DES JUSTES CAUSES DE LA GUERRE
J 24. — Que la guerre ne doit point être entreprise sans de très-fortes raisons.
Quicouque aura une idée de la guerre, quiconque réllécliira à ses effets terribles, aux suites funestes qu’elle traîne après elle, conviendra aisénieiit qu’elle ne doit point être eutreprise sans les plus fortes raisons. L’humanité se révolte contre un souverain qui prodigue le sang de ses plus fidèles sujets sans nécessité ou sans raisons pressantes, qui expose sou peuple aux calamités de la guerre, lorsqu’il pourrait le faire jouir d’une paix glorieuse et salutaire. Que si à l’imprudence, au manque d’amour pour son peuple, il joint l’injustice envers ceux qu il attaque, de quel crime, ou plutôt de quelle effrojable suite de crimes ne se rend-il point coupable? Chargé de tous les maux qu’il attire à ses sujets, il est coupable encore de tous ceux qu’il porte chez un peuple innocent. Le sang versé, les villes saccagées, les provinces ruinées, voila ses forfaits, ün ne tue pas un homme, ou ne brûle pas une chaumière, dont il ne suit responsable devant Dieu et comptable à l’humanité. Les violences, les crimes, les désordres de toute espèce, qu’entraînent le tumulte et la licence des armes, souillent sa conscience et sont mis sur sou compte, parce qu’il en est le premier auteur. Vérités certaines, images terribles, qui devraient inspirer aux conducteurs des Nations, dans leurs entreprises guerrières, une circonspection proportionnée à l’importauce du sujet ' !
' Les nations de l’Europe moderne, commerçariles, industrieuses, civilisées, placées sur un sol assez étendu pour leurs besoins, ayant avec