collégiens; on voit que les étudiants de toute sorte, les docteurs en. médecine, les employés de bureau constituent beaucoup plus du tiers des myopes observés (ici 149) *. »
L'auteur, tout en faisant aussi large que possible la part qui revient aux prédispositions congénitales et à l'hérédité dans le développement de la myopie, est obligé de constater l'aggravation manifeste que certains travaux et certaines conditions hygiéniques, apportent généralement dans le degré de cette affection.
J'ai donné dans Y Hygiène scolaire des Statistiques relatives à la fréquence de la myopie dans les écoles.
L'enseignement supérieur présente aussi une très-grande fréquence de myopie. Le rapport ministériel de 1865 disait :
« Un quart des élèves de l'École polytechnique et de l'Ecole normale sont obligés de porter des lunettes. »
La chirurgie des internats comprend surtout le traitement des fractures, entorses et foulures, déterminées par les jeux, mais surtout par les exercices gymnastiques : non pas ceux que le professeur dirige, mais ceux auxquels se livrent
1 . Notes sur l'hygiène oculaire dans les écoles et dam Va \>\K\fc à*. Lyon. Paris, A. Delahaye, 1874.
les élèves laissés à eux-mêmes, en dehors de la présence et delà surveillance du maître (exercices si sagement interdits par les règlements des lycées).
Enfin, il faut tenir compte des hernies et orchites trauviatiques qui se produisent dans les mouvements violents, et dans l'exercice du cheval au gymnase.
On voit aisément par cette liste, bien incomplète, sans doute, quelle part l'hygiène et la surveillance peuvent prendre dans la prévention de la majorité des affections observées chez les élèves des internats.
On ne voit pas moins clairement qu'une statistique serait singulièrement utile pour élucider certains points encore un peu douteux, comme la question de la myopie scolaire, par exemple.
C'est surtout pour ce genre de maladies dont le degré de fréquence et l'origine ont encore besoin d'être démontrés d'une manière rigoureuse, que la statistique offrirait le plus de facilité. Une enquête portant sur ces dix années passées dans l'internat par les élèves, ou même sur une moyenne de la moitié de ce temps, pourrait en dire à l'observateur attentif un peu plus long que ce que nous savons encore sur ce sujet ; et, dés faits bien constatés à différentes époques du séjour des élèves, on pourrait enfin tirer des conclusions indiscutables relativement aux réformes proposées pour les services de la classe, de l'étude, de l'éclairage et du mobilier scolaire.
Ceux qui entreprendront courageusement cette voie, rendront un service incontestable à la science, et à l'hygiène. Le docteur Gayat de Lyon a donné chez nous en ce qui touche les altérations de la vue un exemple qui doit être suivi.
Il ne serait pas moins important d'étudier, d'une manière plus précise qu'on n'a pu le faire jusqu'ici, la question des déviations de la taille et des difformités d'origine scolaire.
L'hygiène gagnerait à être renseignée par des faits indubitables et suffisamment nombreux sur la fréquence de ces maladies, et surtout sur la part que les attitudes de l'élève, et la proportion trop restreinte des exercices physiques et gymnastiques peuvent avoir dans leur production.
Mortalité dans les internats. — Après C6 qui a été (lit
plus haut de l'absence de documents précis, touchant 1 1 statistique des maladies observées dans les internats, et des causes qui tendent à rendre une statistique de ce genre peu complète et peu instructive, on ne s'attend pas à trouver ici le chiffre de la mortalité dans ces établissements, plus exact ni plus concluant.
Pour les établissements publics au moins, les chiffres ont pu être relevés, et la dernière statistique (1865) les a donnés, pour ce qu'ils valent, et pour ce qu'ils peuvent prouver.
Il ne faut pas se faire d'illusion en effet sur des documents qui ne portent que sur une seule catégorie d'établissements. On regrette de ne pouvoir les comparer à ceux recueillis dans les internats libres, et de n'être pas à même de tirer de cette comparaison, rapprochée de celle des conditions hygiéniques, un profit tel quel pour la science, et des indications pour les améliorations à poursuivre.
L'observation est deux fois incomplète, elle l'est pour les maladies, elle l'est pour leur terminaison.
En ce qui touche les lycées, voici les chiffres publiés dans la statistique de 1865 4 , et comparés à ceux de la mortalité générale des individus du même âge.
« D'après la statistique officielle, les décès moyens annuels pour les garçons de 10 à 18 ans dans la population française sont de 0,54 pour 100.
» Or les lycées n'ont perdu en 1865 qu'un élève sur 505;
1. Le ministère de l'instruction publique doit prochain ement çublvet une statistique nouvelle (1877).
ce qui donne une proportion presque trois fois moins forle. (La moyenne des cinq années, 1862-1866, parmi lesquelles te trouve une année de choléra, donne un décès pour 499 élèves.)
Sur une population de 17 722 élèves internes, la mortalité a été de 6 morts pour 18 000, ou 1 mort sur 3000, ou 0,07 sur 500.
Précautions a prendre contre les épidémies. — J'aj insisté plus haut sur.la nécessité d'une propreté absolue dans l'internat comme condition indispensable de la salubrité.
Même en dehors de tout encombrement, la présence de nombreux élèves dans les mêmes salles, pendant un temps plus ou moins long, expose à la viciation rapide de l'air de ces locaux, au développement, à la diffusion des miasmes; enfin elle favorise les conditions de transport, de propagation, de contagion des maladies épidémiques.
En l'absence de toute épidémie, le renouvellement fréquent de l'air, la ventilation diurne et nocturne, la propreté minutieuse des salles, du mobilier, des vêtements, des lits et du corps des élèves, sont des moyens préservatifs toujours indispensables, et de l'observation desquels on ne saurait se départir un instant sans danger.
Une épidémie a-l-elle fait son apparition dans l'internat ou seulement le menace-t-elle, des mesures d'un autre ordre doivent s'ajouter à ces précautions de tous les jours.
Tout élève atteint doit être immédiatement séparé de ses condisciples. Un malade est un foyer de maladie qui menace les individus bien portants.
Le médecin doit donc, en temps d'épidémie, redoubler de vigilance et d'attention, pour surprendre les premiers symptômes, et en arrêter à temps les manifestations ou mettre les autres élèves à l'abri de la contagion.
Le régime (aliments, boissons) sera plus tonique que /l'ordinaire; le travail sera diminué; on donnera plus fré-
quemment des bains; on chassera toute préoccupation par des distractions, des promenades.
Les altérations de l'air, la présence de miasmes, de germes morbides dans l'atmosphère respirée par les élèves, doivent être combattues, sans perdre un instant, par tous les moyens que la science met à notre disposition.
Les germes des maladies épidémiques sont loin d'être tous connus, ainsi que les conditions de leur développement et de leur propagation.
On devra donc, par précaution, faire usage des meilleurs désinfectants, et des substances que la chimie a reconnues capables de détruire les miasmes et les organismes qui déterminent la fermentation et la putréfaction.
La plus grande attention devra être portée sur l'état des réservoirs d'eau potable. Ils devront être nettoyés et purifiés.
Les ruisseaux, les caniveaux devront être désinfectés.
On fera visiter tes murs des fosses d'aisances, examiner s'ils sont bien étanches; si aucune fuite n'existe.
Des solutions désinfectantes seront jetées pour assainir les laveries, les latrines, urinoirs, égouts, etc.
Une solution contenant :
Eau 25 litres.
Acide phénique 500 grammes.
servira à cet usage.
On emploiera une solution moitié moins forte :
Eau 50 litres.
Acide phénique 500 grammes.
pour arroser ou laver les planchers, pour nettoyer les vases et ustensiles d'infirmerie.
Un mot sur les principes, qui doî\ei\\, fowmvt \*& \s&v^-
lions, et diriger dans le choix des différentes formules à mettre en usage.
Les substances désinfectantes peuvent être rangées en trois catégories, d'après leur mode d'action.
Les unes absorbent mécaniquement les gaz formés : ainsi le charbon, l'argile, l'alumine.
D'autres, par la réaction chimique qu'elles déterminent, s'opposent à la décomposition : ainsi le chlore et ses composés, l'ozone, le permanganate de potasse, le sulfate de fer, de chaux, de zinc, de cuivre, etc..
D'autres enfin suspendent la fermentation et préviennent la putréfaction due au développement des bactéries (les bactéries sont le point de départ, la condition de la putréfaction des matières qui contiennent de l'azote ou de l'albumine) : ainsi, le phénol, la naphthaline (produits de la distillation du goudron de houille).
Les désinfectants volatils ne sont pas les meilleurs, car d'une part, ils gênent par les odeurs qu'ils répandent, et ils cessent bientôt d'agir, à mesure qu'ils s'éva- • porent.
Les solutions de sulfate de cuivre et de zinc sont préférables. Elles ne dégagent aucune odeur, elles ne peuvent donc gêner, et elles ne masquent pas les émanations que l'on se propose de détruire; enfin, leur action est beaucoup plus durable. La solution de sulfate de fer a l'avantage d'être d'un prix très- modique, mais elle ne préserve que pour un temps, car, à l'air, le sulfate de fer se décompose vite en sulfate ferrique.
Le docteur Berthenson, directeur du lazaret de la Société de secours aux blessés militaires de Saint-Pétersbourg a expérimenté pendant deux ans avec succès un mélange très-peu coûteux, qui assurerait parfaitement la désinfection.
Voici la formule de ce àfesmtecXaAvV <\\ù.> toas» ^ tamço-
sition compliquée, semble viser toutes les causes de putréfaction possibles :
Sulfate de fer 50 parties.
— de cuivre 4 —
— de zinc '. 6 —
Argile calcinée 35 —
Phénol 3 —
Naphthaline 2 —
Total 100 parties.
Il en explique ainsi les réactions multiples :
« Le sulfate de fer agit sur l'ammoniaque (il se forme du sulfate d'ammoniaque et du protoxyde de fer qui absorbe l'oxygène qui pourrait agir pour activer la putréfaction). Il décompose l'acide sulfhydrique en présence de l'ammoniaque. Le sulfate d'ammoniaque, le carbonate de fer, et le sulfure de fer, produits de ces réactions, sont inodores.
Le sulfate de cuivre absorbe l'ammoniaque qui échappe à la réaction.
Le sulfate de zinc donne avec l'albumine une combinaison stable.
Le phénol suspend la putréfaction.
La naphthaline absorbe les hydrocarbures odorants non absorbés par les autres substances. »
On attachera une très-grande importance à ce qu'aucune surface dans les locaux habités ne conserve, pour les abandonner un jour à l'atmosphère, des poussières pouvant renfermer des organismes microscopiques : algues, vibrions, bactéries ou monades, poussières vivantes, éléments de maladies qui n'attendent là que des conditions favorables 1 .
Si les murs, si les plafonds ont été enduits, comme je l'ai demandé plus haut, d'une substance (mastic, vernis), dure,
1. Marié-Davy, Recherches et expériences sur tes ipoumcte,^ w^fcniques tenues en suspension dans l'air.
lisse, susfceptible d'être aisément lavée, un lessivage avec un liquide désinfectant sera exécuté immédiatement.
Ou bien, on profitera de l'évacuation des élèves, pour faire subir aux murs et aux plafonds un nettoyage à fond, suivi d'un stucage qui en permettra ultérieurement le lavage fréquent.
Le mobilier devra aussi être nettoyé, la literie renouvelée, désinfectée, s'il y a lieu.
Si quelque cause locale semble entretenir la maladie, si un foyer existe dans l'établissement ou dans son voisinage, la prudence exige de licencier l'internat.
L'adoption de ces mesures sera décidée sur l'avis du médecin 1 .
Inspection des internats an point de vue de l'hygiène. —
Les établissements d'instruction secondaire publics ou libres sont soumis à des inspections régulières.
L'hygiène est un des points sur lesquels doivent porter ces inspections.
Pour les établissements publics, les moyens.de contrôle sont tout tracés.
Les inspections des établissements libres sont également réglées par les instructions et circulaires ministérielles.
Les établissements libres d'instruclion secondaire doivent tre inspectés au moins une fois par an 2 .
Les devoirs des inspecteurs en ce qui touche l'hygiène des locaux sont brièvement indiqués dans l'instruction suivante :
« Vous visiterez particulièrement les parties de rétablissement qui sont destinées aux élèves.
1. Les principales maladies qui peuvent se montrer dans les internats avec le caractère épidémique, sont : la rougeole, la variole, la scarlatine, la grippe, la coqueluche, l'angine coucnneuse, les oreillons, la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra.