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LIV. 11, CHAI’. IV

verains, se rendent les fléaux et l’hoiTcnr de l’humanité^^fe^ sont des bêtes féroces, dont tout homme de cœur pe8^ avec justice purger la terre. Toute l’antiquité à loué Hercule de ce qu’il délivra le monde d’un Antce, d’un Bnsiris, d’un Diomède

' Pinheiro-Ferreira fait sur ce paragraphe les observations suivaytc^: a La doctrine enseignée dans cet article e.st d’une flagrante ctfrtra » diction avec le principe des nations

» Quelle que puisse être l'opinion que les gouvernements ctrani Il forment de la conduite d’un souverain envers ses sujets, pour em|

D le langage de Vattcl, ce souverain ne saurait se maintenir au |iou'

» sans la coopération d’une partie de ses sujets et le consentement » grande majorité du reste de la nation.

» Ce consentement peut, à la vérité, être arraché par la peur; mais il Il peut aussi être le résultat d’une approbation tacite de ce que les autres Il gouvernements désapprouvent . .

Il II y a des cas où la majorité de la nation, frappée de stupeur et plonn gée dans une sorte d’insensibilité, laisse faire le gouvernement, quuin qu’on sache qu’elle a sa conduite en horreur On se demande si, en pa- II reil cas, l’étranger n’est pas appelé, au nom de l’humanité, à venir à » son aide....

Il Non-seulement cela est possible, mais l’histoire de tous les siècles » et de toutes les nations nous en oITre de nombreux exemples. Mais avant » d’en venir à une conclusion sur le rôle i|uc l’étranger est appelé à jouer Il en pareil cas, il faut examiner jusqu’>à quel point la cause de cette indif- II férence doit influer sur l’intervention que l'humanité semble comman- » der aux puissances étrangères

Il Lorsque, dans une lutte de deux partis, les citoyens se rangent du Il côté de l’un on de l’autre, c’est une preuve que chacun regarde comme O meilleure la cause de celui pour lequel il s’est déclaré, ou que, peut- » être, n’approuvant ni l'un ni l’autre, il croit préférable de subir le sort Il de l’un que de rester neutre entre les deux.

Il Lors donc qu’au contraire nous observons qu’une partie de la nation » reste indécise, et qu’elle ne prend aucune part à la querelle, à moins » d'y être forcée, la conséquence la plus naturelle que nous pouvons en n déduire, c’est qu’aucun des deux partis ne lui offre assez de garanties » pour qu’elle lui accorde la préférence sur .son adversaire.

» Cependant si l’on observe la manière dont elle se conduit lorsque » partiellement elle est forcée d’agir, tantôt par l’un, tantôt par l’autre » des deux partis, on (leut conjecturer lequel lui inspire moins d’antipa- » thie; mais ce qu’en général on peut affirme , c’est que le véritable

g ô7. — Droit de ne pas souffrir que des puissances étrangères se mêlent des affaires du gouvernement.

Apri's avoir établi que les Nations étrangères n’ont aucun droit de s’ingérer dans le gouvernemenl d’un État indépendant, il n’est pas difficile de prouver que celui-ci est fondé à ne le point souffrir. Se gouverner soi-même à son gré,

» motif de cette apparente impassibilité est la conviction, presque géné- » raie, qu’il n'y aurait rien à gagner, si l'on combattait l'un des deux » partis au profit de l’autre, et qu’on n’en connaît aucun que l’on puisse s adopter. De là, cette immobilité que l’étranger peu réfléchi prend pour » de l’apathie.

I) Quelle doit donc être, dans un tel état de choses , la conduite de B celui-ci envers la malheureuse nation qu’il ne saurait voir avec indi- » férence livrée aux horreurs d’une guerre civile? L’humanité ne lui B commande-t-clle pas d’intervenir entre les deux partis pour faire cesser B le carnage? Entendons-nous.

n Le mot d’intervention est, comme tant d’autres, susceptible de plu- » sieurs significations ; ce qui serait vrai le prenant dans un sens, pour- B rait ne pas l’être si on le prenait dans un autre sens.

» On peut intervenir dans l'intention formelle d’appuyer ceux que l’on B considère comme opprimés, et, dès lors, si le secours est propor- B tionné au besoin, le parti contraire sera vaincu, et celui que l'é- B tranger a considéré comme opprimé dans ses droits le remplace au n pouvoir.

B Cependant la grande masse de la nation ne s’était tenue à l'écart que B parce qu’elle ne voulait pas plus de l'un que de l'autre.

B De quel droit donc l’étranger se permet-il de la débarrasser du pre- B mier à condition qu’elle subira le second ? C’était à elle à juger si les B maux qu’elle avait à appréhender de celui-ci sont ou non plus graves B que ceux que l’autre lui faisait éprouver. Qui a donné mandat a l’é- B tranger pour trancher la question et lui imposer un gouvernement B qu’elle déteste et qu’elle a peut-être raison de détester autant ou meme B plus que celui dont on l’a délivrée ?

8 Heureusement pour l’humanité, l’intervention peut avoir lieu sans B que l'étranger assume une autorité qui ne saurait lui appartenir.

B Toute nation est mineure, mais il n’y en a aucune qui ne puisse être B partagée en quatre grandes classes, dont la première se compose d’un B nombre plus ou moins considérable d'hommes capables d'émettre, sur B les intérêts les plus vitaux de leur patrie, une opinion fondée en con- » naissance de cause. La seconde se compose de ceux qui, sans avoir cette

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