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LIV. 111, CHAP

ne s’étendait pas au dehors de l’Italie, ceux-là même mà sa domination était presque enfermée dans l’enceinte de ses murailles.

Les motifs vicieux sont tous ceux qui ne se rapportent point au bien de l’État, qui ne sont pas puisés dans cette source pure, mais suggérés par la violence des passions. Tels sont l’orgueilleux désir de commander, l’ostentation de ses forces, la soif des richesses, l’avidité des conquêtes, la haine, la vengeance.

§ 31 . — Guerre dont le sujet est légitime, et les motiFs vicieux.

Tout le droit de la Nation, et par conséquent du souverain, vient du bien de l’État, et doit se mesurer sur cette régie. L’obligation d’avancer et de maintenir le vrai bien de la société, de l’État, donne à la Nation le droit de prendre les armes contre celui qui menace ou qui attaque ce bien précieux. Mais si, lorsqu’on lui fait injure, la Nation est portée à prendre les armes, non par la nécessité de se procurer une juste réparation, mais par un motif vicieux, elle abuse de son droit ; le vice du motif souille des armes qui pouvaient être justes; la guerre ne se fait point pour le sujet légitime qn’on avait de l’entreprendre, et ce sujet n’en est plus que le prétexte. Quand au souverain en particulier, au conducteur de la Nation, de quel droit expose-t-il le salut de l’État, le sang et la fortune des citoyens, pour satisfaire ses passions? Le pouvoir suprême ne lui est confié que pour le bien de la Nation; il n’en doit faire usage que dans cette unique vue ; c’est le but prescrit à ses moindres démarches; et il se portera à la plus imjiortante, à la plus dangereuse, par des motifs étrangers ou contraires à cette grande lin ÎRicii n’est plus ordinaire cependant qu’un renversement de vues si funeste, et il est remarquable que, par cette raison, le judicieux Polybe appelle causes de la guerre les motifs qui portent à l’en-

(*) AîtIoi. Histor., lib. III, chap. vi.

treprendre, et prétextes (*) les raisons justificatives dont on s’autorise. C’est ainsi, dit-il, que la cause de la guerre des Grecs contre les Perses, fut l’expérience qu’on avait faite de leur faiblesse ; et Philippe, ou Alexandre après lui, prit pour prétexte le désir de venger les injures que la Grèce avait si souvent reçues, et de pourvoir à sa sûreté pour l’avenir.

i 32. - Des prétextes.

Toutefois, espérons mieux des Nations et de leurs conducteurs. U est de justes causes de guerre, de véritables raisons justificatives; et pourquoi ne se trouverait-il pas des souverains qui s’en autorisent sincèrement, quand ils ont d’ailleurs des motifs raisonnables de prendre les armes? Nous appellerons donc prétextes les raisons que l’on donne pour justificatives, et qui n’en ont que l’apparence, ou qui sont mêmes absolument destituées de fondement. On peut encore appeler prétextes des raisons vraies en elles-mêmes et fondées, mais qui n’étant point d’une assez grande importance pour faire entreprendre la guerre, ne sont mises en avant que pour couvrir des vues ambitieuses ou quelque autre motif vicieux. Telle était la plainte du tzar Pierre I*'', de ce qu’on ne lui avait pas rendu assez d’honneurs à son passage dans Ri^a. Je ne touche point ici à ses autres raisons pour déclarer la guerre à la Suède.

Ces prétextes sont au moins un hommage que les injustes rendent à la justice. Celui qui s’en couvre témoigne encore quelque pudeur. Il ne déclare pas ouvertement la guerre à tout ce qu’il y a de sacré dans la société humaine. Il avoue tacitement que l’injustice décidée mérite l'indignation de tous les hommes.

g 33. — Guerre entreprise pour la seule utilité.

Celui qui entreprend une guerre sur des motifs d’utilité

(*) npo^aottç.

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