‹ 500 lieues sur le NilChapitre 13 sur 25 · A la suite du Toyage- de la Commission internationale · texte numérisé non relu

A la suite du Toyage- de la Commission internationale

ritime suivrait un tracé indirect desseiri par Fean du fleuve» le gouvernement égyptien abandonnerait à la Compagnie les terrains du domaine public aujourd'hui incultes qui seraient arrosés et cuItÎTés à ses frais ou par ses soins.

La Compagnie jouira, sans impôts, de ces terrains pendant dix ans, à partir du jour de l'ouverture du canal. Durant les 89 ans qui resteront à s*éco.uIer jusqu'à l'expiration de la concession, elle payera la dlme au gouvernement égyptien; après quoi, elle continuera de jouir des terrains concédés , en payant au gouvernement un impôt égal h celui des autres terrains de même nature en Egypte.

Celte concession de terres cultivables dans TOna-

en Egypte Tacte conflrmatif du 5 janvier 1856 imposa à la Compagnie rétablissement :

« l*" D*un canal approprié à la grande navigation maritime entre Suez, dans la mer Rouge, et le golfe de Péiuse, dans lu Méditerranée ;

< 2* D*un canal dMrrigation approprié k la navigation fluviaie du Nil I joignant le fleuve au canal maritime susmentionné;

< 3* De deux branches d'irrigation et d'alimentation dérivées du précédent canal, et portant leurs eaux dans les deux directions de Suez et de Péluse.

< Ces travaux seront conduits de manière à être termii;i!s dans un délai de six années, sauf les empêchements et retards provenant de force majeure. »

dée-Toumilat, la terre biblique de Gessen, constitue un immense avantage pour la Compagnie ; et l'acte de concession s'atlache à le garantir avec soin. Aussi, pour éviter toute difficulté au sujet des terrains qui seront abandonnés à la Compagnie concessionnaire, un plan dressé par M. Linant-Bey, commissaire ingénieur de S. A. le vice-roi auprès de la Compagnie, indiquera les terrains concédés, tant pour la traversée et les établissements du canal maritime et du canal d'alimentation dérivé du Nil, que pour les exploitations de culture. Il est, en outre, entendu que toute spéculation eét, dès à présent, interdite sur les terrains du domaine public à concéder, et que les terrains appartenant antérieurement à des particuliers, et que les propriétaires voudront plus tard faire arroser par les eaux du canal d'alimentation exécuté aux frais de la Compagnie, payeront une redevance par feddan cultivé, à régler à l'amiable entre le gouvernement égyptien et la Compagnie.

Le feddan égyptien correspond, comme on sait, à un demi-bectare ; et la Compagnie universelle n'aura pas moins de 100000 hectares.

Enfin, il est accordé à la Compagnie concessionnaire la faculté d'extraire des mines et carrières ap-

parlenant au domaine public, sans payer de droite, tous les matériaux nécessaires aux travaux du canal et aux constructions qui en dépendront^ de même qu'elle jouira de la libre entrée de toutes les machines et matériaux qu'elle fera venir de Fétranger pour Texploilation de sa concession.

A Texpiration de la concession, le KOUYerBement égyptien, substitué à la Compagnie, jouira sans réserve de tous ses droits et entrera en pleine poesession du canal des deux mers et de tous les établissements qui en dépendront. Un arrangement aimable, ou par arbitrage, déterminera l'indemnité à allouer à la Ck)mpagnie pour l'abandon de son matériel et des objets mobiliers»

Une dernière clause de l'acte de concession stipule que les statuts de la Société seront ultérieurement soumis à S. A. le vice*roi par le directeur de la Compagnie et qu'ils devront être revêtus de son approbation. Les modifications qui pourraient être introduites plus tard devront aussi recevoir préalablement sa sanction.

Enfin Mohammed-Saïd termine cet acte mémorable par ces mots :

« Nous promettons notre bon et loyal concours et celui de tous les fonctionnaires de r%ypte pour

LA CONCESSiON. 23

faciliter Texécution et l'exploitation des présents pouvoirs conférés à H. Ferd. de Lesseps et à la Gom* l)agnie qu'il formera. >

L'acie de concession dont nous venons de rappeler la substance est daté du Caire, 30 novembre 1854*.

Il a été confirmé et développé plus tard par un second acte du 6 janvier 1856*, c stipulant d'une manière plus complète les charges de la Compagnie, les concessions, immunités et avantages auxquels elle aura droit, ainsi que les facilités qui lui seront accordées pour son administration, i»

Ainsi que le remarque avec raison M. Ferd. de Lesseps, cet acte de S. A. le vice^roi d'Egypte pré* sentait très*heureu8ement les caractères d'initiative, d'impartialité et d'utilité universelle qui seuls pouvaient en assurer le succès.

Il faisait de la nouvelle vole de communication entre deux hémisphères le domaine égal de tous les peuples. Tous les capitaux étaient appelés à parta-ger les honneurs et les bénéfices de Tentreprise, et personne n'était privilégié.

1. Documenta, !*• série, p. 54 et suiv. a. Document», î* série, p« Î9l et suif*

tk CANAL DE SUEZ,

Telle est4a concession primitiYe ; mais ce {ff«mer pas fait, il était urgent de procéder à qq commenceyient d'exécution. M. Ferd. de Lesseps reçut dooc de Son Altesse Tordre d'aller présider à reiploralion de Tisthme de Suez» afin de compléter, parus nouvel examen du terrain , les études d^ bites. Deux ingénieurs furent désignés ponr oe tniail. Tous les deux sont connus du monde savant; ilsoDt exécuté pendant 25 ans les plus grands trafaox hydrauliques de TËgypte. Les personnes instruites de ces matières ont déjà nommé MM. Linant-Bey ei Mougel-Bey.

L'exploration de l'isthme eut lieu, de Musel Suez , c'est-à-dire du Nord au Sud , en décembre el janvier 1854-1855. Après en avoir rendu compte au vice-roi, M. Ferd. de Lesseps avait à faire étudier pratiquement et profondément les avantages et les inconvénients des deux tracés possibles du canal, direct et indirect, avec tous les problèmes qui s'! rattachent. Une pareille tâche était naturellemecl dévolue aux deux ingénieurs. Us se prononcènrJ pour le tracé direct, qui va de Suez à Péluse surune longueur de 29 lieues, à l'exclusion du tracé indirect, qui irait de Suez au Caire et du Caire à Alexandrie, et serait beaucoup plus long.

De soa côté , le vice-roi , que ses longues études et ses connaissances dans Fart nautique mettaient parfaitement au courant de la question, reconnut que le tracé direct était le seul qui offrit à la navi«* gatioo du monde les larges satisfactions qu'il désirait lui donner. Il chargea donc M. Ferd. de Lesseps de remettre des instructions dans ce sens à ses ingénieurs ^

BIH. Linant-Bey et Mougel-Bey ache?èrent au mois de mars 1855 leur Avant-projet, où étaient disculées et résolues toutes les questions qui leur avaient été proposées. Ce document, pièce essentielle et capitale de la première publication de M. Ferd. deLesseps, avait principalement pour objet d'appeler sur la canalisation de Tisthme de Suei l'attention et la discussion du monde savant, et il formait, dès lors, la base de l'opération à entreprendre *.

Nous n'analyserons point ici cette pièce, toute importante qu'elle est, parce que ce serait faire double emploi avec l'analyse que nous aurons à donner un peu plus loin du Rapport définitif de la

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