L!V. 111, CHAP. III
pes, assemble nne armée puissante, remplit ses magasins, en un mot, quand il fait des préparatifs de guerre, nous
eienne Rome, parce qu'au lieu d’avoir pour arbitre de leur destinée l’unique volonté d’un César, ils sont soumis aux caprices d’un multiple congrès. Mais M. Cauchy fait observer, avec raison, que la garantie des États secondaires ne peut se trouver que dans la pluralité même des grands États et dans l’inévitable diversité de leurs intérêts, de leur politique, de leurs tendances. Si, parmi ces grands États, il en est que leur ambition porte à méconnaître le droit des Faibles, il s’en trouvera dont le bras sera prêt à s'armer pour la défense d’une juste cause. C'est à cette condition que les puissances de premier ordre sont devenues, dans les congrès, comme les représentants naturels de la chrétienté tout entière. La force des choses leur a donné, pour le règlement des questions qui intéressent la paix du monde, une sorte de juridiction nouvelle, qui paraîtrait destructive de l’indépendance des faibles, si, par un remarquable progrès des moeurs, un droit public inconnu à l'ancien monde, ne tendait à substituer à la politique de la force et de l' intérêt, celle.ïde la justice et de l’bumanité (Voir : Caccuy, Le droit maritime international, 1862, t. Il, p. 136).
L'équilibre politique n’a pas été, d’ailleurs, l’effet d’un concert préalable, d’un entrainement spéculatif vers les idées de justice et d’équité. Il s’est produit naturellement, par le résultat des faits ; et c’est ce qui le rend à la fois durable et mobile ; car non-seulement il peut, mais il doit se modifier suivant le développement des événements à venir. « Par le système moderne de politique internationale, dit lord Brougbam, le sort des nations est devenu plus fixe; l’influence du hasard, de la fortune, des armes, des caprices de quelques individus sur les affaires générales de l’humanité, a été prodigieusement diminuée.... La durée de l’existence d’un État ne dépend plus tant de ses ressources propres, que de la place qu’il occupe dans un vaste et régulier système, où les États les plus puissants doivent, pour leur propre sécurité, constamment veiller au salut des plus faibles. Un État florissant ne peut plus perdre son indépendance ou sa prospérité par le fait d’une bataille ; il faut qu’il en perde beaucoup, que de nombreuses modifications s’opèrent avant qu’une telle catastrophe s’accomplisse.... Ce grand et bienfaisant progrès ne s’est effectué que par degrés... n {Historical and political Dissertations). Les faits moraux et politiques de la seconde moitié du XIX* siècle, permettent d’espérer de nouveaux progrès. Déjà l’équilibre de nos jours n’est plus celui des commencements du siècle. L’équilibre des traités de 1813 était une réaction organisée contre la Révolution au profit de l’absolutisme. La récente guerre d’Italie a déplacé cet équilibre su-
est-il permis de l’attaquer pour prévenir le danger dont nous nous croyons menacés? I.a réponse dépend beaucoup des mœurs, du caractère de ce voisin. Il faut le faire expliquer, lui demander la raison de ces préparatifs. C’est ainsi qu’on en use en Europe. Et si sa foi est justement suspecte, on peut lui demander des sûretés. Le refus serait un indice sufDsantdemauvais desseins, et une juste raison de les prévenir. Mais si ce souverain n’a jamais donné des marques d’une làclie perfidie, et surtout si nous n’avous ac-
ranné, en faveur des nations libérales. En détruisant la prépondérance autrichienne au delà des Alpes, elle a redonné la vie à un peuple ami, et créé sur la Méditerranée un royaume allié qui pourra, peut-être, un jour avoir une marine capable aussi d’exploiter cette mer à laquelle le percement de l'isthme de Suez restituera l'importance qu'elle a perdue. La diffusion des lumières, le développement de la richesse sociale, la multiplicité des communications télégraphiques et des voies ferrées, les relations encore plus rapides de la pensée, l'avénement du dogme de la souveraineté des peuples, l'essor de l'opinion, ne |)Ourront plus s’accorder longtemiis avec le morcellement infini et arbitraire, sur différents points de l’Europe, de la souveraineté et de l’organisation politique. Le moment n’est pas éloigné, sans doute, où le réveil des peuples modifiera d’une manière radicale le système d'équilibre établi, il y a cinquante ans, dans un accès de colère contre les plus légitimes instincts patriotiques et nationaux. Il est même permis d'espérer, puisijuc le monde entier tend à s'unir , malgré les océans qui ont séparé les continents, que le nouvel équilibre s'étendra, avec la civilisation chrétienne, à toutes les parties de l’univers. — Voir sur l'équilibre intemaiionnal ; De Hertzberg, Dissertation sur la véritable richesse des États, la balance du commerce et celle du pouvoir, 1786 ; Gu.vTiiEn, Europ. Yôlkerrechl, 1793, t. I; SciiHALTZ, Dr. des gens Europ., liv. V, ch. iv, édit, all.p Martevs, Précis du Dr. des gens mod. de l'Enr., édit, cit., t. I, g 121 à 125, P 309 et suiv., note o, p 310, note b, p 315, note, p. 316 et suiv., note» p. 318; Klüber, Dr. des gens mod. de l'Eur., édit, cit., g 6, p. 6 et 7, §42, p~CTet suiv., note a, p. 61; Wheatov, Elém. du Dr. internat., 3* édit , t. 1, p. 77 ; Id., Histoire des progrès du Dr. des gens, 3' édit., t. I, p. 13, p. 110 et suiv.; IIeefter, Le Dr. internat, publ. de l'Eur., i 3 ; Cauchy, le Dr. marit internat , t. I, p. 70, 72, 207, 208, 210, 212, 277, 370 . 498, 523, t. II, p. 1 et suiv., 127 et suiv., 130 et suiv., 364 et note; BêUME, Philosophie du Droit, t. I, p. 323 et suiv. P. P. F.