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leur égarement, ils offrirent la réparation dn dommage2> \ et toute sorte de satisfaction raisonnable ; mais leurs sou- '► V missions ne purent apaiser les Romains. Sur quoi Caïus Pontius, général des Samnites, dit A son peuple : « Puisque » les Romains veulent absolument la guerre, elle devient » juste pour nous par nécessité; les armes sont justes et » saintes, pour ceux à qui on ne laisse d’autres ressources » (|ue les armes, » Juslum est bethim, quitus necessarium, et pia arma, quitus nulla nüi in armis relinquitur spes (*).
g 37. — Comment la guerre offensive est juste dans une cause évidente.
Pour juger de la justice d’une guerre offensive, il faut d’abord considérer la nature du sujet qui fait prendre les armes. On doit être bien assuré de son droit, pour le faire valoir d’une manière si terrible. S’il est donc question d’une chose évidemment juste, comme de recouvrer son bien, de faire valoir un droit certain et incontestable, d’obtenir une juste satisfaction pour une injure manifeste, et si on ne peut obtenir justice autrement que par la force des armes, la guerreoffensive est permise. Deux choses sont donc nécessaires pour la rendre juste : 1“ Un droità faire valoir, c’est-à-dire que l’on soit fondé à exiger quelque chose d’une Nation; 2° que l’on ne puisse l’obtenir aulrement que par les armes. La nécessité seule autorise à user de force : c’est un moyen dangereux et funeste. La nature, mère commune des hommes, ne le permet qu’à l’extrémité, et au défaut de tout autre. C’est faire injure à une Nation, que d’employer contre elle la violence, avant que de savoir si elle est disposée à rendre justice ou à la refuser Ceux qui, sans tenter les voies paciliques, courent aux armes pour le moindre sujet, montrent assez que les raisons justilicatives ne sont, dans leur bouche, que des prétextes : ils saisissent avidement l’occasion de se livrer à leurs passions, de servir leur ambition, sous quelque couleur de droit.
(*) Tit.-Liv., lib. IX. init.
§ 38. — Et dans une cause douteuse.
Dans une cause douteuse, là où il s’agit de droits incertains, obscurs, litigieux, tout ce que l’on peut exiger raisonnablement, c’est que la question soit discutée (liv. II, g 331), et s’il n’est pas possible de la mettre en évidence, que le différend soit terminé pur une transaction équitable. Si donc l’une des parties se refuse à ces moyens d’accommodement, l’autre sera en droit le prendre les armes, pour la forcer à une transaction, et il faut bien remarquer que la guerre ne décide pas la question; la victoire contraint seulement le vaincu à donner les mains au traité qui termine le différend. C’est une erreur non moins absurde que funeste, de dire que la guerre doit décider les controverses entre ceux qui, comme les Nations, ne reconnaissent point de juge. La victoire suit d’ordinaire la force et la prudence plutôt que le bon <lroit. Ce serait une mauvaise règle de décision; mais c’est un moyen efficace, pour contraindre celui qui se refuse aux voies de justice; et il devient juste dans les mains du prince qui l’emploie à propos et pour un sujet légitime.
g 39. — La guerre ne peut être juste des deux côtés.
La guerre ne peut être juste des deux côtés. L’un s’attribue un droit, l’autre le lui conteste ; l’un se plaint d’une injure, l’autre nie de l’avoir faite. Ce sont deux personnes qui disputent sur la vérité d’une proposition ; il est impossible que les deux sentiments contraires soient vrais en même temps.
g 40. — Quand réputée cependant pour légitime.
Cependant il peut arriver que les contondants soient l’un et l’autre dans la bonne foi ; et dans une cause douteuse, il est encore incertain de quel côté se trouve le droit. Puis donc que les Nations sont égales et indéiiendantcs (liv. Il, § 36, et Prélim., § 18, 19), et ne peuvent s’ériger