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LIV. lll, CHAP. II

infortunées victimes delà guerre est uu devoir indispensable pour tout Étal, à proportion de son pouvoir. Il estcontraire, non pas seulement à l’humanité, mais à la plus étroite justiee, de laisser périr de misère, ou indignement forcés à mendier leur pain, <le généreux citoyens, des héros, qui ont versé leur sang pour le salut de la patrie. Leur entretien honorable serait une charge bien convenable à répartir sur les riches couvents et sur les gros bénélices ecclésiastiques. Il est trop juste que des citoyens qui fuient tous les dangers de la guerre, emploient une partie de leurs richesses à soulager leurs vaillants défenseurs

' Fondé par Louis XIV, en avril 1674, l'hôtel des Invalides a subi, depuis sa création jusqu'à nos jours, bien des vicissitudes dans son organisation et dans son existence même, que ne setTirent pas toujours à protéger et son utilité réelle, et l’orgueil national si justement attaché à sa conservation. Lorsque l’on considère l’état de soutTrance et de misère où Louis XIV trouva ces braves vétérans, mutilés ou infirmes, qui avaient fait la gloire de leur patrie et commencé la sienne : les uns relégués dans les abbayes, où la paresse des moines spéculait sur leur subsistance, les autres dénués de tout asile et de tout secours, errants et dispersés, mendiant dans les provinces, on ne peut qu’approuver la pensée et l’oeuvre du grand roi. Les premiers coups portés à l'institution datent de Louis XVI. L’économie en fut le prétexte ; elle en devint un aussi à toutes les époques de la Kévolution, et suivant l’humeur des temps, les répugnances politiques s’y mêlèrent plus ou moins sévèrement; mais toujours le sentiment national en fit justice. On doit citer parmi les actes contemporains qui infiuèrent sensiblement sur l'existence de l'hôtel des Invalides, le décret du 25 mars 181 1, qui, en dotant largement cet établissement, rendit à son organisation et à ses moyens d’être, les bases solides qu’il avait perdues depuis les altérations de l'édit de 1674 (Voir ; Val'chklle, Libr.cit., l. I, p. 98 etsuiv.; A. Solahd, Histoire de l’Hôtel des Inralidcs, 1845).

Pinheiro-Ferreira fait à ce sujet l’observation suivante ;

« Pourquoi les soldats, considérés indistinctement et en masse, au- » raient-ils plus de droits que toute autre classe de citoyens aux soins

» de l’autorité. Pourquoi la loi prend-elle un soin si particulier des

« premiers, tandis qu'elle abandonne à leur malheureux sort tant de » milliers de personnes des deux sexes et de tous les âges, bien plus in- » valides que la plupart des militaires mêmes qui, à juste titre, comptent U. 23

• ê 13. — Des soldats mercenaires.

Les soldats merceuaires sout des étrangers qui s’engagent volontairement à servir l’État, pour de l’argent, pour une solde convenue. Comme ils ne doivent aucun service à un souverain dont ils ne sont pas sujets, les avantages qu’il leur fait sont leurs motifs. Us contractent, par leur engagement, l’obligation de le servir, et le prince, de son côté, leur promet des conditions stipulées dans leur capi-

» dans ce nombre ?.... Quel est le cœur bien placé qui ne se révolte en » voyant le luxe asiatique avec lequel certains gouvernements se glorifient » d’avoir pourvu au sort des soldats invalides, tandis que des millions de U citoyens, vieillard.s, femmes et enfants, mille fois plus incapables de n pourvoir aux besoins les plus indispensables de la vie, et la plupart » ayant épuisé leurs forces dans des états beaucoup plus utiles à la na- » tion que le service de caserne, croupissent et exhalent leur dernier

» souffle dans la fange ? C'est que les législateurs ont eu en vue

» d'entourer d’autant de faveurs que possible, cette sorte de servage que » l’arbitraire était intéressé à conserver au milieu des ruines de la féo- » dalité ... C’est un complot du pouvoir contre l’humanité. Ce n’est pas » parce que ce sont des lionimcs, mais parce que ce sont des soldats; ce » n’est pas parce qu’ils ont exposé leurs jours pour leurs concitoyens, » mais parce (|u’ils sont là tout prêts à percer de leurs baïonnettes le » cœur de leurs concitoyens, à la voix du pouvoir, que celui-ci leur ac-

» corde une faveur qui les élève au-dessus de leurs concitoyens »

(Note sur le jj 12, p. 369).

Il est vrai que les faveurs accordées aux hommes de guerre se manifestent surtout sous les gouvernenients absolus. L’antiquité, elle-même, avait connu cette corrélation entre l’usurpation et les prérogatives du soldat, A Rome, la première trace des [iriviléges militaires date du jour où César se préparait à franchir le Rubicqn liv. XXIX, tit.’l, 1. I). Mais tant que cette tendance ne sc traduit qu’en institutions charitables, elle a le droit d’échapper à toute critique. Notre époque contemporaine a vu se multiplier les institutions relatives à l’assistance jiublique, telles que les salles d'asiles , les caisses d’épargne, les nionts-de-piété, les bureaux de bienfaisance, les sociétés de secours mutuels, les hospices, etc. Les sociétés maternelles, les ateliers de charité, les orphelinats, les asiles des ouvriers convalescents, les établissements alimentaires, la caisse de retraite pour la vieillesse, les vestiaires des pauvres, l’organisation des secours à domicile, les prêts d'honneur, le patronage des jeunes détenus,

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