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LIV. 111, CHAP. VI

hommes, dont ses quatre fils formaient le premier rang, voyant que le général voulait l’obliger à passer le Rhin, brisa son esponton, et ramena sa compagnie à Berne.

S 99. — Comment l'alliance défensive associe à l’ennemi.

Une alliance même défensive, faite nommément contre moi, ou, ce qui revient à la même chose, conclue avec mon ennemi pendant la guerre, ou lorsqu’on la voit sur le point de se déclarer, est un acte d’association contre moi ; et si elle est suivie des effets, je suis en droit de regarder celui qui l’a contractée comme mon ennemi. C’est le cas de celui qui assiste mon ennemi sans y être oblige, et qui veut bien être lui-même mon ennemi [voyei le §97).

î 100. — Autre cas.

L’alliance défensive, quoique générale et faite avant qu’il fût question de la guerre présente, produit encore le même effet, si elle porte une assistance de toutes les forces des alliés. Car alors c’est une vraie ligue ou société de guerre. Et puis , il serait absurde que je ne pusse porter la guerre chez une Nation qui s’oppose à moi de toutes ses forces, et tarir la source des secours qu’elle donne à mon ennemi. Qu’est-ce qu’un auxiliaire qui vient me faire la guerre à la tête de toutes ses forces? Il se joue, s’il prétend n’être pas mon ennemi. Que ferait-il de plus, s’il en prenait hautement la qualité? Il ne me ménage donc point; il voudrait se ménager lui-même. Souffrirai-je qu’il conserve ses provinces en paix, à couvert de tout danger, tandis qu’il me fera tout le mal qu’il est capable de me faire ? Non, la loi de la nature, le droit des gens, nous obligent à injustice, et ne nous condamnent point à être dupes.

{ 101. — En quel cas elle ne produit point le même effet.

Mais si une alliance défensive n’a point été faite parti-

culièrement contre moi, ni conclue dans le temps que je me préparais ouvertement à la guerre où que je l’avais déjà commencée, et si les alliés y ont simplement stipulé que chacun d’eux fournira un secours déterminé à celui qui sera attaqué, je ne puis exiger qu’ils manquent à un traité solennel, que l’on a sans doute pu conclure sans me faire injure ; les secours qu’ils fournissent à mon ennemi sont une dette qu’ils paient ; ils ne me font point injure en l’acquittant; et par conséquent ils ne me donnent aucun juste sujet de leur faire la guerre (| 26). Je ne puis pas dire non plus que ma sûreté m’oblige à les attaquer. Car je ne ferais par là qu’augmenter le nombre de mes ennemis, et m’attirer toutes les forces de ces Nations sur les bras, au lieu d’un secours modique qu’elles donnent contre moi. Les auxiliaires seuls qu’elles envoient sont donc mes ennemis. Ceux-là sont véritablement joints à mes ennemis et combattent contre moi.

Les principes contraires iraient à multiplier les guerres, à les étendre sans mesure, à la ruine commune des Nations. Il est heureux pour l’Kurope que l’usage s’y trouve en ceci conforme aux vrais principes. Il est rare qu’un prince ose se jilaindre de ce qu’on fournit, pour la défense d’un allié, des secours promis par d’anciens traités, pour des traités qui n’ont pas été faits contre lui. Les Proviuces- Unies ont longtemps fourni des subsides, et môme des troupes à la reine de Hongrie dans la dernière guerre (*) ; la France ne s’en est plaint que quand ces troupes ont marché en Alsace pour attaquer sa frontière. Les Suisses donnent à la France de nombreux corps de troupes, en vertu de leur alliance a\ec cette cou tonne, et ils vivent en paix avec toute l’Europe.

Un seul cas pourrait former ici uue exception; c’est celui d’une défensive manifestement injuste. Car alors on

n De succession.

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