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DE LA CAMPAGNE

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^ )ataj ‘^ e de H°croi et la prise de Thionville avoient rétabli la réputation des armes de France dans les Pays-Bas. L’infanterie espagnole étoit ruiriée. La terreur avoit saisi le reste des troupes ennemies. La plupart des villes de la Flandre netoient pas en état de se défendre long-temps. Enfin un général y pouvoit tout entreprendre avec succès : le duc d’Orléans prit ce commandement.

L’emploi d’Allemagne n’étoit pas de même, car, après que le duc d’Enghien y eut mené du secours , le maréchal de Guébriant fut tué devant Rotwil, et l’armée demeura sans autre chef que Ranzau et Roze. Ranzau avoit beaucoup de cœur et d’esprit; il avoit même une certaine éloquence naturelle qui persuadoit dans les conseils de guerre et qui entraînoil les autres dans son avis ; mais sa conduite ne répondoit pas toujours à ses discours, car le vin lui faisoit faire de grandes fautes et le inettoit fort souvent hors d’état de commander; il avoit mis l’infanterie en quartier à Tutlinghen, sans prendre aucune précaution pour l’empêcher d’être enlevée, et il s’étoit brouillé avec tous les chefs allemands. Les Bavarois et les Lorrains lui tombèrent sur les bras avant qu’il eût le moindre avis de leur marche; et Jean de Wert l’ayant forcé de se rendre avec ses

troupes, tous les officiers furent prisonniers de guerre. La cavalerie allemande, dispersée en divers endroits, se retira vers Brisack sous la conduite de Roze, et prit ses quartiers d’hiver dans la Lorraine et dans l’Alsace.

Aussitôt que la nouvelle en fut arrivée à la cour, le vicomte de Turenne eut ordre d’aller recueillir le débris de cette armée et d’en prendre le commandement. Il passa tout l’hiver à la rétablir; mais, quelque soin qu’il en prît, elle ne fut pas en état de s'opposer aux Bavarois , dont l’armée s’étoit grossie depuis la défaite de Ranzau.

Merci, qui la commandoit, se voyant maître de la campagne, alla investir Fribourg qui n’étoit pas en état de soutenir un long siège.

Le duc d’Enghien en apprit la nouvelle à Amblemont proche de Mouzon , et reçut ordre de la cour d’aller joindre l’armée

d’Allemagne pour tâcher de secourir cette place. Il marcha le vingtième de juillet du côté de Metz, où ses troupes passèrent la Moselle et laissèrent leur gros bagage.

En treize jours de marche il fit soixantehuit lieues , et il se rendit à Brisack avec six mille hommes de pied et quatre mille chevaux.

Le prince sut par les chemins que Fribourg s’étoit rendu aux Bavarois, que le vicomte deTurenne étoit campé assez près d’eux , et que Merci ne faisoit paroître encore aucun dessein de changer de logement. Sur cet avis, il s’avança vers le vicomte de Turenne avec le maréchal de Gramont, et en même temps il donna ordre à Marsin de passer le Rhin à Brisack avec l’armée, le troisième d’août.

Le duc d’Enghien ne demeura au camp du vicomte de Turenne qu’autant qu’il falloit pour reconnoître le poste des Bava-

rois et pour résoudre de quelle façon il les attaqueroit. Il retourna à son armée le même jour quelle passa le Rhin, et le lendemain il marcha pour exécuter l’entreprise qu’il avoit formée avec le vicomte de T11renne.

Fribourg est situé au pied des montagnes de la Forét-Noire. Elles s’élargissent en cet endroit en forme de croissant, et au milieu de cet espace on découvre auprès de Fribourg une petite plaine bornée sur la droite par des montagnes fort hautes , et entourée sur la gauche par un bois marécageux. Cette plaine est arrosée d’un petit ruisseau qui coule le long du bois et qui tombe après sur la gauche de Fribourg dans l’enfoncement d’une vallée étroite et coupée de marécages et de bois. Ceux qui viennent de Brisack ne peuvent entrer dans cette plaine que par des défilés au pied d’une montagne presque inaccessible

qui la commande de tous côtés, et par les autres, chemins l’entrée en est encore plus difficile.

Merci s’étoit posté dans un lieu si avantageux ; et comme c’étoit un des plus grands capitaines de son temps , il n’a voit rien oublié pour se prévaloir de cette situation.

Son armée étoit composée de huit mille hommes de pied et de sept mille chevaux.

Il avoit étendu son camp le long du ruisseau; mais, outre cette défense et l’avantage qu’il tiroit du bois et des marécages , il l’avoit fortifié du côté de la plaine par un grand retranchement. On ne pouvoit aller à lui que par le chemin de Brisack à Fribourg , et par conséquent il falloit passer au pied de cette montagne que défendoit la meilleure partie de ses troupes.

C’est pouxquoi ce général employa toute son industrie à mettre cet endroit de son camp en état de n’être pas forcé.

Dans la pente du côté de la plaine, il fit faire un fort palissade où il mit six cents hommes avec de l’artillerie. Par ce moyen , il s’assura du lieu le plus accessible de cette montagne. De là, il poussa une ligne le long d’un bois de sapins en montant vers le sommet, jusqu’à un endroit où il étoit impossible de passer. Cette ligne étoit défendue par des redoutes de deux cents pas en deux cents pas , et pour donner encore plus de peine à ceux qui la voudroient forcer, il fit coucher tout du long de cet ouvrage quantité de sapins , dont les branches étoient à demi coupées et entrelacées les unes dans les autres, et faisoient le même effet que ces pieux qu’on appelle chevaux de frise.

Entre cette montagne que l’armée françoise trouvoit sur la droite, et une autre qui étoit plus proche de Fribourg, il y avoit un enfoncement par lequel on pou-

voit entrer dans le camp des Bavarois; mais, pour y arriver, il falloit faire un grand tour et passer par des lieux qui n’avoicnt jamais été reconnus. Cet endroit étoit naturellement fortifié par une ravine large et profonde, et Merci s’étoit contenté d’y faire faire un abattis de bois couchés en travers de la ravine. Enfin jamais camp n'a été dans une assiette plus forte, ni mieux retranché que celui-là.

Cependant le ducd’Enghien résolut d'en chasser Merci, et disposa son attaque de cette sorte. Il devoit marcher avec toute son armée contre la ligne du haut de la montagne le long du bois de sapins, laissant le fort sur la gauche et s’appliquant uniquement à emporter les redoutes qui la défendoient, afin qu’ayant gagné la hauteur qui commandoit sur tout le reste, il pût se rendre maître du fort et descendre en bataille dans le camp des Bavarois.

Le vicomte de Turenne devoit attaquer l’abattis d’arbres qui défendoit le vallon, et pourvu que les deux attaques se fissent en même temps , il y avoit lieu d’espérer que l’ennemi, étant séparé en deux endroits , seroit embarrassé à se défendre ; et que s’il arrivoit qu’il fût forcé du côté de la ravine, le duc d’Enghien venant par les hauteurs et le vicomte de Turenne entrant en même temps dans la plaine, Merci ne pourroit leur résister.

Dès que les troupes furent arrivées, le duc d’Enghien donna ordre qu’on se préparât pendant la nuit pour combattre le lendemain. Le vicomte de Turenne, ayant un grand tour à faire, partit avant le point du jour; mais les difficultés qu’il rencontra dans sa marche retardèrent les attaques que les deux armées dévoient faire en même temps.

Le duc d’Enghien disposa la sienne de

cette sorte. Son infanterie étoit composée de six bataillons de huit cents hommes chacun. Espenan, maréchal-de-camp, fut commandé avec deux bataillons des régiments de Persan etd’Engliien pour donner le premier. Le comte de Tournon , maréchal-de-camp, se mit à la tête des régiments de Conti et de Mazarin pour soutenir Persan. Le duc d’Enghien réserva deux régiments pour les employer où l’occasion le demanderoit, et le maréchal de Gramont, Marsin, Léchellc, et Mauvilli, demeurèrent auprès de sa personne. Palluau , maréchal-de-camp , soutenoit toute l’attaque avec le régiment de cavalerie d’Enghien, et les gendarmes furent postés à l’entrée de la plaine dans un lieu fort serré pour empêcher que les Bavarois ne prissent l’infanterie par le flanc.

Pour aller aux ennemis, il falloit monter sur une côte fort escarpée au travers

d’une vigne, dans laquelle il y avoit d’espace en espace des murailles de quatre pieds de haut qui soutenoient les terres et qui servoient comme d’autant de retranchements aux Bavarois. Les troupes commandées ne laissèrent pas de monter dans cette vigne et de pousser jusqu’au retranchement de bois de sapins, derrière lequel les Bavarois faisoicnt un feu extraordinaire. L’infanterie françoise ne put forcer ces arbres entrelacés sans perdre beaucoup d’hommes et même sans se rompre.

Le duc d’Enghien , qui s’étoit approché pour voir l’effet de cette attaque, observa que la première ligne de ses gens se ralentissoit et qu’ils étoient en partie entre ce retranchement de sapins et le camp des ennemis, et en partie dehors, ne fuyant ni n’avançant. Ils commençoient même à couler sur la droite le long du camp des Bavarois, pour les aller prendre par le

haut de la montagne ; mais le prince, ayant reconnu auparavant lui-méme qu’on ne pouvoit forcer cet endroit, jugea bien que le succès de son entreprise ne dépendoit plus que d’emporter la ligne des ennemis par le milieu.

C’est pourquoi il résolut de recommencer une nouvelle attaque avec ce qui res toi t des premiers régiments, bien qu’il n’en eût plus que deux auprès de lui que cet exemple avoit presque découragés. D’abord il sembloit que ce fût une espèce de témérité d’entreprendre avec deux mille hommes , rebutés du combat, d’en forcer trois mille bien retranchés et enorgueillis de l’avantage qu’ils venoient de remporter. Mais il étoit impossible de dégager autrement ceux qui avoient passé le premier retranchement de sapins ; car, en les abandonnant, le duc d’Enghien se retiroit avec le déplaisir d’avoir manqué son entreprise et sacrifié in-

utilement la meilleure partie de son infanterie; outre que toute l’armée bavaroise auroit été tomber sur les bras du vicomte de Turenne, n’ayant plus à se défendre que contre lui.

Le prince fait toutes ces réflexions en un instant, descend de cheval, se met à la tête du régiment de Conti, et marche aux ennemis. Le comte de Tournon, suivi de Castelnau-Mau vissière, en fait de même avec le régiment de Mazarin ; le maréchal de Gramont, Marsin, Léchellc, Mauvilli, La Moussayc, Jerzé, les chevaliers de Chabot et de Gramont, Isigni, Meillcs, La Baulme, Tourville, Barbantane, Desbrotteaux, Aspremont, Viange, et tout ce qu’il y avoit d’officiers et de volontaires, mettent pied à terre. Cette action redonne cœur aux soldats ; le duc d’Enghien passe le premier l’abattis de sapins, chacun à son exemple se jette en foule par dessus

ce retranchement, et tous ceux qui défendoient la ligne s’enfuient dans le bois à la faveur de la nuit qui s’approchoit.

Après ce premier avantage, le duc d’Enghien monte dans une redoute qu’il trouve abandonnée; mais l’état où il se voit n’est guère moins périlleux que l’action qu’il vient de faire. Une partie de son infanterie avoit été tuée; l’autre s’étoit débandée à poursuivre les fuyards du côté du bois.

Les ennemis tenoient encore le fort où ils avoient placé de l’artillerie, et Merci pouvoit venir charger les troupes du prince dans le désordre où elles étoient; mais peut-être que la nuit qui s’approchoit l’empêcha d’en profiter.

Pendant qu’il restoit encore un peu de jour, le duc d’Enghien rassembla son infanterie, munit les redoutes qu’il venoit d’emporter, et, malgré les difficultés du chemin, il fit monter sa cavalerie jusque

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sur la hauteur qu’il occupoit. Après que toutes ses troupes l’eurent joint, il fit faire un grand bruit de trompettes et de timbales pour apprendre au vicomte de Turenne que son armée avoit achevé de gagner le haut de la montagne, et il disposa toutes choses pour recommencer le combat le lendemain.

Le vicomte de Turenne de son côté avoit attaqué avec beaucoup de vigueur l’abattis d’arbres qui étoit dans le vallon, entre la montagne que le duc d’Enghien avoit emportée et celle qui étoit proche de Fribourg. Mais Merci, n’ayant pu s’imaginer que l’on forceroit son camp par la montagne du côté de Brisack en l’état qu’il l’avoit mis , avoit porté ses principales forces du côté du vallon; et c’est ce qui arrive d’ordinaire à l’attaque des lignes , ce qu’on avoit cru le plus fort est emporté le premier. Le lieu étoit assez spacieux derrière

son retranchement pour mettre ses troupes en bataille; et quand l’armée du vicomte de Turenne auroit poussé l’infanterie qui en défendoit l’entrée, toute la cavalerie bavaroise pouvoit la soutenir sans rompre ses escadrons. Le vicomte de Turenne, ayant trouvé une résistance si vigoureuse, ne put jamais forcer les Bavarois. Tantôt il gagnoit quelques postes , tantôt il les perdoit ; ainsi son attaque se passa en escarmouches sans pouvoir entrer dans leurs retranchements, bien qu’il montrât en cette occasion tout ce que la valeur et la conduite d’un grand capitaine peuvent faire pour surmonter le désavantage du nombre et du lieu.

Le duc d’Enghien entendoit du haut de la montagne le bruit de cette attaque et se préparoit pour le combat du lendemain^ Son dessein étoit de marcher par les hauteurs contre le camp des Bavarois et de

les faire tourner vers lui avec une partie de leurs forces pour faciliter au vicomte de Turenne l’entrée de la plaine. Chacun se disposoit à cette entreprise comme à une victoire assurée, étant presque impossible que Merci soutint deux attaques en même temps, dont l’une viendroit d’en haut et en queue fondre sur son armée, pendant que l’autre l’attaqueroit en tête.

Néanmoins Merci sortit d’un pas si dangereux avec une diligence extraordinaire.

Il retira ses troupes sur la montagne proche de Fribourg, et avant le jour il fit sortir son canon de ce fort qui étoit audessous de l’armée du duc d’Engbien, sans que les généraux françois en eussent aucune connoissance. De sorte qu’ils furent surpris le lendemain de voir les Bavarois se retrancher sur cette montagne voisine de Fribourg et de trouver leur camp désert et leur fort abandonné.

Le duc d’Enghien voyant les tfoupes du vicomte de Turenne répandues dans la plaine y descend aussitôt; l’armée le suit, et à peine a-t-il reconnu les lieux de plus près que les coups de canon tirés du nouveau camp des Bavarois lui apprennent qu’ils ont achevé d’occuper la montagne voisine de Fribourg. A ce bruit, le duc d’Enghien , fâché d’avoir manqué son entreprise, fait mettre son armée en bataille, malgré la pluie qui n’avoit point cessé pendant la nuit ; mais , voyant combien ses troupes étoient fatiguées des combats passés et du mauvais temps , il remet au lendemain à chasser les ennemis de leurs nouveaux retranchements. Ainsi l’armée eut le reste du jour et toute la nuit pour prendre un peu de repos et pour se préparer à la plus périlleuse action qui se soit vue dans les dernières guerres.

A main droite de Fribourg, en venant

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de Brisack, il y a une montagne qui n’est pas extrêmement roide jusqu’au tiers de sa hauteur, mais dont le reste est fort escarpé. En approchant du sommet, on trouve un espace de terrain assez uni et capable de contenir trois ou quatre mille hommes en bataille. Au bout de cette petite plaine il reste encore quelques ruines d’une tour, au pied de laquelle la plus haute montagne de la Forêt-Noire commence à s’élever insensiblement. Mais comme elle se recule fort loin à mesure quelle s’élève, sa hauteur ne commande que bien peu sur cette plaine.

Merci avoit posté le plus grand corps de son infanterie aux environs de cette tour, le reste étoit campé derrière un bois sur la droite en approchant de Fribourg, sa cavalerie étoit placée depuis le bois jusqu’aux murailles de la ville; enfin ce général avoit aussi bien ménagé les avantages

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du lieu dans ce poste que dans le précédent.

Il y avoit encore ajouté pour le défendre toutes les inventions que l’art de la guerre et la commodité des bois lui pouvoient fournir en si peu de temps. Les lignes qu’il avoit faites durant le siège lui servirent en partie pour fermer ce nouveau camp, et il n’eut à fortifier que le côté qui regardoil le vallon ; il fit mettre en cet endroit plusieurs rangs d’arbres abattus avec leurs branches entrelacées; sa meilleure infanterie étoit derrière ce retranchement soutenue de sa cavalerie, dont les escadrons occupoient tout le reste du terrain entre ces rangs d’arbres et la ville.

Dès qu’il fut jour, le ducd’Enghien s’approcha du pied de la montagne où Merci s’étoit retranché, et prit en chemin quelques redoutes que les dragons des ennemis gardoient encore dans le vallon. L’armée de Turenne avoit l’avant-garde ce jour-là

et dcvoit faire le plus grand effort. D’Auroont, lieutenant - général , commandoit l’infanterie. Léchelle, maréchal de bataille, marchoit à la tête de tout avec mille mousquetaires détachés des deux armées; il étoit commandé pour attaquer le retranchement qui couvroit le plus grand corps d’infanterie des Bavarois auprès de cette tour ruinée. C étoit le lieu le plus accessible par où l'on pouvoit aller à eux; c’est pourquoi le vicomte de Turenne fit marcher de ce côtélà tout le canon des Weymariens.

Le corps d’infanterie du duc d’Enghien, sous la conduite d’Espcnan, étoit commandé pour forcer l’abattis d’arbres. Entre ces deux attaques, on en dcvoit faire une fausse avec peu de gens , et seulement pour favoriser les deux véritables attaques. Rozc soutenoit l’infanterie avec la cavalerie weymarienne. Le maréchal de Gramont avoit ordre de se tenir en bataille dans la plaine

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avec la cavalerie françoise, pour prendre le parti que l’événement conseiileroit.

Le camp des Bavarois leur donnoit de grands avantages, soit pour se défendre, soit pour attaquer. Leur infanterie étoit couverte de tous côtés. Une de leurs ailes étoit appuyée du canon et de la mousqueterie de la ville. L’auli-e aile étoit placée sur une montagne, dont la hauteur seule suffi soit pour la sûreté des txoupes qui l’occupoient. Mais ils avoient une si grande étendue de retranchements à défendre que leur infanterie, affoiblie par les fatigues du siège et des combats précédents, ne suffisoit pas pour garder leur camp.

Léclielle faisoit déjà tirer l’artillerie de son attaque, et n attendoit plus que l’arrivée de l’arrière-garde et le signal pour commencer le combat. Le duc d’Enghien avoit commandé que toutes les attaques se fissent en même temps. Léchelle avoit ordre

de ne point marcher aux ennemis jusqu’à ce que le bruit des mousquetades eût commencé vers l’abattis d’arbres et vers la fausse attaque du milieu. Mais un accident imprévu (comme il arrive très-souvent dans les plus sages entreprises de la guerre ) renversa tous les ordres du duc d’Enghien , et sauva les Bavarois d’une défaite générale.

Pendant qu’on attendoit l’arrière-garde qui n’avoit pu joindre à cause des mauvais chemins, le duc d’Enghien, suivi du vicomte de Turenne et du maréchal deGramont, étoit monté sur la plus haute montagne pour découvrir le derrière de l’armée des ennemis et voir leur ordre de bataille.

En son absence, Espenan détacha quelques hommes à dessein de faire une fausse attaque contre une petite redoute qui étoit sur son chemin pour aller aux Bavarois. Quoiqu’il n’y eut d’abord envoyé que très-peu

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