LIV. 111, CHAP
nir l’injure (a). Venger sigiiitie ici poursuivre la réparation de l’injure, si elle est de nature h être réparée, ou une juste satisfaction, si le mal est irréparable ; c’est encore, si le cas l’exige, punir l’offenseur, dans la vue de pourvoir à notre sûreté pour l’avenir. Le droit de sûreté nous autorise à tout cela (liv. II, § 49 et 52). Nous pouvons donc marquer distinctement cette triple fin de la guerre légitime : I* nous faire rendre ce qui nous appartient ou ce qui nous est dû; 2° pourvoir à notre sûreté pour la suite, en punissant l’agresseur ou l’offenseur; 3° nous défendre ou nous garantir d’injure, en repoussant une injuste violence. Les deux premiers points sont l’objet de la guerre offensive, le troisième est celui de la guerre défensive. Camille, sur le point d’attaquer les Gaulois, exposa en peu de mots
1856, s'ost plusieurs fois ressentie des tendances humanitaires et progressives du congrès de Paris. Non- seulement les chefs de puissants ïitats ont paru, à certains moments, animés de sentiments d'estime réciproque, qui tes ont amenés à de personnelles et intimes entrevues ; mais encore, grâce à d'opportunes entremises, les questions internationales les plus diverses ont été résolues avec facilité, sur les points les plus éloignés, et dans un sens pacifique. P. P. F.
(n) .Vote de l'éditeur de 1775. Pourquoi se servir de termes qui dans l'usage signifient tout autre chose que ce qu'on leur fait signifier ici ? Poursuivre la réparation d'une injure, et pourvoir à notre sûreté pour l'avenir, sont des expressions claires. Pourquoi leur substituer celles de venger et punir, dont on peut énormément abuser en les prenant dans le sens qu’y attache le vulgaire ? La vengeance est toujours criminelle ; c'est le talion, que l’auteur lui-méine réprouve (liv. II, g 339) ; ce l’est, dis-je, à la ridicule impossibilité près dans laquellese perd le talion, en voulant faire souffrir à l’offenseur précisément le même mal que l’offensé a souffert de sa part. Quant au terme punir, s'il ne doit pas être synonyme avec celui de venger, il faut bien le ramener à sa vraie notion, que j'ai lâché de fixer dans mes Remarques précédentes. J'y renvoie, parce que je crois en avoir assez dit. J'ajouterai seulement ici, qu’on ne peut punir que soi-inéme, son enfant, et l’esclave de la peine. Dans les deux derniers cas, le supérieur est père ou maitre ; dans le premier, c'est la raison, et l’inférieur est la partie animale. Je mets le heautontimorumrnos le premier, parce qu’il faut avoir appris par soi à bien punir les autres. D.
à ses soldats tous les sujets qui peuvent fonder ou justifier la guerre : Omnia quœ defendi, repetique et ulcisci fas sil (*).
jj 29. — Les raisons justidcatives et les motifs honnêtes doivent concourir pour faire entreprendre la guerre.
La Nation ou son conducteur, n’ayant pas seulement à garder la justice dans toutes ses démarchés, mais encore à les régler constamment sur le bien de l’État, il faut que des motifs honnêtes et louables concourent avec les raisons justificatives pour lui faire entreprendre la guerre. Ces raisons font voir que le souverain est en droit de prendre les armes, qu’il eu a un juste sujet ; les motifs hounétes montrent qu’il est à propos, qu’il est convenable, dans le cas dont il s’agit, d’user de son droit; ils se rapportent à la prudence, comme les raisons justificatives appartiennent à la justice.
g 30. — Des motifs honnêtes, et des motifs vicieux.
J’appelle motifs honnêtes et louables, ceux qui sont pris du bien de l’État, du salut et du commun avantage des citoyens. Ils ne vont point sans les raisons justificatives, car il n’est jamais véritablement avantageux de violer la justice. Si une guerre injuste enrichit l État pour un temps, si elle recule ses frontières, elle le rend odieux aux autres Nations, et l’expose au danger d’en être accablé. Et puis, sont-ce toujours les richesses et l’étendue des domaines qui font le bonheur des Élats? On pourrait citer bien des exemples; bornons-nous à celui des Komains. La république romaine se perdit par ses triomphes, par l’excès de ses conquêtes et de sa puissance. Rome, la maîtresse du monde, asservie à des tyrans, opprimée sous le gouvernement militaire, avait sujet de déplorer les succès de ses armes, de regretter les temps heureux où sa puissance
(*) Tit. Liv., liv. V, cap. xux