‹ 40 poires pour les dix mois de juillet à maiChapitre 8 sur 32 · MR · texte numérisé non relu

MR

Bon chrétien VWilliams (fin août, commenct septembre). SYNONYMES : Bartlett de Boston, Barnet’s, Bon chrétien Barnet, Williams Pear.

Fruit.— Gros, ventru, bosselé ; peau mince, vert-clair, ponctuée et tachée de roux, queluefois légèrement colorée; passe au jaune

’or le plus vif à la maturité.

Pédoncule. — Gros, ligneux, brun, pas trèslong, placé un peu de côté dans une cavité formée de bosseleties.

Calice. — Ouvert, couronné, à divisions noires assez longues, quelquefois caduques ; se trouve presque à fleur des fruits entre quelques bosses qui en forment la base.

Chair. — Fine, fondanie, demi-beurrée ; eau abondante, sucrée, relevée et musquée. Ce beau et excellent fruit commence à mûrir fin d'août , et se prolonge pendant tout le mois de septembre ; il est de bonne et longue garde.

Arbre. — D'une grande vigueur, d’un beau port et d’une fertilité constante; jeune bois

très-uros et fort, d'un beau vert; feuilles lar-

ges, vert foncé, finement dentées.

Culture. — Le bon chrétien Williams réussit également sur cognassier et sur franc ; on peut le diriger sous toutes formes. Greffé sur cognassier, il est très-propre à former des cordons et de beaux fuseaux, qui se couvrent de fruits en peu de temps. Les pyramides devront être taillées un peu court; sans cette précaution, l'arbre, à cause de sa fertilité, se chargera de trop de fruits et émettra difficilement des branches à bois. Si l’on désire des pyramides d'un beau développement et des contre-espaliers vigoureux, on fera bien de greffer sur franc, et alors on pourra allonger la faille.

Origine. — Selon M. Bivort, ce beau et bon fruit est originaire de la province de Berkshire (Angleterre), et a été propagé à Londres vers 4770, par Williams.

Eouise Bonne d'Avranches (septembre).

SyNoNyMESs : Bonne de Longueval, Louise de Jersey.

Fruit. — Assez gros, allongé, ventru; peau luisante, d’un vert clair, parsemée de points bruns, fortement colorée du côté frappé par les rayons solaires; passe au jaune vif et au carmin lors de la maturité.

Pédoncule. — Courbé, assez long, habituellement accompagné à la base de gibbosités charnues.

Calice. — Ouvert, assez grand, couronné, à divisions longues, fortes, grises, peu enfoncé dans une large cavité.

Chair. — Blanche, très-fine, fondante ; eau très-abondante, bien parfumée et agréablement acidulée. La maturité a lieu de la miseptembre à la mi-octobre. Cet excellent fruit est de très-bonne garde et dure longtemps.

Arbre. — Vigoureux, excessivement et trèsrégulièrement fertile; bois vert foncé ainsi

que le feuillage, qui est allongé et finement denté.

Culture. — La Louise bonne d’Avranches réussit également sur cognassier et sur france ; cordons, fuseaux, pyramides, palmettes, plein vent, toutes formes lui conviennent. Je ferai seulement observer, comme pour le Bon chrétien Williams, qu’on devra greffer sur franc si l'on désire obtenir des formes à grand développement.

Cette observation s'applique Gu reste à tous les fruits naturellement très-fertiles, alors même que, comme la Louise bonne d’Avranches, ils se prêtent bien à la greffe sur cognassier.

Origine. — Ce fruit si précieux remonte à 1788; il a été obtenu à Avranches par M. de

| Longueval, qui l’a dédié à sa bonne, Louise.

Duchesse d’'Angoulème (octobre, novembre).

Fruit. — Gros, souvent irès-gros, ventru, bossué , obtus aux deux extrémités; peau épaisse, rugueuse, verte, fortement pointillée de gris fauve et chargée de taches de la même couleur ; quelquefois lavée de rouge du côté du soleil; devient jaune à la maturité.

Pedoncule.— Fort, ligneux, assez court pour le volume du fruit, placé assez régulièrement dans une cavité formée de bosselettes; quelquefois aussi en tête du fruit, sur une gibbosité assez élevée.

Galice. — Petit, cadue ou à divisions courtes inégales et fauves ; se trouve dans une cavité large et profonde, mais très-accidentée.

Chair. — Grosse, fondante; eau toujours très-abondante, mais plus ou moins sucrée et parfumée suivant les terrains. Sa maturité commence en septembre. Avec des soins, on peut jouir de ce beau fruit jusqu’en janvier ; c’est dire assez qu'il est de très-longue garde.

Arbre. — D'une vigueur remarquable et d'une grande fertilité, bois vert-clair, ainsi que les feuilles, qui sont larges, entières ou seulement dentées dans le sommet; l’œil à fruit est gros et bourru.

Gulture.— Le poirier Duchesse se greffe avec un égal succès sur cognassier et sur franc; il

SYNONYME : Duchesse.

se ploie à toutes formes et se montre toujours également fertile ; le fruit est trop gros cependant pour songer à l’élever à plein-vent. Ce n’est donc pas tant sur le sujet et la forme que doit se fixer l’attention du planteur, que sur la qualité du terrain où il doit être planté. Le fruit, pour acquérir toutes ses qualités, exige un sol sec, et s’il se peut calcaire ; il sera de bonne qualité encore dans un sol granitique , pourvu qu'il soit léger et bien écoulé; c’est dans ces conditions que la Duchesse est un fruit excellent, sucré et parfumé. — Dans un sol argileux et froid, au contraire, ou trop riche en humus et trop souvent fumé, les fruits atteindront un volume plus considérable, mais ils seront spongieux et resteront sans saveur. — Pour revenir moins souvent sur les mêmes détails, je généraliserai la remarque qui précède en disant que tous les fruits à très-gros volume demandent, pour acquérir toutes leurs qualités, à être plantés dans des terrains plutôt secs qu'humides , de fertilité moyenne plutôt que trop riches.

Origine. ——- La Duchesse d'Angoulême a été trouvée près Châteauneuf (Maine-et-Loire), dans le domaine des Esparonnais, appartenant à M. le comte d’Armaillé.

Beurré Clairgeau (novembre, décembre).

Fruit. — Gros, allongé, en forme de calebasse; peau fine, pointillée de roux-fauve, avec de nombreuses laches de même couleur, surtout vers le calice; à la maturité, elle prend les plus riches couleurs de jaune et de vermillon.

Pédoncule. — Très-court, gros, presque charnu, plissé et mamelonné, implanté à fleur de fruit, mais de côté. sil

Galice. — Ouvert, profond, à cinq divisions brunes, légèrement cotonneuses ; placé dans une cavité régulière.

Chair. — Fine, fondante; eau abondante, assez sucrée et parfumée; beau et excellent fruit qui ne mollit pas; sa maturité a lieu en novembre et se prolonge en décembre.

Arbre. — Faible, sur cognassier, mais d’une bonne vigueur sur franc, très-fertile et se

mettant vite à fruit, d’un très-grand rapport ; bois assez gros, rouge, à plaques grises; feuil— les très-crandes et très-épaisses, unies, d’un beau vert sur la surface supérieure, plus pâle sur l’inférieure, irrégulièrement dentées ; pé— tiole long et gros.

Cuiture.— Le beurré Clairgeau ne devra être reffé sur cognassier que s’il s’agit de le conuire en fuseaux et tout au plus en cordon;

car, s’il ne se refuse pas tout à fait à être greffé sur ce sujet, il y reste faible et pousse peu de bois ; sur franc, au contraire, il forme vite de belles pyramides et réussit très-bien aussi en espalier et contre-espalier. 11 exige pour acquérir toutes ses qualités, les mêmes terrains que la duchesse d’Angoulème. — Ce magnifique fruit a été obtenu par Pierre Clairgeau, jardinier à Nantes.

Beurré Diel (novembre, décembre).

SYNONYMES : Beurré incomparable, Beurré magnifique, Beurré des Trois-Tours, Beurré Royal.

Fruit. — Gros et très-gros me, presque aussi large que haut ; peau verte, finement pointillée sur toute la surface du fruit; quelques ombres de rouille enveloppent la base et la tête du fruit qui, à l’époque de la maturité, prend une belle teinte jaune foncé.

Pedoncule. — Gros, fort, raide, brun-roux ; placé entre les plis que forment la tête du fruit.

Galice. — Large, à divisions brunes, longues et fortes; il se trouve placé dans une cavité moyenne en largeur et profondeur.

Chair. — Blanche, mi-fine, beurrée; eau assez abondante, sucrée, mais moins parfumée chez moi que la duchesse ; de très-longue garde; il commence à mûrir fin d'octobre, et avec des soins on peut en prolonger la jouissance jusqu’en janvier.

Arbre. — Vigoureux, même sur cognassier, fertile, mais pas autant que les quatre qui précèdent : bois fort, brun foncé; feuilles grandes, ovales, atténuées aux deux extrémités, finement dentées, d'un vert foncé.

d’une belle for-

Culture. — Le beurré Diel se greffe indiffé— remment sur cognassier et sur franc; il sera même plus fertile sur le premier. On devra donc préférer le cognassier toutes les fois que lon ne voudra pas de très-grandes formes ; toutes, au reste, peuvent être adoptées, sauf le plein-vent, parce que le fruit est trop gros.

Je ferai seulement observer que le bois du beurré Diel étant divergent, les pyramides ne seront jamais aussi régulières que dans certaines variétés; mais il fera très-bien en fuseaux, parce qu'alors il sera constamment pincé; ou bien en palmettes et en contre-espose parce que alors les branches étant paissées, l'inconvénient n'existe plus ; le fruit aura du reste, sous ces deux formes, plus d’air et plus de soleil, et n’en sera que meilleur. Mêmes terrains que pour la Duchesse ; exposition chaude autant que possible. — Ce beau fruit a été trouvé à la ferme des Trois-Tours, près de Vilvorde (Belgique), par M. Meuris, jardinier de Van-Mons.

Beurré d’'Hardenpont (décembre, janvier).

SYNONYMES : Beurré d'Aremberg (en France), — Glou-morceau.

Fruit. — Gros, fortement côtelé ou bosselé, ventru, atténué aux deux extrémités ; a quelque ressemblance pour la forme avec le coing

e Portugal ; peau vert-très-clair, lisse, grasse, mue passant à un beau jaune vif à la maturité.

Pedoncule. — De longueur moyenne assez gros, ligneux, roux clair, un peu courbé; placé entre des bosselettes formant une cavité.

. Calice.— Petit, à divisions noires, assez enfoncé dans la cavité que forment les grosses gibbosités du fruit à sa base.

Chair. — Blanche, très-fine et très-serrée, ce qui la rend froide à l’arrière-saison, beurrée, fondante ; eau abondante. Le beurré d’Aremberg doit être mangé très-müûr, pour perdre totalement une certaine äpreté qui lui est particulière ; c’est, au reste, un fruit précieux et de très-longue garde; on peut en jouir depuis novembre jusqu’en janvier.

Arbre. — Très-vigoureux, fertile; bois griscendré, couvert de petites taches blanches; feuilles grandes étoffées, affectant une forme

assez carrée, frangées sur les bords et d’un beau vert.

Culture. — J’ai entendu dire par des jardiniers et j'ai lu dans quelques auteurs que le beurré d'Hardenpont était peu fertile; c’est une erreur qui a pris sa source dans une taille défectueuse. Règle générale : moins un arbre est vigoureux, plus vite il se met à fruits; par contre: plus il est vigoureux, plus le fruit se fait attendre, quoique la variété soit d’ailleurs fertile ; c’est ce qui a lieu pour le beurré d'Hardenpont. Greffez-le sur cognassier, ne l’assujettissez pas aux petites formes, telles que fuseaux et cordons, vous auriez trop de bois; mais élevez-le en pyramides ou en palmettes ; allongez la taille, surtout les premières années ; tenez pincé, et vous obtiendrez promptement de très-beaux arbres qui se couvriront de fruits; donnez une exposition chaude, vous y joindrez la qualité. — La découverte de ce bon fruit remonte à 4759; il a été obtenu par M. d'Hardenpont.

Page 1