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ti. Cli. d.» tVanqui ville, Conférences sur les écoles pu.Mu\ue% «xv. Nxv.glete/re:

tesse et bonnes manières seraient mal vues au lycée; et les risées des camarades ont bien vite guéri ceux qui étaient tentés d'importer des habitudes traditionnelles reçues dans la famille. Il est de mode et de bon ton, au collège, de se montrer brutal; une grossièreté de convention n'y est pas en défaveur. On aime à affecter le dédain de l'autorité, l'absence de respect pour toute supériorité. Le persiflage est en honneur; l'air blasé, et la moquerie toujours prête, semblent un certificat de haute valeur intellectuelle.

Comme partout où des hommes sont réunis dans un étroit espace, la jalousie, la haine et les mauvaises passions tendent à se développer, ainsi qu'en une serre-chaude, s'il n'est pas accordé une place importante à l'éducation.

Nulle part ailleurs elle n'est plus nécessaire que dans l'internat, ce milieu où le mal trouve, pour se propager, l'ardeur de la jeunesse, des penchants vers le vice qui ne demandent qu'à se révéler à eux-mêmes, et cette aptitude à l'imitation, si funeste quand elle n'est pas convenablement dirigée et lorsqu'on ne lui choisit pas ses modèles.

Là où l'on fera à une éducation saine et forte la part qu'elle mérite, on aura la certitude d'élever une génération plus robuste et incontestablement meilleure.

Tacite exige de tout jeune homme qui veut aborder une carrière libérale deux conditions essentielles qu'il mentionne à leur place et dans l'ordre de la valeur qu'il leur attribue : d'abord, il veut que « l'élève ait reçu une bonne éducation domestique j>;imbutus domesticâ disciplina; en second lieu, il faut « qu'il ait été façonné aux bonnes études, » refertus honestis studiisK

N'a-t-on pas quelque peu négligé la première partie du programme pour la seconde?

i. Tacite, De Orat., 34.

Ce n'est pas que nous voulions déprécier celle-ci, même au point de vue qui nous occupe.

L'Instruction auxiliaire de la morale. — On a SOU vent

raillé ceux qui comptent pour l'amélioration des qualités morales des hommes sur l'influence de l'instruction.

Des voix autorisées se sont prononcées contre des illusions que personne ne saurait sérieusement partager 1 .

Qui donc prétend que l'on trouve d'emblée ces qualités morales dans l'étude des sciences ou des langues, voire du latin ou du grec?

Ceux qui ont de l'éducation de la jeunesse une grande expérience savent se mettre en dehors de toute exagération et ne méconnaissent pas la part qu'il convient d'accorder à l'étude des lettres, dans la préparation, dans la direction de l'homme moral, comme de l'homme intellectuel.

Le témoignage qui suit, émané d'un maître en pédagogie, a bien quelque valeur.

a Ce n'est pas du tout la culture de l'esprit qui rend les enfants raisonneurs, suffisants, insubordonnés, turbulents. La source féconde de ces mauvaises qualités est dans le cœur, que la culture de l'esprit ne gâte pas ; mais qu'elle seule, si elle est ce que dit son nom, peut ou empêcher, ou contenir, ou détruire. Cultiver l'esprit, ce n'est pas développer les facultés sans but, sans mesure et sans règle. Pour le cultiver, il faut d'abord choisir des sujets convenables, qui excitent dans l'enfant tout ce que le Créateur a mis de beau, de noble, de divin, d'immortel dans l'homme. A cette instruction, il faut ajouter des exercices propres à faire bien saisir les vérités dont elle se compose, et à les

1. « Malheur au peuple qui confond l'enseignement avec l'éducation, qui croit que le bien jaillit de la science et de )a littérature, quelles qu'elles soient, et qu'aligner des mots qui se pondèrent, c'est préparer l'âme de l'homme et du citoyen! » (Lacordaicc, Des sicjwe& d& Va. OcvwV*. de Vhumaniïé.)

rendre indélébiles pour la vie. La réunion de ces deux éléments constitue la culture de l'esprit 1 . »

• Sage interprétation qui grandit et élève le rôle du maître et fait de l'instruction l'auxiliaire de l'éducation !

La culture de l'intelligence, qui réagit si utilement sur le cœur, n'est pas moins favorable à l'hygiène physique elle-même.

« Si les modificateurs physiques montrent leur puissance pour agir sur le moral de l'homme, la proposition réciproque a également reçu de belles démonstrations. On a pu voir que bien souvent c'est le moral qui forme le physique; c'est l'esprit qui, par son attention et son vouloir, développe et perfectionne l'organe; c'est l'esprit qui régit le corps; c'est par la science reçue, par renseignement que se dissipent les erreurs, les superstitions, que l'on corrige les vices, qu'on forme les vertus, et que l'homme approche le plus possible de la perfection morale et physique 2 . »

I e ce que doit être un internat de renseignement secondaire. — « Sans l'esprit de famille, — a dit un éducateur distingué de la jeunesse, — la vie du collège serait une vie contre- nature, douloureuse et funeste, qu'il serait coupable d'imposer à un seul enfant. »

Il ajoute ailleurs : « Le collège n'est pas le remplacement de la famille, il doit seulement en être le serviteur, l'associé et l'ami. Prenez notre temps, disent les maîtres, usez de notre intelligence, de notre savoir, de tout nous-mêmes; nous nous mettons au service de vos enfants. Vous nous prêterez une part de votre autorité; mais vous en garderez l'essence et vous serez notre recours dans les moments difficiles 3 . »

i. Le P. Girard.

2. Bouchardat, Rapport sur les progrès de l'hygiène, 1867. 3. Le P. taptier, Discours et conférences sut YèàucaVwm.

On ne saurait mieux dire et mieux déterminer le rôle de l'internat, auxiliaire qui rend de grands services à la famille; mais qui ne l'efface pas.

L'internat ne doit donc être ni une garderie ni une caserne.

L'internat qui ne serait propre qu'à loger, nourrir, et instruire au besoin des enfants, où Ton ne songerait pas à préparer des hommes pour la famille, pour le pays et pour la société, ne serait qu'une garderie destinée à débarrasser les parents des enfants qui les gênent, ou des obligations qui leur pèsent.

Plus d'une fois, on l'a vu, des établissements d'instruction ont été comparés à des casernes, et les protestations n'ont pas manqué, à tous les points de vue, contre cette regrettable assimilation.

Tout aulre doit être le rôle de l'asile où l'on fait l'éducation de la jeunesse.

Il faut qu'il y règne cette paix, cette union, ce bon vouloir, qui sont le propre dé la vie de famille; il faut qu'il s'y établisse des rapports analogues : nouveaux liens, qui laissent intacts les sentiments de l'enfant, ne brisent pas avec le passé, et ne compromettent pas l'avenir, car l'élève au sortir de l'internat, doit rentrer dans la famille.

Des enfants aux maîtres, il faut le respect affectueux, qui prépare des disciples dociles, et non la cr'ainle seule, qui n'a jamais fait que des esclaves prêts à la révolte.

Des maîtres aux enfants, il faut l'affection, la douceur, et aussi le respect de ce que Dieu et les soins d'une mère ont déposé de vrai, de beau et de bien dans ces jeunes cœurs.

Aux enfants, pour leurs rapports entre eux, l'internat doit inspirer ces sentiments qui régnent entre frères, et non cette haine, cette hostilité, trop souvent traduites car les* scènes révollanles qui, à l'enlrèe à& Yuvtem^V^Vfc^w^^

nouveaux, et dont les brimades ne seront plus tard que la triste copie ou la cruelle exagération.

Il faut encore que l'on enseigne dans l'internat, — est-il besoin de le dire? — la politesse, les manières et le savoirvivre. Non, ce n'est pas assez pour la politesse, si l'élève a appris à faire à ses supérieurs le salut militaire d'un air dégagé et sans gêne! Attendra-t-on le jour où il entrera dans le monde, pour lui faire comprendre tout ce qui lui fait défaut, toute la gaucherie, tout le manque de convenance de ses gestes, de ses paroles, de ses actes, de sa tenue, pour qu'il lise dans la confusion et l'étonnemenl de ceux qui le présentent, et de ceux qui le reçoivent, l'abîme qui le sépare du monde pour lequel il est fait,, abîme créé par ces huit ou dix années de négligence d'une qualité superficielle, tant que l'on voudra, mais indispensable?

Discipline et liberté. — Pour beaucoup d'esprits, ces deux termes sont antagonistes, la discipline ne semblant répondre qu'au sentiment de la crainte et à la nécessité de l'obéissance imposée, même par la force. Dans ce régime, si on voit toute l'étendue des pouvoirs du maître, on comprend ce que devient la liberté de l'élève.

Mais il y a discipline et discipline.

Que la discipline à laquelle est soumis le soldat soit et doive être inflexible; que, pour lui, l'obéissance soit fatale, passive, la force des choses l'exige.

Le mot n'en est pas moins détourné de son vrai sens, dans cette signification forcée.

Mais qui voudrait comparer l'enfant à l'adulte, l'élève au soldat, et continuer dans l'internat une interprétation faite pour la caserne?

Le mot discipline a été créé pour l'élève ; il suffit de rapprocher : discipline, discere, et disciple, pour comprendre le véritable sens et la première et véritable application du mot.

A l'égard de l'élève, revenons donc au sens étymologique, et disons que la discipline est un enseignement, dans l'internat, comme dans la maison paternelle. Or, la discipline du père est plus fondée sur l'affection que sur la crainte, et l'effroi des châtiments est loin d'être son premier et son meilleur moyen d'action.

La vie qui commence pour l'élève, au sortir de l'internat, doit y avoir trouvé comme son apprentissage et son école. L'élève doit être un homme demain. On ne fait pas des hommes par la crainte seule. On n'en fait pas davantage avec la défiance.

Les règlements de l'internat sont mauvais, et du plus condamnable enseignement, si toutes leurs dispositions ne témoignent que de la suspicion où l'on tient la véracité, et tous les bons sentiments des élèves.

Traités en ennemis, ils agissent en ennemis : c'est fatal ; et la défiance répond à la défiance. Mais que gagne une autorité qui ne se fait craindre qu'en se faisant haïr et peut-être mépriser? Allons au-delà de l'école. N'est-il pas à redouter que tout ce qui portera plus tard, dans la famille ou dans la société ce même nom, l'autorité, ne recueille de la part de l'élève le même dédain? Pour lui, vous aurez beau entourer ailleurs l'autorité d'un peu plus de prestige qu'elle n'en a eu dans l'internat, ce sera encore \e même maître qu'il a connu soupçonneux, défiant, toujours prêt à croire au mensonge et au mal, toujours armé pour sévir.

Voilà ce que produit la discipline brutale.

La discipline-enseignement a un autre rôle, et d'autres conséquences. Elle apprend à l'élève, au disciple, à se former ' à la vie sociale. Et comme il n'y a pas de mérite et de démérite, de bien et de mal, là où il n'y a pas de liberté de penser, de choisir et d'agir, la discipline est ce qui doit guider l'élève dans l'apprentissage de ce choix, de sa conduite et de ses actes, sous la double cottdil\oii,\^\ > ^\^.- > S!ùw^ ,S * S: "

veillée, el delà responsabilité partagée par le maître, comme elle le serait par le père.

On sait quelles sont à cet égard l'opinion et la pratique à l'étranger.

Dans les écoles, et même dans les internats de l'Angleterre, la surveillance sait être efficace, sans être tracassière ; elle n'annihile pas l'activité, la responsabilité de l'élève, pour en venir à bout à moins de frais :

En Angleterre, « — nous traitons nos enfants comme des hommes, disait un père de famille, afin qu'ils apprennent à le devenir. — C'est le système anglais résumé en peu de mots; il est de beaucoup le meilleur à suivre. Rien de plus sain en effet que l'exercice de la volonté pratiqué de bonne heure; le discernement s'acquiert dans cet apprentissage qu'aucune consigne ne suppléerait. L'enfant apprend à penser, à juger, à choisir par lui-même, à peser les suites de ses déterminations. S'il cède à des pétulances graves, il les expie par le châtiment, cherche dès lors à se vaincre, et prend de l'empire sur lui-même. La vie commence pour lui, comme elle s'achèvera, par les leçons de l'expérience; en lui épargnant les occasions de faillir, on l'eût moins bien servi qu'en le laissant éprouver à ses dépens où mènent les fautes. Toutes les qualités susceptibles de culture sont ainsi mises en rapport dès les premières années, et de là viennent ces caractères virils, sensés et réfléchis, qui sont moins un privilège de race qu'un produit de l'éducation 4 .»

Où en est chez nous la question?

L'auteur de la Réforme de renseignement secondaire a fait, sans ménagement, la critique du régime ordinaire de l'internat officiel, en disant:

1. Louis Reybaud, l'Enseignement des classes moyennes en Angleterre, à propos du Rapport au Préfet de la Seina, de MM. Margucrin et Mothéré (Revue des deux mondes, V* \w\Y\fe\. \Ç&5\ %

« Quand est-ce qu'un interne, dans l'espace de dix ans, a un parti à prendre sur quoi que ce soit, sur son vêtement, sur son lever, sur son coucher, sur ses repas, sur l'heure où il fera son travail, sur le livre qu'il étudiera, sur le chemin qu'il prendra pour aller d'une chambre à une autre, sur l'eniploi d'une demi-heure ?

» Faut-il l'avouer? Dix ans de ce régime font des hommes qui s'abandonnent à l'excès, ou se révoltent à l'excès ; et voilà peut-être la psychologie de la France 1 ! »

On pourra trouver que c'est pousser les choses un peu loin, au point de vue des libertés désirables, et aussi au point de vue des conséquences du régime condamné.

Mais n'est-il pas vrai que la discipline a quelque peu étouffé la liberté, sauf à être la première victime un jour du principe qu'elle n'a pas respecté?

Un de nos collaborateurs de l'Union scolaire de l'arrondissement de Sceaux, le fondateur de l'École Albert-le- Grand d'Arcueil, n'avait-il pas bien compris l'alliance nécessaire de la discipline et de la liberté? 11 disait :

« La liberté est une si sainte chose qu'elle commande un grand respect à quiconque en parle ! Elle est ce qui nous perd, mais elle est aussi ce qui nous sauve ; elle est le trait distinctif de notre race, elle est ce qu'il importe surtout d'éclairer, de sauvegarder, et de rendre fort dans le jeune être qui va devenir un homme. Donc, il y a pour l'enfant que nous élevons un véritable exercice de la liberté. Cet enfant ne doit pas être plié sous une aveugle contrainte, il doit au contraire apprendre à délibérer sa vie; il doit être exercé à discerner et à choisir entre le bien et le mal, entre un bien plus élevé et un autre de moindre valeur 2 . »

Mais, pour que cette heureuse alliance de la discipline et

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