LIV. 111, CHAP. I
guerre défensive. Celui qui prend les armes le premier, et attaque une Nation qui vivait en paix avec lui, fait une guerre offensive. L’objet de la guerre défensive est simple, c’est la défense de soi-même; celui de la guerre offensive varie autant que les diverses affaires des Nations. Mais, en général, il se rapporte ou à la poursuite de quelques droits, ou à la sûreté. On attaque une Nation ou pour se faire donner une chose à laquelle on forme des prétentions, ou pour la punir d’une injure qu’on en a reçue, ou pour prévenir celle qu’elle se prépare à faire, et détourner un danger dont on se croit menacé de sa part. Je ne parle pas encore de la justice de la guerre ; ce sera le sujet d’un chapitre à part. Il s’agit seulement ici d’indiquer en général les divers objets pour lesquels on prend les armes, objets qui peuvent fournir des raisons légitimes ou d'injustes prétextes, mais qui sont au moins susceptibles d’une couleur de droit. C’est pourquoi je ne mets point au rang des objets de la guerre offensive la conquête ou le désir d’envahir le bien d’autrui. Une pareille vue, dénuée même de prétexte, n'est pas l’objet d’une guerre en forme, mais celui d’un brigandage, dont nous parlerons en sou lieu ‘.
» plaira, sans avoir à demander le consentement de personne » (Noie sur le g 4, p. 360. Voir dans le même sens: Hodzel, Constitution sociale, p. 492 et suiv.; Berriat-Saint-Prix, Théorie du droit constitutionnel français, p. 492 et suiv.). Sur la question de savoir à qui appar tient le droit de faire la guerre, voir; Martens, Libr. cit., t. Il, ( 264, p. 201 ; KlUber, Libr. cit , J 236, p. 306; Wbeaton, Libr. cit., t. 1, p. 278, ê 5;Esciibach, Introd. gén. d l’étude du Droit, 1856, p. 112; Caücht, Le Dr. marit. internat., 1. 1, p. 291. P. P. F.
' Les auteurs ne sont pas d’accord sur la définition de la guerre offensive et de la guerre défensive. Voir sur ce point ; Bcrlamaqui, Principes du Dr. polit., p. iv, ch. iii, g 1 et suiv.; Marte.vs, Précis du Dr des gens mod. de l’Eur., édit, cit., t. II, i 266, p. 206 et suiv ; Klüber, Dr. des gens mod. de l’Eur., édit, cit., g 235, p. 304 ; Massé, Le Dr comm. dans ses rapp. avec le Dr. des gens, t. I, p. 103. Mais cette distinction entre les guerres offensives et défensives est dénuée d'utilité, car aucune des parties belligérantes n'accepte ordinairement l'im-