‹ 40 poires pour les dix mois de juillet à maiChapitre 16 sur 32 · DE LA PRÉPARATION DU TERRAIN · texte numérisé non relu

DE LA PRÉPARATION DU TERRAIN

En fait de plantations, toute fausse économie est désastreuse. Il vaut mieux ne pas planter que de planter mal ; il vaut mieux planter moins et bien, que de planter plus et médiocrement.

Une des conditions les plus essentielles du succès d’une plantation est le défoncement et l’ameublissement du sol. Lorsque l’on voudra consacrer tout un terrain à une plantation d'arbres fruitiers, le défoncement général du sol sera toujours préférable au défoncement partiel.

La dépense sera certainement plus considérable, mais le succès de la plantation, la vigueur des arbres et leur plus grand produit fourniront plus tard d'amples dédommagements.

Je vais au reste indiquer un mode de défoncement qui a le double avantage de répartir la dépense sur plusieurs années et de favoriser singulièrement la végétation et l'accroissement des arbres.

Il consiste à ne défoncer d’abord que des bandes partielles de deux mètres de largeur dans toute la longueur que doivent occuper les arbres, de telle sorte que si l’on doit planter, par exemple, des poiriers en pyramide à 4 mêtres en tout sens, il reste dans l'intervalle d’une ligne à l’autre un espace de 2 mè-

tres qui n'aura pas été défoncé et qui ne le sera que deux ou trois ans après la plantation, suivant la végétation des sujets. Les racines des jeunes arbres auront alors atteint la limite de la première bande défoncée et trouveront un terrain perméable et ameubli qui leur fournira une nouvelle vigueur.

S'il s'agit d’un verger à créer et que nous supposions les arbres espacés de dix mûtres, on défoncera deux ans après la plantation, à droite et à gauche des lignes d'arbres, une nouvelle bande de deux mètres, et, deux ans plus tard, les quatres mûtres qui resteront dans le milieu des lignes. Pendant tout ce temps, le terrain aura été régulièrement cultivé ; on pourra, après le dernier défoncement, prendre encore une récolte sarclée et fumée, et semer ensuite la prairie, qui, dans ces conditions, donnera un produit exceptionnel et durable, pendant que les arbres déjà forts résisteront parfaitement à l'effet du gazonnement, qui est désastreux pour eux, lorsqu'il a lieu en même temps que la plantation.

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