fl/ppeau, op. cit
c Les punitions infligées aux élèves sont la prison, la table de pénitence et les arrêts. »
Le règlement du 19 décembre 1819 maintientles mêmes punitions.
Diverses modifications ont été apportées à ces mesures par le statut du 4" novembre 1821.
En 1865, le rapport statistique sur les établissements d'enseignement secondaire, reproduisant les dispositions de ce statut, indiquait le nombre et la nature des peines en usage dans les lycées et collèges.
A. Peines pouvant être prononcées par le censeur, les professeurs, les surveillants généraux et les maîtres répétiteurs.
1° La mauvaise note;
2° La retenue avec tâche extraordinaire pendant une partie de la récréation ;
3° La retenue avec tâche extraordinaire pendaat une partie du temps destiné à la promenade;
4° L'exclusion momentanée de la classe ou de la salle d'études, avec renvoi devant le proviseur.
B. Peines ne pouvant être prononcées que par
le proviseur.
5° La privation de sortie chez les parents ;
6° La mise à Tordre du jour du lycée;
7° Les arrêts avec tâche extraordinaire dans un lieu isolé, sous la surveillance d'un maître;
8° Exclusion du lycée 1 (elle ne devient définitive qu'après l'approbation du recteur ou du ministre).
1. 11 faut distinguer entre deux ordres de fautes pouvant avoir l'exclusion pour conséquence : celles qui touchent à la morale et aux mœurs, fit celles qui ne sont que des UYfraeWows k \sv &\%0^\\v^.V^^T^\nière«
Liste des punitions autorisées par les règlements antérieurs ou par l'usage.
1° La défense d'aller au parloir;
2° La table de pénitence, où l'élève mange seul et debout;
3° La table de pénitence avec privation de dessert;
4° La séquestration dans une classe pendant une partie ou la totalité d'un jour de congé, avec tâche extraordinaire ;
5° La séquestration dans un local particulier, les jours ordinaires, avec permission ou interdiction, selon les cas, d'assister aux classes et de faire les devoirs;
6° La séquestration dans la salle d'isolement, sous la surveillance d'un maître, pendant un ou plusieurs jours, et la suppression de toute espèce de rapport avec les autres élèves. Dans ce cas, l'élève puni couche dans la salle d'isolement et n'assiste pas aux classes 1 .
Toutes ces punitions ne sont infligées que par le proviseur.
D'autres peines plus douces sont infligées par le censeur ou les maîtres répétiteurs. Ce sont :
1° Les arrêts : l'élève est placé dans un endroit déterminé de la cour, où il s'amuse et joue seul, sans qu'il lui soit permis de communiquer avec ses camarades;
2° Le peloton de punition : un certain nombre d'élèves sont rangés les uns derrière les autres, et doivent, dans cet ordre, sans prononcer un seul mot, faire au pas le tour de la cour pendant un quart d'heure ou une demiheure;
3° Le piquet au réfectoire : l'élève mange seul à sa place
appellent une répression immédiate, car il ne s'agit pas seulement d'atteindre un élève, mais de préserver ses condisciples d'excitations et d'exemples dangereux. » (Circulaire du 12 février 1864.) 1. Rapport statistique de renseignement secot\AfcYve.>\X^«
ordinaire; mais il est forcé de se tenir debout pendant tout le repas;
4° Le piquet au dortoir : l'élève est placé debout au pied de son lit, et assiste ainsi au coucher de ses camarades; il n'obtient la permission de se mettre au lit que quand tous les autres élèves sont couchés ;
5° Le piquet en récréation : l'élève est maintenu debout, les bras croisés pendant un quart d'heure ou une demiheure au plus, soit contre tin arbre, soit contre un des murs de la cour; cette punition n'a lieu qu'en été ;
(5° Le piquet en étude et en classe : l'élève est placé debout dans un coin ;
7° Le piquet avec tâche extraordinaire : l'élève est placé dans un coin de la cour, avec un livre français, lai in ou grec, et il ne peut aller se mêler aux jeux de ses camarades qu'après avoir appris et récité un certain nombre de lignes déterminé par le règlement intérieur du lycée (6 lignes pour les petits, 10 pour les moyens, 15 pour les grands).
Le piquot a remplacé dans beaucoup de lycées la retenue ordinaire, laquelle présentait de nombreux inconvénienls au point de vue des mœurs et de la discipline, à cause de la fréquente réunion dans un même local des plus mauvais élèves de l'établissement' et d'élèves appartenant à des divisions différentes.
« Le régime disciplinaire ne peut être le même pour les lycées placés sous des latitudes et dans des conditions différentes. » (Règlement intérieur sur le régime disciplinaire des lycées, dressé conformément à l'article 7 de l'arrêté du 7 avril 1854.)
Voilà assurément un code pénal long, détaillé, où les moyens de répression ne manquent pas.
Ne sont-ils pas trop nombreux, et cette abondance même des peines ne prouve-t-elle pas la pénurie des moyens efficaces de direction? n'eu esl-\V ça& \d cérame de ces mala-
dies contre lesquelles on a lout un arsenal de traitements, précisément parce que le véritable remède fait défaut?
Nous ne doutons pas de la bienveillance et des ménagements qui président à la mise en œuvre de ces dispositions pénales et qui en tempèrent l'application.
Cependant n'est-il pas à craindre que l'indiscipline des élèves ne se montre aussi ingénieuse à braver ces lois, que l'autorité à légiférer, et que le désordre ne trouve le moyen de se révolter contre un système de défiance si savamment organisé?
À lout prendre, ce n'est là que de la morale après coup. Je préférerais un système, qui s'efforcerait de prévenir le mal, à ces peines qui semblent s'acharner à le poursuivre, une fois fait. En augmentant le champ de la prévoyance, ne pourrait-on diminuer le chapitre des châtiments? • L'instruction pour les commissions d'hygiène (10 mai 1864) n'étail-elle pas de cet avis, quand elle disait :
« Répétez sans relâche aux professeurs que le meilleur maître est celui qui obtient du travail de ses élèves, non par des pensums, mais par l'autorité morale ? j>
Il ne sera jamais permis de confondre la discipline obtenue avec l'éducation faite. Sans doute, c'est quelque chose d'avoir imposé dans un établissement d'éducation l'ordre extérieur et la soumission à la règle : ce sont là des conditions matérielles indispensables que Ton peut toujours réaliser; mais il ne faudra pas trop se flatter du résultat, et croire que l'on a élevé des enfants, parce que Ton a su les rompre par un système bien agencé de privations ou de punitions. La force peut obtenir l'obéissance, l'éducation seule peut nous rendre meilleurs.
Dans le système disciplinaire de l'internat, le chapitre des récompenses est bien court, surtout quand on le compare à celui des peines : les bonnes notes, la mise à l'ordre du jour, le banc d'honneur, le c&tvteY ^w^^^^Vr^
quet de la Saint-Chaiiemagne épuisent vite la série de ces encouragements.
Cette proportion rappelle trop une décision d'un collège célèbre, en vertu de laquelle on accordait par an une somme de vingt livres pour achat de prix à décerner aux élèves, et quarante livres pour honoraires au correcteur chargé d'appliquer les peines !
Toutefois, il est juste de reconnaître qu'une place est faite au développement du sentiment de l'honneur. C'est assurément là un excellent moyen d'obtenir beaucoup des élèves appartenant à la division supérieure. Plus d'un établissement libre a fondé sur un énergique appel adressé au sentiment de l'honneur, un système qui a permis de réduire, au moins pour les grands élèves, les punitions au minimum, si ce n'est même de les laisser tomber en oubli.
2° Internats de V enseignement Supérieur. Grandes écoles,
universités; Exemples. — Nous avons suivi l'élève de l'enseignement secondaire dans toutes les phases de sa vie d'internat. Force est bien de reconnaître que la valeur de l'éducation, des mœurs et des études est loin d'être en raison du degré de la compression que l'élève y subit.
Nous avons protesté contre l'adoption, l'application d'un régime sévère, parfois rigoureux, envers ces enfants, arrachés hier aux souvenirs et aux douceurs de la vie de famille, quand le temps ne presse point encore, quand les études sont élémentaires, quand l'heure des passions, prochaine sans doute, n'a pas encore sonné? Mesures cruelles, que ne justifie pas même leur prétendue utilité!
Si on applique un tel régime à ces élèves, si jeunes encore, quel système de précautions réserve-t-on à des étudiants dont l'âge varie entre dix-huit et vingt-cinq ans, pour qui les heures clémentes sont passées, à ces jeunes gens soumis à des travaux rudes, fatigants, parfois rebutants; à ces étudiante éloignés Aes\ft\xt^,\^V^^^^^^^A&^^-
très, sans appui, sans guide, sans connaissances parfois; jeunes gens chez qui la voix de la passion va parler, et parler seule, sans qu'un ami les soutienne, sans qu'une autorité les protège contre eux-mêmes?
Eh bien, par la plus inexplicable des contradictions, les élèves des établissements d'instruction publique de l'enseignement supérieur sont en général et tout à coup livrés à eux-mêmes pour la direction de leur conduite, comme pour la régularité de leur travail, le jour où ils quittent l'internat et la tutelle, souvent trop rigoureuse, qu'ils y ont subie !
Dans l'enseignement secondaire, le nombre des lycées, collèges, pensionnats disséminés sur tous les points du pays, permet de combiner souvent l'externat avec la vie de famille.
. Les universités ou facultés sont bien moins nombreuses. A ces centres, encore trop rares, la plupart des élèves viennent donc de loin. La famille n'est que bien exceptionnellement appelée à leur continuer sa tutelle et les bienfaits du foyer.
Les auleurs du Rapport sur renseignement supérieur en Angleterre ont mis en vive lumière le contraste de la vie d'étudiant en France et en Angleterre.
« Il est un avantage bien précieux que nous envions aux universités anglaises pour quelques-unes de nos écoles d'enseignement supérieur, c'est leur esprit, leur discipline morale. Oxford, Cambridge, Durham, etc., ne sont point sans doute d'austères thébaïdes; un étudiant anglais n'est pas nécessairement un saint. Mais quelle flifférence néanmoins entre sa vie et celle d'une portion considérable de nos élèves, entre la décence, la dignité morale, le respect de soi-même et de l'autorité qui le caractérisent, et la licence, l'audace du vice, la corruption réciproque des deux sexes, la fanfaronnade de libertinage qu'étateuVAt* fcV\\&»xù& ^&^s«»
grandes villes! En Angleterre, où l'écolier jouit d'une grande dose de liberté, l'étudiant universitaire, soumis à une discipline analogue, s'aperçoit à peine de la transition. En France, où le lycée est soumis à une règle sévère, l'étudiant est abandonné sans réserve, sans surveillance, sans guide, à la licence effrénée d'une capitale! Est-il étonnant qu'il se sente enivré du contraste? »
Le mai trop connu dont souffre l'enseignement supérieur en France est-il un mal nécessaire, sans remède?
Résultat de l'abandon de la jeunesse dans un milieu nouveau et plein de dangers, ne céderait-il pas à quelques mesures de prévoyance et de protection?
Le home, le foyer, si cher aux Anglais, ils le retrouvent étudiants, ou dans des familles recommandables des villes universitaires autorisées à les recevoir, ou dans l'internat des collèges de l'université.
Les élèves d'Oxford ont ainsi à leur disposition les 20 collèges proprement dits et les 5 colléges-ÂaHs dépendant de l'université.
Les élèves de Cambridge trouvent dans les 17 collèges de cette université, véritables palais, les conditions de la vie calme, studieuse, et d'une excellente hygiène physique et morale.
Il en est de même en Allemagne.
Nous avons vu le même régime appliqué aux élèves de l'université de Louvain.
Dira-t-on que ce sont là des legs du passé, des souveuirs d'un autre âge, des imitations autrefois heureuses de nos vieilles institutions françaises, mais aujourd'hui condamnées par le progrès?
Dira-t-on que l'idée de créer un internat facultatif pour les élèves de l'enseignement supérieur est une opinion isolée, fondée sur le préjugé, sur la rigidité ou l'intolérance des principes?
Sur cette question morale, on trouve les auteurs les plus compétents, absolument d'accord pour accepter cette manière de voir :
« Il est à regretter, disent MM. Demogeot et Montucci, que renseignement supérieur ne puisse offrir à la jeunesse française que son instruction sans rivale, et qu'il abandonne au hasard la conduite, le caractère, la vie. »
Ces auteurs ajoutent :
« Nous émetlons le vœu que l'Etat ou quelque société particulière établisse dans les grands centres des internats d'enseignement supérieur dont le séjour facultatif offrirait aux jeunes gens un abri contre les séductions les plus grossières qui les assiègent loin de leurs familles.
» Sans doute, l'internat n'est un remède ni indispensable ni souverain : il est des étudiants qui se conduisent bien dans toutes les circonstances; il en est d'autres qui, malgré toutes les précautions de la puissance paternelle, réussiront à se mal conduire; mais, pour la massé intermédiaire, il y a une grande différence entre une situation où le vice vient chercher le jeune homme et celle où le jeune homme est contraint d'aller chercher le vice *.
La nation qui s'honore à bon droit de posséder trois grands internats, comme l'Ecole polytechnique, l'Ecole de Saint-Cyr, et l'École normale, — ces éloquentes démonstrations de la valeur de l'internat appliqué à l'enseignement supérieur, — ne saurait médire de l'internat non obligatoire, de l'internat mitigé dont les collèges des universités étran
4. On peut différer sur le moyen de mettre tin à cette situation.
Nul n'a jamais songé, que je sache, à discuter la vérité, la justesse de ces plaintes, nul ne songera jamais à imputer à un esprit étroit, rétrograde ou intolérant, une pareille déclaration, faite par les auteurs des savants rapports, que nous avons dû citer si souvent, rapports dont l'ensemble constitue un des plus beaux monuments élevés à l'histoire et à l'étude de la pédagogie comparée.
gères offrent aux étudiants les conditions si avantageuses pour le travail, la santé, et la morale.
Personne ne propose de caserner, ni de soumettre à une discipline militaire tous nos étudiants en droit ou en médecine.
La chose serait absurde, non moins qu'impraticable, et nous avons suffisamment protesté plus haut contre l'internat obligatoire, et contre l'internat-caserne, pour n'être pas soupçonné de vouloir l'introduire ici.
Que ceux qui considèrent l'hôtel meublé comme un home convenable pour l'étudiant, et les conditions qu'il y trouve comme les plus favorables à sa santé, à son travail et à sa moralité, le disent franchement.
Pour nous, nous croyons ce milieu détestable, cette vie malsaine, cet abandon périlleux, ou cette promiscuité funeste, et nous déclarons que, sans violenter ceux qui y trouvent leur compte ou leur satisfaction, il nous paraîtrait bon d'offrir à ceux qui sont plus délicats, ou plus exigeants, plus studieux ou mieux élevés, la possibilité de satisfaire leurs goûts, leurs aspirations, les nécessités de leur éducation, de retrouver dans un milieu plus pur, le souvenir de la famille, pendant leurs longues années d'exil nécessaire, de rencontrer des amitiés dignes, des plaisirs honnêtes, des exemples salutaires, des encouragements au travail et au bien.
L'hygiène physique, intellectuelle et morale trouverait dans cette facultative mesure , d'incontestables avantages pour les jeunes gens de nos écoles, pour la société, et pour le pays.