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LIV. 111, CHAP. IV

I 59. — On ne peut |H)int l’omettre par représailles.

Mais personne n’étant dispensé de son devoir, par cela seul qu’un autre n’a pas rempli le sien, nous ne pouvons nous dispenser de déclarer la guerre à une Nation avant que de commencer les hostilités, par la raison que, dans une autre occasion, elle nous a attaqués sans déclaration de guerre. Cette Nation a péclié alors contre la loi naturelle (I 51), et sa faute ne nous autorise pas à en commettre une pareille.

8 60. — Ou temps de la déclaration.

Le droit des gens n’impose point l’obligation de déclarer la guerre, pour laisser à l’ennemi le temps de se préparer à une injuste défensive. Il est donc permis de faire sa déclaration seulement lorsque l’on est arrivé sur la frontière avec une armée, et même après que l’on est entré dans les terres de l’ennemi, et que l’on y a occupé un poste avantageux, toutefois avant que de commettre aucune hostilité. Car, de cette manière, on pourvoit à sa propre sûreté, et on atteint également le but de la déclaration de guerre, qui est de donner encore û un injuste adversaire le moyen de rentrer sérieusement en lui-même, el d’éviter les horreurs de la guerre, en faisant justice (*). Le généreux Henri IV en usa de celte manière envers Charles-Emmanuel, duc de Savoie, qui avait lassé sa patience par des négociations vaines et frauduleuses.

g 61. — Devoir des haliitants, dans le cas où une armée étrangère entre dans le pays avant que de déclarer la guerre.

Si celui qui entre ainsi dans le pays avec une armée

création d’un Moniteur égyptien en langue arabe, d’un Bulletin des lois et actes de l'autorité publique, d’un grand-livre de la dette publique égyptienne, et de l’état civil (Voir le journal La f rance, du 17 lévrier 1863). P. P. F.

('l Voyez les Mémoires de Sully.

gardant une exacte discipline, déclare aux babitanis qu’il ne vient point en ennemi et qu’il ne commettra aucune violence, et qu’il fera connaître au souverain la cause de sa venue, les habitants ne doivent point l’attaquer, et, s’ils osent l’entreprendre, il est en droit de les châtier. Bien entcudu qu’on ne lui permettra point l’entrée dans les places fortes, et qu’il ne peut la demander. Les sujets ne doivent pas commencer les hostilités sans ordre du souverain. Mais s’ils sont braves et fidèles, ils occuperont, en attendant, les postes avantageux, et se défendront en cas que l’on entreprenne de les y forcer*.

' « Vattel, dit Pinheiro-Ferreira, renrermc dans cet article une docu trine de la plus haute )>ortée, mais dont il ne parait pas avoir senti toute » ri mportance. C'est la part que, selon lui, les habitants d'un pays dévasté » par une armée étrangère doivent prendre aux opér.itions militaires ....

» Les habitants sont- ils tenus d'opposer une résistance à l'armée en- » vahissante, soit dans l'absence de l’armée, soit concurremment avec elle? » Certes ils en ont le droit, du moment où, convaincus de l'injustice de » l'invasion, ils croient que leur coopération, permise par les lois du » pays, peut lui être utile.

» Mais celui-ci ne peutétre qu’un cas d'exception... Le plussouventia » grande masse des habitants, si ce n'est pas la totalité, ignore de quel » côté est le bon droit, ou, pour mieux dire, ne connaît pas même le vé- » ritable motif de la guerre.

n Puis, nulle part la masse du peuple n'est organisée de manière è n pouvoir utilement prendre part aux opérations de la guerre, sans arrê- » ter d'un seul coup toutes les sources de production, et sans attirer sur B le pays une guerre de dévastation mille fois plus funeste au pays lui- » même, qu'à l'armée du conquérant.

a La guerre n'a lieu qu'entre ceux qui la font en connaissance de D cause. Elle ne peut donc avoir lieu qu'entre les gouvernements,c'est-àn dire entre les personnes qui, par devoir ou par intérêt, s'attaquent mu- » tuellement par les moyens de force ou de ruse qui constituent l'état de » guerre.

» Celle-ci doit donc se borner, de la part du gouvernement qui défend » son bon droit, aux personnes et aux choses employées ou destinées par » le gouvernement ennemi à soutenir ses mauvaises intentions à l'égard » de son adversaire.

» Tous les autres citoyens doivent être regardés par le conquérant

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