‹ 501 pChapitre 214 sur 254 · LIV. III, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. III, CHAP. VI

on s’engage à faire cause commnne, et nne autre, dans laquelle on se promet seulement un secours déterminé. L’alliance dans laquelle on fait cause commune est une société de guerre-, chacun y agit de toutes ses forces Tous les alliés deviennent partie principale dans la guerre; ils ont les mêmes amis et les mômes ennemis. Mais une alliance de cette nature s’appelle plus particulièrement société de guerre, quand elle est offensive

§ 81. — Des troupes auxiliaires.

Lorsqu’un souverain, sans prendre part directement à la guerre que fait un antre souverain, lui envoie seulement un secours de troupes ou de vaisseaux de guerre, ces troupes ou ces vaisseaux s’appellent auxiliaires.

Les troupes auxiliaires servent le prince à qui elles sont envoyées, suivant les ordres de leur souverain. Si elles sont données purement et simplement, sans restriction, elles sert iront également pour l’offensive et pour la défensive, et elles doivent obéir, pour la direction et le détail des opérations, au prince qu’elles viennent seeourir. Mais ce prince n’en a point cependant la libre et entière disposition, comme de ses sujets. Klles ne lui sont accordées que pour ses propres guerres, et il n’est pas en droit de les donner lui-méme comme auxiliaires à une troisième puissance*.

g 82. — Des subsides.

Quelquefois ce secours d’une puissance qui n’entre point directement dans la guerre, consiste en argent ; et alors on l’appelle subside. Ce ferme se prend souvent aujonrd hui dans un autre sens, et signifie une somme d’argent qu’un souverain paie chaque année à un autre souverain, en ré-

' Voir, infrà, lib. III, ; 101, et la note. P. P. F.

* Voir : Martens, Précis du Dr des gens mnd. de l'Etir., édit, cit , t. II, la note du ? 299, p. 282, et 8 .901, p. 285; Ki.über, Dr. des gens mod. del'Eur., édit, cit., g 270 et 271, p. 343 et suiv.; Wheatox, Ftém, du Dr, inlemat., t. I, p. 259. P, P. F;

compense d’un corps de troupes que celui-ci lui fournit dans ses guerres, ou qu’il tient prêt pour sou service. Les traités par lesquels on s’assure une pareille ressource s’appellent traités de subsides. La France et l’Angleterre ont eu souvent des traités de cette nature avec divers princes du Nord et de l’Allemagne, et les entretenaient même en temps de paix

J 83. — Comment il est permis à une Nation de donner du secours à une autre,

Pour juger maintenant de la moralité de ces divers traités ou alliances, de leur légitimité selon le droit des gens, et de la manière dont ils doivent être exécutés, il faut d’abord poser ce principe incontestable : Il est permis et louable de secourir et d'assister de toute manière une Nation qui fait une guerre juste ; et même cette assistance est un devoir pour toute Nation qui peut la donner sans .se manquer d elle-même. Mais on ne peut aider d aucun secours celui qui fait une guerre injuste. 11 n’y a rien là qui ne soit démontré par tout ce que nous avons dit des devoirs communs des Nations les unes envers les antres (liv. Il, chap.i). Il est toujours louable de soutenir le bon droit, quand on le peut; mais aider l’injuste, c’est participer à son crime , c’est être injuste comme lui.

? 84. — Et de faire des alliances pour la guerre.

Si, au principe que nous venons d’établir, vous joignez la considération de ce qu’une Nation doit à sa propre sûreté, des soins qu’il lui est si naturel et .-ii convenable de prendre pour se mettre en étal de résister à ses ennemis, vous sentirez d’autant plus aisément combien elle est en droit de

' Voir; Marte.vs, Précis du Dr. des gens mod. de VEur., édit, cit., t. II, § 298, p. 281, g 302, p. 287 ; lu. ,/iecueii, t. Il, p. 540, t.V, p.283; Klüber, Dr. des gens mod. del’Eur., édit, cit., g 149 in fine, p. 191, § 271, etsuiv., p. 345 et suiv.; Wheatom, Élém. du Dr. internat., 1. 1, p. 259. P. P- F.

Page 1