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DE QUELQUES OPÉRATIONS COMPLÉMENTAIRES DE LA TAILLE DU POIRIER

La taille en vert ou taille du mois d’août se pratique sur les bourgeons oubliés lors du pincement ou laissés à dessein pour absorber un excès de sève ; elle consiste à supprimer ces bourgeons à trois ou quatre feuilles pour provoquer l'émission de boutons à fruits. F’insisterai seulement, comme je lai fait pour le pincement, sur la nécessité de procéder successivement pour ne pas troubler la végétation en en supprimant une trop grande quantité à la fois.

Il ne faut pas oublier non plus que l’on peut encore à la même époque pratiquer la taille en vert sur les lambourdes épuisées, sur les petites branches âgées de plusieurs années et qui se trouvent ridées à leur circonférence; en rapprochant sur les rides, on obtient des yeux nouveaux qui se transforment en boutons.

L’entaille et l’incision, soit au-dessus d’une branche que l’on veut fortifier, ou d’un œil endormi que l’on veut faire développer à bois pour garnir un vide, soit sous l’empatement d’une branche dont on veut diminuer la vigueur , est une pratique que l’on néglige trop souvent. Le succès, cependant, est presque tou-

jours certain , et cette opération n’offre aucune espèce d’inconvénient. Il n’est pas de moyens plus faciles eten même temps plus sûrs pour établir ou rétablir l'équilibre et l'harmonie dans les grandes formes du poirier.

L'usage doit aussi en être très-fréquent dans les formes en cordons et fuseaux: le prolongement considérable que l’on accorde chaque année à la tige de ces arbres occasionne souvent des vides qu'il s’agit de remplir; mais dans ce cas, l’entaille sur un œil ou sous œil devra toujours être très-légère et se réduire le plus souvent à une petite incision, parce que l’on tend, dans ces formes, à n’obtenir que des dards et de faibles brindilles ; tandis qu’au contraire elle sera plus profonde lorsqu'elle sera pratiquée sous un rameau qu'il s’agit d’affaiblir : on peut dans ce cas entailler jusqu’à mi-bois.

L’incision annulaire est une pratique très-controversée ; elle est, selon moi, trop sévèrement condamnée et trop chaudement recommandée : c’est une de ces opérations héroïques qui peuvent, dans certains cas donnés, avoir d'excellents résultats, mais dont il faut se garder d’abuser. Tout le monde sait qu’elle consiste dans l'enlèvement d’un anneau d’écorce, dont la largeur varie selon le diamètre du sujet ou de la branche sur laquelle on opère ; mais qui, dans aucun cas, ne doit dépasser un centimèire. Son effet est d’affaiblir la partie située en dessus, au bénéfice de la partie en dessous. Les conséquences sont de disposer à fruits la partie affaiblie et de provoquer l’émission de branches à bois dans la partie fortifiée.

L'incision annulaire se pratique ou directement sur la tige, ou sur les branches, au premier printemps ou plus tard ; mais je ferai remarquer que plus on opérera sur le bas de la tige, et plus on opérera tard, plus on affaiblira l’arbre. D’après ce qui précède, il est facile de tirer des déductions et d'apprécier dans quels cas l’incision annulaire sera utile. Mais je le répète encore : il ne faut jamais en abuser et ne la pratiquer que sur les arbres les plus vigoureux.

J'en dirai autant de la suppression de quelques racines ou du raccourcissement d’un certain nombre, moyen excellent pour mettre à fruits quelques arbres trop vigoureux et par trop rebelles, mais qui ne sera jamais une pratique usuelle, et restera toujours une opération un peu empirique: mais enfin, aux grands maux les grands remèdes.

Je terminerai ce paragraphe en disant quelques mots d’une opération qui à souvent pour le poirier une application utile: je veux parler de l'incision longitudinale. H arrive souvent, dans les arbres à plein vent surtout, que l'écorce s’épaissit et se durcit, et qu'en comprimant les canaux de la sève, elle arrête l’accroissement de l'arbre. Il est indispensable d’inciser légèrement l'écorce pour la dilater. On opère sur toute la longueur du tronc en faisant deux ou quaire incisions opposées , suivant le besoin. Il faut pénétrer jusqu’à l'aubier, mais sans l’atiaquer. L'incision longitudinale peut se pratiquer pendant tout le cours de la végétation, et ce moyen est excellent pour faire prendre plus d’accroissement aux parties incisées; on peut également inciser les branches qui en auraient besoin.

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